‹ Questions de philosophie précédées des règles de la dissertation philosophique et suivies des sujets donnés aux concours, à la licence et au baccalauréat es lettresChapitre 186 sur 192 · DESCARTES · texte numérisé non relu

DESCARTES

(Disc, de la mclh., IVe partie.) — On fera remarquer que dans le Discours de la méthode la confiance de liescarles dans les forces de la raison est entière et plutôt exagérée qu'affaiblie, cl cela même dans sa morale provisoire, (lit0 partie.)

Question XXI. — Les mérites et les défauts du système de Dcscarlcs.

Programme. — Ire philosophie de Descartes ne peut s'exposer en peu de mots. Nous renvoyons aux auteurs qui ont rempli cette tâche. (V. Bouilliei, Ilist. du cari..). Quelle opinion doit-on se faire de ce système? A moins d’ètre un esprit étroit et aveugle, on n’en contestera ni l'originalité ni la grandeur, et l'on conçoit qu’il ait séduit longtemps les plus grands esprits. Il est facile d’en relever les défauts, les erreurs, mais on doit d’abord en remarquer les côtés solides et les vérités qui lui ont survécu. Ce sont, outre la méthode (libre examen), le critérium de l’évidence, la science de l’esprit fondée sur sa vraie base, la conscience, les grandes vérités écrites au fond de la pensée humaine : Dieu, I âme et sa spiritualité, sa liberté et son immortalisé. Insister sur chacun de ces points et les mettre en lumière — Quant aux erreurs, il suffit de les signaler : 1* dans la méthode, la certitude retirée aux sens, accordée à la conscience seule et au raisonnement qui en tire le reste; 2" la pensée donnée à l’âme pour unique attribut ; celle-ci définie une substance, son activité méconnue ou tenue dans l oubll ; 3* le point de vue mécanique dans la physique ; les hypothèses inventées pour masquer ses défauts, aujourd'hui tout à fait ruinées, la vie exclue de la nature organique et animée; 4° la méthode à priori pénétrant dans la conscience et y remplaçant l’observation interne; 5° le caractère excluait de ce système oti ne trouvent place ni la morale ni les sciences sociales, le dédain de la tradition et de l’histoire. — Tous ces défauts du cartésianisme ont entraîné sa ruiDe; mais le système n’est pas la méthode ni l’esprit général qui s’est communiqué à toute la philosophie moderne.

Question XXII. — influence générale du cartésianisme.

Cette philosophie rencontra d’abord des obstacles et des adversaires nombreux. Une vive polémique s'engagea entre Descartes et les représentants du sensualisme (Gassendi, flcbbes), les partisans de la philosophie d’Aristote, les théologiens, etc. Il sortit victorieux de cette lutte, il eut bientôt d'innombrables adhérents, de zélés et illustres défenseurs, entre lesquels on doit ranger Bossuet, Fénelon, Arnauld. Sa doctrine se répandit rapidement partout dans les universités, dans les académies. Les ordres religieux eux-mêmes l'accueillirent. # Les gens du monde et les femmes elles-mêmes se passionnèrent pour celte philosophie engageante et hardie (La Fontaine). A la ville, â la cour, â Paris et dans la province, il y avait des cartésiens. Nul ne pouvait prendre rang parmi les beaux esprits qui ne se mêlât un peu de la philosophie de Descartes. » (Bouillier, Histoire de la philosophie cartésienne.) Des princes et des princesses voulurent le voir et l’entendre. On sait qu’il mourut en Suède, où il avait été appelé par la reine Christine pour lui donner des leçons. Après sa mort, celle influence fut plus considérable encore.

« L’histoire de la philosophie n’offre peut-êlre pas un second exem-

pie d'un plus prompt et plus éclatant triomphe. » (ld., ibiii.) Celte doctrine se répandit d’abord en Hollande où Descaries avait séjourné et publié ses écrits. Puis elle se propagea en France d’où elle s’étendit à toute l’Eurepe. Son action ne fut pas moins profonde que rapide et universelle. Les sciences, la théologie, la littérature elle-même la ressentirent. On ferait voir l'esprit cartésien jusque dans les attaques de ses adversaires. Mais il importe surtout d’en montrer des exemples dans les écrits où cette influence est manifeste et directe, tels que la Logique de Port-Royal, les Traités de Bossuet et de Fénelon.

Question XXIil. — port-uotal. — Des tracis du Caiitésiamsuk dans la LOGIQUE DE PORT-ROTAL.

Programme. — Tout le suc du Discours sur la méthode y est pour ainsi dire exprimé. (Bouillier, Uist. du Cartésianisme.) Partout on y reconnaît l’esprit de Descartes : P dans le dessein de l’ouvrage qui est une simplification de la Logique d’Aristote; 2» dans son titre même : t Art de penser, qui indique une méthode plutôt qu’une science. 3° D'un bout à l’autre la maxime de l’évidence et de la clarté des idées y est donnée comme la règle suprême i° L’autorité d’Aristote et la vieille science scolastique y sont partout attaquées; et celle-ci est tournée en dérision (formes substantielles, horreur du vide, etc.). En revanche on accrédite Descartes et la physique nouvelle. 5* La raison y est Dnse ft la place de l’autorité. « On ne doit de respect à un philosophe qo'en raison de la vérité qui est dans ses écrits. » Ce qui suit est encore plus significatif, u Le monde ne pot durer longtemps dans celle contrainte et se remit insensiblement en possession de sa liberté naturelle et raisonnable. » (2* Disc.)

Quant aux endroits particuliers visiblement empruntés à celte philosophie, il suffit de les indiquer. On fera voir leur lien avec la doctrine cartésienne. Les denx Discours préliminaires semblent dictés par Descartes. Le premier, qni débute par un éloge du bon sens, fait ressortir les avantages de la méthode. On y soutient l’autorité de la raison et de l’évidence. On y combat le pyrrhonisme. — Le second, conçu dans le même esprit, est dirigé contre Aristote et les sectateurs de sa logique. — La P» partie s’ouvre par un chapitre de psychologie sur les notions et l’origine des idées où l’auteur réfute Hobbes et Gassendi et prenii la défense des idées innées. (Ch. rx.) De la clarté et de la distinction des idées. — Des définitions, etc. — ll« partie. Rien de particulier, sauf l'esprit de simplicité qui y régne et le choix des exemples. — IIIe partie. Théorie du syllogisme. Même procédé (te simplification, de dénigrement de la théorie et des régies compliquées. Mépris des lieux communs, etc. — Les chapitres sur les sophismes, les meilleurs du livre, sont empreints de l'esprit de Descartes. — Les exemples de sophismes tirés d'Aristote. .Sophismes de l’autorité, esprit de dispute, etc. Appel continuel à la raison et à l’évidence. — IV» partie. l’resque entièrement empruntée à Descartes (règles pour la direction de l’esprit) et à Pascal. Examen spécial des chapitres ni.iv, ri, vu, xn.

Question XXIV. — bossuet. — Des traces du cartésianisme dans la philosophie DE DUSSUET.

Programme. — Philosophie de Bossuet tirée à la fois de saint Augustin de saint Thomas, d’Arislole et de Descaries. L’élément carté-

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