‹ Questions de philosophie précédées des règles de la dissertation philosophique et suivies des sujets donnés aux concours, à la licence et au baccalauréat es lettresChapitre 42 sur 192 · EXPOSÉ DES DOCTRINES LXV · texte numérisé non relu

EXPOSÉ DES DOCTRINES LXV

tes et les défauts; mais d’abord relever et faire admirer les mérites. On ne peut trop recommander cela aux jeunes gens, trop disposés à ne voir que les défauts et à glisser sur les qualités et les mérites d'un auteur. Us oublient d’abord que ce qui est simple n’en est souvent que plus beau; ensuite, que les plus belles et les plus grandes vérités qui, aujourd’hui, nous paraissent si communes, ont été des nouveautés, à l'origine, quelquefois des paradoxes.

Ils ne voient pas combien cette manière de voir est étroite, inintelligente (1). Mais il faut motiver l’éloge, ne pas se borner à quelques phrases admiratives ou banales. Si l’on approuve, on doit dire pourquoi on approuve; si l'on rejette ou condamne, par quelle raison on le fait; autrement la critique n’a aucune valeur philosophique.

Quant aux défauts, on doit les signaler, ne pas les atténuer, mais les relever avec mesure et convenance, se rappeler que la science n’a pas pu se fairo en un jour, combien les vérités les plus simples sont difficiles à trouver et à établir.

2° La vraie critique juge la doctrine d’un auteur non-seulement en soi, mais par rapport à lui-même, aux temps et aux circonstances où il a vécu; elle la rattache aux doctrines précédentes qui l'ont préparée ou l’ont suivie. Ainsi doit-on juger les anciens et les modernes. C’est ce qui fait la supériorité de la critique moderne.

On doit aussi se souvenir de cette règle de critique que donne Pascal : « Quand on veut reprendre avec autorité et montrer à un autre en quoi il se trompe, il faut examiner par quel côté il envisage la chose, car elle est vraie ordinairement de ce côté, et lui avouer cette vérité, mais lui découvrir le côté par où elle est fausse. » [Pensées.)

Il est bon de terminer ce travail par quelque concltision ou considération utile qui naisse naturellement de tout ce qui a été dit de l’auteur et de sa doctrine. Les progrès de la science, l’importance de la doctrine jugée, d’une bonne méthode, le génie de l'auteur et sa doctrine en fourniront les textes les plus habituels.

En résumé : Exposition fidèle, claire et précise, appréciation intelligente, ferme, nette, où la part du vrai et du faux soit faite avec équité, où l’éloge et le blâme se succèdent et soient motivés, respect des personnes, indulgence pour les

( 1 j Modeste tamen ac circumspecto judioio de tantis viris pronunliandum e*t, no quod plerisque accidit, damnent quod non intelligunt. (quinti!., X, i.) S

LXVI DE LA. DISSERTATION PHILOSOPHIQUE

erreurs, ton calme, diction claire et précise, voilà les qualités d’une dissertation de ce genre et qu’il iaut s’efforcer d’atteindre en évitant les défauts contraires (1).

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