‹ Questions de philosophie précédées des règles de la dissertation philosophique et suivies des sujets donnés aux concours, à la licence et au baccalauréat es lettresChapitre 55 sur 192 · ÉTUDES CLASSIQUES · texte numérisé non relu

ÉTUDES CLASSIQUES

En terminant, on fera remarquer que les deux ordres d’études, littéraires et scientifiques, trouvent leur point de jonction naturel dans l’étude de l’esprit humain, dont elles sont des applications diverses.

QUESTION XII

D« l'étude de la Philosophie comme complément de l’édocatlon classique.

PROGRAMME

Après un court préambule destiné à faire sentir la nécessité des études complètes et non hâtives, on examinera si l’étude de la philosophie, dans les limites que lui assigne l'enseignement classique, est réellement nécessaire pour achever l’éducation libérale. C’est ce qu’on établira d’abord par des raisons générales.

1° Etant admis que le but de l’éducation libérale est de former l’homme et de développer toutes ses facultés, peuton regarder cette éducation comme achevée lorsque la plus haute des facultés de son esprit, la raison, dans son mode libre et réfléchi, n’a pas reçu de culture spéciale et directe, lorsqu’elle n’a pas été appelée à méditer sur les problèmes qu’agite la philosophie? On insistera fortement sur ce point et on combattra l’objection tirée de la grandeur de ces problèmes, de leurs difficultés et de la précocité des esprits trop faibles encore pour les agiter. En montrant ce qu’il y a ici d’exagéré, on fera ressortir le danger plus grand de livrer la raison à elle-même et à l’influence des mauvaises doctrines.

2° On passera ensuite à l’examen de l’utilité spéciale de cette étude pour compléter chaque branche de l’éducation classique (langues, poésie, histoire, éloquence, etc.). Sans entrer dans les détails, on fera valoir les raisons qui rendent ce complément nécessaire pour chacune des parties de cet enseignement. — On réfutera l’objection tirée du bon sens et de la lumière naturelle comme suffisant pour connaître la vérité dans les questions d’ordre moral que traite la philosophie. — Conclure (1).

(1) Ce sujet, ainsi que les questions suivantes, est traité 1/1 txtenso dans notre livre : de îa Philosophie dans l'éducation classique .

QUESTION XIII

Rapports de la Philosophie et de l'Éloquence. — En quoi l’étnde de la Philosophie est-elle utile À l’orateur?

PROGRAMME

L’éloquence est un don naturel ; mais il a besoin d’être cultivé (1). Parmi les moyens propres à le développer, quelle place occupe la philosophie ? Tous les auteurs qui ont donné des préceptes sur l’éloquence ont traité ce sujet (2). 11 est bon de reproduire et de développer leurs raisons.

1° On montrera comment la logique est utile à l’orateur et on réfutera l’opinion de ceux qui prétendent que la logique naturelle exercée et guidée par les modèles rend inutiles les préceptes de la logique artificielle (3).

2“ La connaissance de l'homme est nécessaire pour produire la persuasion (4). — Est-il nécessaire d’emprunter cette connaissance à la philosophie ? L’expérience journalière, le commerce des hommes dans la vie privée ou publique ne sont-ils pas à préférer à ses abstraites spéculations? Discuter cette objection et la réduire à sajuste valeur. Citer quelques grands exemples : Démosthènes, Cicéron, Bossuet, etc.

3° L’orateur doitètre homme de bien. Pour réaliser l’idéal du vrai orateur, vir bonus dicendi pcritus, suffira-t-il qu’il ait des mœurs honnêtes? En quoi la méditation des principes de la justice doit-elle donnerà l’éloquence plus de force, d’élévation et de fermeté ? Justifier ainsi la maxime de Platon [Gorgias) : « L’orateur véritable est un homme juste, versé dans la connaissance des choses justes. »

(1) Si la nature t'a donné le talent de la parole, tu Feras orateur illustre, si tu ajoutes à tes dispositions la science et l’étude; et si l’une de ces conditions te manque, tu manqueras d’une perfection. (Platon, Phèdre.)

(?) Platon, Phèdre, Gorgias ; Cicéron, de Oratore , III, et l’Orafor; Quintîlien, Instit. orat.f II ; Fénelon, Dial . sur l'éloq ., XII.

(3) Celui qui ne connaît pas la vérité et ne s’attache qu’aux opinions, s’il possède l’art de la parole, ne possède qu’un art ridicule et qui mémo n'est pas un art. (Platon, Phèdre .)

(4) Puisque le aiscours a la propriété d’attirer les Âmes, celui qui veut devenir orateur doit connaîtr i lésâmes, leurs qualités et leurs caractères. (Id., ibid.)

Quæ, niai qui naturas hominum vimque omncm humanitatis causasque cas auibus mentes aut incitantur aut reflectuntur penitus perspexerit, dicendo quo valet perficere non poterit. (Cic., de Orat ., L, xn.)

Page 1