‹ Questions de philosophie précédées des règles de la dissertation philosophique et suivies des sujets donnés aux concours, à la licence et au baccalauréat es lettresChapitre 22 sur 192 · XXXV II · texte numérisé non relu

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banal, mais approprié à la question. Autrement vous débuterez mal. Vous risquez d’être trop long et de vous noyer dans votre préambule, ou vous ferez quelques phrases de convention qui inviteront peu à vous lire. Si le lecteur consent à vous suivre, arrivé au terme, il revient au point de départ ; s’il est satisfait, il regrette cette imperfection dans votre travail. C’est une tache à l’endroit le plus visible de votre habit.

Quelles sont les conditions d’un bon préambuleî Elles sont les mêmes que celles de l’exorde dans le discours. 1* Il doit être simple, court, naturel. 2° Il doit intéresser d’avanco le lecteur au sujet. 3" Par la manière dont il pose la question, il doit en préparer la solution.

Le préambule est vicieux quand il est trop long, recherché, pompeux, quand il est banal ou convient à plusieurs sujets, quand il est tiré de loin et ne parait pas naître du sujet lui-même (I). Ces règles de l’exorde soDt parfaitement applicables à la dissertation.

Comment obtenir ces qualités, éviter ces défauts ? D’abord en se rappelant ces règles, puis en cherchant à bien concevoir le sujetet à se pénétrer deson importance. Ilest rare que nous n'intéressions pas les autres à ce qui nous intéresse vivement nous-mêmes. Quand on voit clairement la portée d’une chose, cela se fait sentir au début en termes simples, mais significatifs. Est-on pénétré de son sujet? on est pressé de le traiter et on y arrive par le plus court chemin. Il faut aussi se rappeler les circonstances qui peuvent répandre sur lui de l’intérêt. Une manière naturelle de s’emparer de l’esprit du lecteur, c'est de lui faire embrasser l’ensemble des choses que l’on va dire et de lui faire entrevoir d'avance le résultat (2).

Dans le préambule, nous comprenons l'exposition et la division. Pour une dissertation courte, ordinairement il est inutile d’énoncer la division. Mais il y a une manière adroite et indirecte de l’indiquer en quelques mots. Si vous l’énoncez, faites-le très-brièvement, en termes clairs et qui se gravent dans l’esprit.

Une grande adresse est de déposer dans le préambule le germe des développements ultérieurs, et comme les prémisses de la thèse que l’on va soutenir. Mais prenez garde de

(I) I.a plupart de noa Esquisses ri Programmes ont surtout pour but* d apprendre il poser une question.

(ij Dociles suditores habere polerimus si summum causæ breviter exponemus. (Cic., Rel. ad lier., I, iv.)

XXXVIII DE LA DISSERTATION PHILOSORH IQUE

paraître faire un cercle vicieux. Vous annoncez ce que vous allez démontrer; n’allez pas ensuite raisonner comme si vous l’aviez prouvé. Les commençants tombent souvent dans ce défaut. Cette précaution est nécessaire surtout quand on suit une marche synthétique.

Quelquefois, comme pour le discours, on fait bien de supprimer tout à fait le préambule. C'est lorsque celui-ci ne peut être que banal, et que la question, d'ailleurs très-claire et très-simple, appelle une réponse immédiate.

Il est clair qu’il faut laisser ici beaucoup à la sagacité des élèves. Il est bien des manières différentes et très-bonnes d’entrer en matière et d’aborder un sujet; il suffit ici de maintenir les règles générales. Mais nous ne pouvons trop répéter ce conseil : soignez votre début et pour la pensée et pour la forme. Ici,, la plus petite négligence ne peut être permise. L’attention est toute fraîche, rien ne la distrait : la plus légère incorrection ou dissonnance sera remarquée et choquera. C'est le premier coup d’archet du musicien.

II. De corps de t.a dïssertatiox. — La partie qui vient ensuite est la plus importante, ou plutêt c’est la dissertation même. Elle renferme l’analyse du fait à décrire, la solution du problème à résoudre, la démonstration de la vérité à prouver, la discussion du point de doctrine à examiner, la réfutation desobjections, etc.

Cette tâche, qui varie selon la nature des questions, doit être exécutée d’une manière approfondie, complète, et conduite à bonne fin. Ici, nous ne pouvons faire que des remar-

3 ues très-générales. Entrer dans le détail, ce serait reprouire l’ensemble des règles de la logique. Nous supposons

3ue l'élève sait analyser, définir, démontrer, discuter, exposer es raisons, donner des preuves, réfuter des arguments, résoudre des objections, apprécier la vérité ou la fausseté d’une doctrine, en un mot, qu’il connaît les règles de la logique et de la dialectique. Les préceptes donnés plus haut sur ia conception, l’invention, la disposition, l’élocution, l’ont mis à même de trouver des idées, de les exposer et de les exprimer, en un mot, de traiter le snjet. Nous ne pouvons que rappeler les conditions générales de ce travail, et les défauts qui pourraient le déparer. Auparavant, nous reviendrons sur une observation déjà faite, en y en joignant une autre qui trouve ici sa place.

Avant d’entamer le sujet, sachez bien ce qu’il exige de

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