‹ Questions de philosophie précédées des règles de la dissertation philosophique et suivies des sujets donnés aux concours, à la licence et au baccalauréat es lettresChapitre 187 sur 192 · LE CARTÉSIANISME · texte numérisé non relu

LE CARTÉSIANISME

sien y domine." Traces visibles de la philosophie de Oescarles dans le Traité de la connaissunrc de Dieu et de soi-même. Dessein et plan de l'ouvrage. (V. Lettre à Innocent XI ) L» méthode : s’elever de l'âme a Dieu, est celle de Socrate et de Descartes. (Cf. saint Augustin.) Division suggérée par Descaries, et conforme à sa philosophie. — Chapitre l«. Bossuet qui, pour les opérations sensitives, suit Aristote et s'éloigne de Descartes, y tevient dans son analyse de l’entendement et de 1a volonté. — Chapitre il Abrège d'anatomie et de physiologie- Le point de vue mécanique y domine (le corps cousidéré comme une machine;. — Chapitre lu. Influence de l'âme sur le cor|*s. La pensée indépendante dn corps. La volonté, force hyperorganique. — Chapitre iv. Preuves de l'existence de Dieu par l'idee de l'infini et du parfait. — Chapitre v. liaisons presque mécaniques par lesquelles Bossuet explique les opérations de l'instinct cl de l'intelligence des animaux, l'industrie, etc. Automatisme des bêtes. Bossuet évite de sc prononcer. Autres emprunts faits â Descaries : de i'erreur et de ses causes, théorie de la volonté, etc. Traces dans la Logique de Bossuet, dans sou Traité du libre arbitre, dans les Elévations sur les mystères, les Oraisons funèbres el les Sermons. (V. Bouillier, ibid., cl Nourrisson, Philosophie de Dossuet.)

Question XXV. — fénelon. — Traces de la philosophie de Descartes dans le Traite de L’existence de Dieu de Fénelon.

Programme. — Philosophie de Fénelon ; spiritualisme inclinant au mysticisme. Les idées de Descaries y apparaissent mêlées a celles de Platon et de saint Augustin ( Traité de l'existence de Dieu. Début du livre.) Deux sortes de preuves : métaphysiques el physiques. Supériorité des premières sur les secondes.

I" partie. Description des merveilles de la nature. Traces de cartésianisme : le monde considéré comme une inarhioe, les êtres particuliers connue des rouages. Anatomie el physiologie mécaniques : les corps vivants, machines qui se réparent d'elies-iuémes, etc. Description de l'âme et dis merveilles du monde moral, toute cartésienne et platonicienne. Théorie de la raison et des idées nécessaires, idée de finirai et du parfait. Indépendance de l'homme dans sa liberté, sa dépendance dans sa volonté. — 1I« partie. Ch.: p. i el n. Commentaire éloquent du doute méthodique et du coyito. — Cliap. ni. Preuves de i'exislencc de Dieu, tirées de l’idée de l'infini et de l’imperfection de l’être humain. Le reste moins visiblement cartésieD. Preuve platonicienne des idées et In vision en Dieu de Malebranclic. Conclusion cartésienne. Compléter celte élude sur les autres ouvrages (le Fénelun, ses Lettres métaphysiques, sa polémique avec Malebrnnche, etc.

Question XXVI. — Pascal. — Do scepticisme des Pensées de Pascal. In- (luciice de Descartes.

Esquisse. — On a beaucoup discuté, de nos jours, sur le scepticisme de^ Pascal, surtout tel qu’il est exprimé dans ses Pensées, sur le sens qu’on doit attacher à ce scepticisme, sur l’idée principale du livre, etc. lin examen impartial et attentif peut permettre de porter ce jugement, qu’une étude plus détaillée et approfondie des Censées devra confirmer. — Sans doute si Pascal eut exécuté son grand travail dont i! n’a laisse que des matériaux épars, il aurait corrigé bien des détails, adouci

bien des traits, tempéré les excès de sa pensée ; mais il n'aurait pu changer ni l’idée première ni le plan. Or, quelle est cette idée? Une apologie de la religion chrétienne. Son plan ? C’est de conduire l'homme à la foi en lui montrant l’impuissance de la raison à lui faire découvrir la vérité. C’est pour le prouver qu’il reproduit tous les arguments des sceptiques {de Montaigne, de Charron, etc.), entreprise dangereuse, qui est celle du scepticisme théologique. (V. supra, p. 200.) Il veut montrer, il est vrai, que l’homme, être déchu, est un composé de grandeur et de misère et que la religion chrétienne est seule capable d’expliquer celte nature. Mais le moyen n’est pas moins de prouver que l'homme par sa raison est incapable de découvrir le vrai. La vérité est un don de la grâce. Le jansénisme de Pascal ne peut être nié. Cette doctrine est partout au fond des Pensées, elle en est le dernier mot. C’est un appel désespéré à la foi et à la révélation après que la raison humaine a été confondue. Or ce scepticisme, malgré les intentions pures de l’auteur, la profondeur de ses vues et l'éloquence sans égale avec laquelle il est exprimé, n'est pas moins dangereux, comme l'ont reconnu tous les vrais théologiens. Pascal reste, sans doute, ce qu’il est ; il conserve son rang A part comme moraliste et comme écrivain ; mais le juger autrement, c’est méconnaître la nature de son génie, son caractère et sa vie entière; c’est changer l'esprit de sou livre, auquel on ûte son originalité. — Ainsi s'explique la tristesse sublime qui y règne et le trait particulier de ce scepticisme qui n’a rien de commun avec celui de Montaigne et des autres sceptiques. Pour ceux-ci, le doute, c’est rindifTérence ; ils s'y arrêtent et s’y complaisent. Pour Pascal, c’est le supplice de l'âme ; ne pouvant y rester, il se jette éperdu dans les bras de la foi. (V. V. Cousin, Étude sur Pascal.)

Quant à l’influence de la pensée de Descartes sur l’esprit de Pascal, moins visible que chez les précédents, elle n’en est que plus réelle et plus profonde. Ici le doute méthodique se transforme et il anticipe sur ce qui va suivre. Pascal entrevoit tout le développement de la pensée moderne lancée dans cette voie, les ruines qu’elle va entasser, l’ablme qui va se creuser. L'épouvante le saisit. Pour lui, le salut est dans le dogme. La foi est l’unique asile. On pourrait saisir bien d’autres points de rapprochement et de parallèle. Celui-ci est le principal et l’époque où nous sommes eBt faite pour le comprendre. (V. .Sainte-Beuve, Port-Royal.)

Question XXVII. — les successeurs le descartes. — Comment leurs systèmes se rattachent à sa méthode et à sa philosophie.

Les vrais successeurs de Descartes, ce sont lespenseursorigii-auxqui ayant un système à eux propre continuent le mouvement philosophique qu’il a imprimé à la pensée moderne. Les principaux sont Jfalebranche, Spinosa, Locke , Bayle et Leibnitz au xvn* siècle. — Le système de Malebranche offre trois points essentiels: 1" la fiston en Dieu ; 2° l'occasionaiismc ; 3° l’accord de la nature et de la grâce. t" La vision en Dieu est un retour au platonisme, qui, dans les écrits de Malebranche, se mêle sans cesse à sa philosophie comme à sa théologie; mais c’est aussi une exagération de la pensée de Descartes qui, rejetant le témoignage des sens, appuie la certitude du monde extérieur et même toute certitude sur la véracité divine. 2° Les causes occasionnelles sont une seconde hypothèse ajoutée aux esprits animaux pour combler le vide entre les deux substances étendue et pensante.

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