LX.II
réflexion ; c’est l’excuse de la paresse : un instant de vraie méditation en fait juger autrement un esprit sérieux. D'ailleurs, il s’agit de rendre raison, de voir la portée et les conséquences, etc.
2° Quelquefois, en voulant trop creuser ot approfondir une maxime, on arrive à y voir ce qui n’y est pas, on raffine et on subtilise, ou le sens large et vrai vous échappe. 11 faut encore se prémunir contre ce défaut, l’opposé du précédent.
3° On doit aussi se garder, dans le cours de la discussion ou de l’exposition, d’insister sur des riens, des détails minutieux et insignifiants.
Le tout bien conduit, exécuté avec ordre et méthode, forme un travail qui a son mérite et son intérêt. Si, au contraire, vous bornant à un aperçu vague, vous reproduisez, au hasard, les idées communes en les habillant d’une phraséologie oratoire, vous faites un morceau superficiel, ennuyeux, sanb aucune trace de l’esprit philosophique (1).
Vil. Exposé et appréciation des doctrines.
Exposer la doctrine d’un auteur soit sur un point particulier, soit dans son ensemble, la discuter et l’apprécier, en faire ressortir les mérites et les défauts est une tâche qui paraît dépasser la portée dos élèves. On conçoit cependant combien, adopté dans une certaine mesure, cet exercice (trop négligé) de judicieuse critique peut servir à développer la sagacité de l’esprit. Pourquoi donc n’aurai til pas sa place et ne serait-il pas pris au sérieux? Ce peut être le sujet d’une dissertation intéressante d’un genre spécial qui, si elle est bien faite, doit être prisée à l’égal d’une analyse, d’une démonstration, etc. Mais il faut en comprendre la nature et en observer les conditions.
Qu’on le sache bien , ce travail n’a rien de commun avec ce qui se fait habituellement et parait y ressembler, je veux dire avec les abrégés, les extraits ou les analyses d’auteurs, où l’élève rassemble des mots à la bâte, sans savoir même
fl) On trouve dans les auteurs de nombreux passages où sont développées et discutées des maximes. La maxime de Protagoras est expli* quée et réfutée par Platon dans le Thèéiète. Dans la 4n Alcibiade , il exque et applique le coytnais-toi toi-méme de Socrate. Pascal, Pensées, explique le vrai sens du cogita de Descartes et en montre la portée. La maxime stoïcienne, la vertu suffit au bonheur , lait le sujet delà S • Tusculane de Cicéron. — Plusieurs d*'' nos Esquisses fournissent aussi des exemples.