‹ Questions de philosophie précédées des règles de la dissertation philosophique et suivies des sujets donnés aux concours, à la licence et au baccalauréat es lettresChapitre 39 sur 192 · MAXIMES, PENSÉES I,XI · texte numérisé non relu

MAXIMES, PENSÉES I,XI

C’est la volonté autonome; mais encore faut-il que cette liberté ne soit pas sans limites et que le soin de soi -même n’isole pas l’homme de ses semblables. L’égoïsme stoïcien serait à craindre; la justice ferait oublier la charité. Ainsi, bonne dans la morale individuelle, cette maxime ne su fût plus à la morale sociale.

On voit qu’il est nécessaire, pour bien apprécier une maxime, non-seulement de motiver le jugement que l’on porte sur elle, mais de lui marquer ses limites, de faire la part du faux comme du vrai.

Quand il s’agit de maximes moins importantes et qui, vraies encore, mais seulement à quelques égards, ont la prétention de l'être d’une manière absolue, c’est alors qu’il importe, tout en leur faisant leur part, de les restreindre et d’en signaler le danger. La maxime stoïcienne Sustine et absline est dans ce cas. Elle a un côté vrai, mais elle est fausse comme maxime générale, puisqu’elle bannit l’action de la vie humaine. Or, la vertu est dans l’action; virtulü laus omnis in aclione consislit (De O/f., I). Encore ne fautil pas exagérer, comme le fait Cicéron, qui sacrifie trop la contemplation «à l’action (ibid.) ; ce qui montre combien il est difficile de rester dans les limites de la vérité en énonçant de telles maximes. De là la nécessité de les corriger et de les restreindre.

D’autres maximes sont des pensées ingénieuses susceptibles d’un sens vrai, mais qui, hors de l’étroite limite qui les retient, deviennent absurdes et dangereuses. Une foule do maximes des poètes et des politiques sont de ce genre. L’appréciation doit en être plus sévère encore.

Souvent la maxime touche au paradoxe. Le sage seul est libre, disaient les stoïciens, il est riche, il est roi. Il y a ici encore un sens vrai qu’il faut dégager, mais l’appréciation consiste à montrer que, prise en soi et à la lettre, la maxime est fausse ou mène à des conséquences ridicules.

Netteté, justesse, précision, sobriété, modération, sage mesure, voilà les mérites principaux de ce travail; interprétation fausse, superficielle, vague, exagération, détails superflus, distinctions subtiles, sont les défauts le plus à éviter. Il est certains travers qu’il est bon de signaler :

1° Ne pas s’imaginer qu’une maxime n’a pas besoin d'être ni développée ni démontrée, parce qu’elle offre par ellemême un sens suffisamment clair. Se défier de cette disposition, qui est le signe d’un esprit superficiel, incapable de

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