MAXIMES SOCIALES ET POLITIQUES
I. L’homme a deux grands mobiles de sollicitude et d’amour, la propriété et les affections. (Arist., Polit., II, i.)
IL L'association naturelle et de tous les instants est la famille. (Ibid. , I.)
III. Si l’homme raisonnable et civilisé est le premier des animaux, il
en est aussi le dernier quand il vit sans lois et sans justice. (Ibid.) — Il n’est rien en effet de plus monstrueux que l’in/uslice armée.
IV. La justice est une nécessité sociale, car le droit est la règle
de l'association politique. (Ibid.)
V. L’homme a reçu de la nature les armes de la sagesse et de la verlu, qu’il doit surtout employer contre les passions mauvaises; sans la vertu, c’est l’être le plus pervers et le plus féroce. (Ibid.)
VI. Le point important est de niveler les passions bien plus que les propriétés. (Ibid.) — Si quem volueris esse divitem, non est quod augeas divitias sed quod minuas cupiditates. (Senèq.)
Vil. C'est le superflu et non le besoin qui fait commettre les grands crimes; on n’usurpe pas la tyrannie pour se garantir de l'intempérie de l’air. (Id., ibid.)
VIII. Si les désirs sont désordonnés, les hommes auront recours au crime pour guérir le mal qui les tourmente. (Ibid.)
IX. A ces maux, quel sera le remède? D’abord la propriété, quel-
que minime qu'elle soit, et l’habitude du travail, puis la tempérance. (Ibid., II, iv.)
X. Il ne faut demander aux dieux ni désirer trop vivement que
les événements suivent notre volonté, mais plutôt que notre volonté suive la direction de la raison. La sagesse est la seule chose que les Etals et les particuliers doivent demander aux dieux et solliciter pour eux-mêmes. (Platon, Lois, III.)
XL Le hasard est parfois le seul maître des choses; mais ce n’est pas lui qui assure le bien de l'État, c’est la volonté intelligente de l’homme. (Arist., Polit., IV. xii.)
XII. Un peuple doit posséder à la fois l’intelligence et le courage
pour que le législateur puisse le guider aisément à la vertu. (Ibid., vi.)
XIII. L'Etat le plus parfait est celui où chaque citoyen peut, grâce
aux lois, pratiquer le mieux la vertu et, par elle, s’assurer le plus de bonheur. (Ibid., IV. i.)
XIV. Le bonheur ne peut jamais suivre le vice. L’État non plus que
l’homme ne réussit qu’à la condition de la vertu et de la sagesse. (Id., ibid., ï\, i.)
XV. Pour l'État, le courage, la sagesse, la vertu se produisent avec la même portée, avec les mêmes forces que dans lïndividu. Et c'est par là même que l'individu les possède, que l’État est appelé sage, juste, tempérant. (Id., ibid.)
XVL Le plus grand bien d’un État est la paix et la bienveillance entre les citoyens. (Platon, Lois, I.) — Concordia res parvæ crescunt, maximae dilabunlur. (Salluste.)