DU SENSUALISME
tial ; co prétendu processus est tout artificiel. Si d’ailleurs il est réel, il n’a lieu qu’autant que la force intelligente et libre, enveloppée d’abord dans la sensation, s'en dégage et affecte des caractères opposés à ceux de passivité et de fatalité inhérents à la sensation. — Sans refairo l’analyse de l’intelligence ot de la volonté, on ohoisira parttti les actes de l’âme humaine ceux où se manifeste le mieux l’opposition à la sensation. — Tout en se servant de ce procédé direct de réfutation, on indiquera les conséquences que le système engendre et que la dialectique met à nu : le scepticisme, le fatalisme. — Conclure,
QUESTION IX
L'aaaoclatlon des Idées est-elle la loi fondamentale de l'intelligence?
programme
Que l’association des idées soit un fait psychologique d’une haute importance, qu’il serve à expliquer un grand nombre d’autres faits relatifs à nos jugements, à nos habitudes, à nos goûts, etc., c’est ce que d’habiles observateurs do la nature humaine (Locke, Hume, Reid, D. Stewart, etc.) ont reconnu et mis en lumière. Mais doit-on y voir la loi fondamentale de l’intelligence et vouloir do ce fait tirer toute la science de l’esprit humain? Cette tentative, née de l’esprit de système et qui porte l'empreinte d’une exagération évidente, doit échouer contre une étude impartiale et approfondie des aotes de la pensée et de ses facultés. Il est d’abord curieux de voir comment cette opinion cherche à se rendre vraisemblable.
1° La science, dit-on, celle de l’esprit comme celle qui a pour objet la nature, se réduit à constater des faits et à observer leur succession. L’étude de l’àme, c’est celle des étals mentais et de la manière dont ils se succèdent ou se combinent et s’associent. — Cela est-il vrai ? Est-ce bien là la véritable idée de cette science ?
2° Le problème de la science ainsi simplifié, l’association des idées devient la loi suprême qui régit tous les faits de
PSYCHOLOGIE
l’ordre intellectuel et moral. Il s’agit de savoir comment tel état de l’âme succède à tel autre état, comment tous ces états se combinent, s’enchaînent ou s’attirent. U habitude prend ainsi un rôle capital. La loi d’association est le pendant de la loi d’attraction; elle régit les pensées, comme celle-là régit les corps. — On a déjà pu juger cette méthode (Q. VI). Il s’agit ici, par une analyse directe des principaux faits de l’intelligence, de montrer combien elle est superficielle et fausse. On prendra donc quelques-uns des actes les plus importants de l’esprit, relatifs au sens intime, à la perception externe, à la mémoire et à l'imagination, et on fera voir qu’ils sont inexplicables par la loi qu’on invoque. N’y a-t-il dans la perception des sens que des images qui se succèdent? La conscience n’est-elle qu’une chambre obscure où se reflètent ces images? La mémoire est-elle un récipient où elles se conservent? L’imagination n’offre-t-elle qu’une fantasmagorie d’images qui se reproduisent et se combinent ? etc. N’est-ce pas fermer les yeux sur la nature et les vrais caractères des actes de l’esprit, sur leur destination, etc., que de ne voir en eux que les rapports extérieurs, en vertu desquels ils s'accompagnent ou se succèdent? Quant aux actes supérieurs de l’intelligence ou de l’entendement, tels que la conception, le jugement, le raisonnement et la raison, n’est-ce pas se condamner à ignorer à jamais ce qu’ils sont, que de se borner à examiner comment ils se succèdent dans l’esprit sans approfondir leur nature et leur véritable objet ?
Sans s’appesantir sur les conséquences, on devra néanmoins les signaler ou les faire entrevoir. Que prétend-on tirer d’une pareille science de l’homme et de l’esprit humain relativement aux problèmes de la philosophie? Que seront la métaphysique, la logique, la morale, le droit naturel, I» religion édifiés sur cette base ? En se bornant au problème de la vérité de nos connaissances, la solution peut-elle être autre que le scepticisme? Préciser ce point. — Quant aux grands objets de la pensée, le beau, le bien, Dieu, l’dme, la liberté morale, etc., tout est-il dit quand ou les a qualifiés d’entités métaphysiques, qu'on les a traités de rêves et d'illusions ou classés parmi nos préjugés? — Conclure.