‹ Questions de philosophie précédées des règles de la dissertation philosophique et suivies des sujets donnés aux concours, à la licence et au baccalauréat es lettresChapitre 33 sur 192 · V. Réfutations · texte numérisé non relu

V. Réfutations

La critique joue un grand râle dans les discussions phi* losophiques. Le sujet d’une dissertation peut être quelque faux système à combattre ou quelque opinion dangereuse à dévoiler. Ici encore, le secours des règles et de la méthode ne sera pas sans efficacité.

Il y a deux méthodes de réfutation : l’une, directe, s’attaque aux principes et au corps même de la doctrine ; l’autre, indirecte , se borne à faire ressortir la fausseté des conséquences (réduction à l'absurde). La première est la vraie méthode philosophique, la seconde ne s'emploie que quand l’autre n’est pas possible ou pour lui servir de complément.

1° Réfutation directe. — L’examen philosophique d’un système ou d’une doctrine doit porter sur les points suivants : 1” les bases ou les principes ; 2° la méthode ; 3° les raisons ou les arguments ; 4° les résultats; 5° les objections.

Une recommandation préalable est celle-ci : bien comprendre l’opinion ou la doctrine dont il s’agit, ne pas l'altérer ni la défigurer. Toute la réfutation porte à faux si cette règle première et capitale est violée.

1° Un esprit philosophique va toujours droit au principe. Il s’attache à le bien définir et à le préciser, de manière qu’il ne reste sur lui aucune équivoque. C'est la base même de la discussion.

Cela fait, il faut l’examiner. Est-il vrai, est-il fauxî Est-il évident de lui-même? Est-ce un fait incontestable? Est-ce

la science a répandu la lumière. Ainsi, sans parler des rapports de la philosophie elle-même avec les autres formes de la pensée, l'éloquence, l'histoire , i‘art, etc. (V. sect. i)T tout ce qui tient aux facultés de l’Ame, au mécanisme de ses opérations, à leurs lois, leurs fonctions, leurs rapport», etc. (sect. n), est en partie connu ou no peut échapper h nos recherches. Les problèmes de la logique sont de même sorte. Les lois du raisonnement, les méthodes, les causes d'erreur, offrent des solutions exactes et incontestables. En morale la nature et le rapport des vertus entre elles, des principaux devoirs de la vie, la corrélation des droits et des devoirs, tout cela a été dévoilé et laisse peu à désirer. L'esthétique, quoique plus tardive, a aussi ses problèmes dont la solution peut être perfectionnée, non remplacée. La théodicée elle-même a autre cnose îi offrir que des systèmes à des esprits non prévenus. Nous renvoyons donc ici, pour les modèles , aux auteurs à qui sont dues toutes ces belles découvertes du monde intellectuel et moral. Quanta nos estais ou esquisses , on discernera les problèmes où cette méthode a dû être suivie.

«c II faut tourner toutes les forces de son esprit vers les choses les plus faciles et de la moindre importance et s’y arrêter longtemps, jusqu'il ce que nous nous soyons accoutumés à voir distinctement et clairement la vérité. » (Règles pour la direction de l’esprit , ix.)

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