DE LA CONSCIENCE
QUESTION X
De la conicience. Quelle est la vraie nature de eotte faculté?
Des Illusions de la conscience.
1° La conscience u’est-elle que la collection ou le résumé des sensations ou des images que produit en nous le monde extérieur par l’intermédiaire des sens ? Cela fût-il vrai, ne faut-il pas un acte particulier de l’esprit pour percevoir la sensation, pour saisir l’image, etc. ? Qu’est-ce que sentir une sensation, imaginer une image ? Ce redoublement de la pensée sur elle-même se conçoit-il dans l’hypothèse matérialiste ou sensualiste? Doit-on se figurer l’esprit comme une chambre obscure, une lanterne magique où apparaissent et se succèdent les idées, les images, les pensées, etc. ? Insister sur ce point et montrer combien sont grossières et vaines les explications que l’on donne ainsi de la conscience, de l’imagination, de la mémoire, etc. Faire remarquer l’abîme qui sépare le fait de conscience de tout autre fait analogue emprunté au monde physique.
2° On parle des illusions de la conscience. Que peuvent être ces illusions? Vont-elles jusqu’à nous faire croire que nous ne sentons pas quand nous sentons, que nous ne pensons pas, que nous ne jugeons pas, que nous ne voulons pas quand nous exécutons ces actes ? L’illusion est-elle d’imaginer un être fictif qui s’appelle moi, entité nominale, pure création de l’esprit qui lui-même n’est rien, qui se croit le sujet réel ou l’auteur de ses actes, tandis qu’il n’est que le lien logique ou le prête-nom des événements dont il n'est pas même le spectateur oisif, ni le théâtre, puisqu’il n’existe pas ? — Faire ressortir l’étrangeté de ces assertions et en indiquer les principales conséquences relativemeat à la personnalité humaine, à la liberté, etc.
3° L’être qui a la conscience de soi est un esprit. Distinction de l'âme et de V esprit. L’esprit peut-il parla conscience pénétrer le fond de son être? Des mystères de l’âme. Si le fond de l’âme reste inconnu, en est-il de même des attributs
PSYCHOLOGIE
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do l’ètro pensant : unité, identité, liberté ? — Des degrés de la conscience et de la réflexion ; degrés correspondant de la personnalité. (V. Personnalité.)
QUESTION XI
Du rôle de la raison dans les sens.
PKOOKAMMK
Que l’homme doive sa supériorité sur les animaux non à la perfection de ses sens, mais à la raison qui s’en sert, c’est ce qu’une étude un peu attentive des lois de la perception fait voir avec la dernière évidence. Il est bon de rendre sensible cette vérité en montrant la part que prend la raison dans l'exercice de nos sens.
1° A quoi se réduisent les perceptions de nos sens prises séparément ou dans leur ensemble.
Transformation que subissent les perceptions sensibles pour devenir de véritables notions et fournir la base de nos jugements et de nos raisonnements ( abstraction , généralisation, etc.).
2° La connaissance sensible n’est possible qu’à la condition de notions ou conceptions rationnelles, comme celles de l ‘espace, de la substance, de la causalité. Nécessité de faire intervenir les principes de l’entendement, en particulier le principe d'induction, dans l'éducation et le perfectionnement des sens. — Ce que fournit ici l’instinct ; ce qui vient de l'expérience et du raisonnement.
3° Certaines opérations que nous attribuons aux sens et à la perception directe appartiennent à la raison et au raisonnement (appréciation des distances, etc.),
4° Idées et jugements que nous attribuons vulgairement aux sens et qui relèvent d’une faculté supérieure. De la vue du beau et des jugements du goût sur les beautés de la nature et de l’art. Part des sens, part de la raison dans ces jugements-
Toutes ces opérations, bien qu’elles s’exécutent d’abord chez l’homme spontanément, et nous deviennent familières par l’habitude, n’eu diffèrent pas moins de l'instinct, qui
— Digifeed by Goi
UJSS SKNS
chez l’houuue est d’autant plus borné que le réle du sa raison est plus étendu.
QUESTION XU
Rapports de la mémoire avec les autres facultés.
PROGRAMME
Toutes nos facultés sont dans un rapport intime et se prêtent un mutuel secours. Cette action réciproque est eu particulier facile à démontrer pour la mémoire.
1° On montrera ce que les autres facultés empruntent à la mémoire et on justifiera le mot de Pascal : « La mémoire est nécessaire à toutes les opérations de l’esprit. »
2“ Ce dont la mémoire, à son tour, est redevable aux: autres facultés : attention, jugement, raisonnement, etc.
Nécessité de ne pas développer isolément la mémoire ot de conserver un juste équilibre entre nos facultés. Signaler brièvement les vices de l’éducation contraire (1).
QUESTION XIII
Rapports de la mémoire et do l'imagination.
PROGRAMMA
Après avoir marqué les diiféreuces qui séparent ces deux facultés, on fera voir le lien qui les unit et en particulier le secours que la mémoire prête à l’imagination, et réciproquement.
1» Différences : Croyance qui s'attache à la mémoire, absente de l’imagination (dans l’état normal). — Notion du temps nécessaire au souvenir, non à l'imagination. — Acte de réflexion dans la mémoire, nous rappelant à nous-mêmes, tandis que l’imagination nous en distrait. — Ordre des idées reproduit par la mémoire, interverti par l’imagination, etc.
2° Action mutuelle : L’imagination nécessaire à la mémoire pour se représenter le passé; la mémoire nécessaire
(1) Ql KSTlON A TRAITF.lt : De l identité des principes sur lehjucls repose la culture de la mémoire maigre ses variétés dans les individus.
PSYCHOLOGIE
à l'imagination, qui lui doit scs matériaux et s’enrichit de souvenirs. — Distinction néanmoins des deux facultés : hommes de mémoire, hommes d’imagination. La proportion n’est pas exacte, etc. Quelquefois l’opposition est frappante. — Leur réunion dans le génie (1).
QUESTION XIV
Rapports de l'imagiuation avec l'entendement.
PROGRAMME
On oppose avec raison ces deux facultés; mais on aurait tort de méconnaître leurs rapports ; il s’agit de les marquer ici avec précision.
1“ L’entendement humain peut-il fonctionner sans images (Aristote) ? Secours que prêtent les signes à toutes les opérations de la pensée. (V. Langage .) — N’est-il pas une région moyenne et même supérieure où les images doivent se combiner avec les idées pour rendre celles-ci plus attrayantes ou persuasives (art, poésie, éloquence)? L’imagination ne produit-elle alors que des fantômes, des illusions? Que sont en réalité ces fictions ?
2° Action de l’entendement sur l’imagination. En quoi elle consiste ; comment il la gouverne, la corrige ou dissipe ses illusions ? Nécessité d’un critérium ou d’une règle non empruntés aux sens. Est-il vrai qu’il suffise pour dissiper une fausse image (illusion, hallucination, etc.) d’une autre image plus fixe venant de l’expérience, et de rétablir ainsi l’équilibre entre les images. Cercle vicieux. Vanité des moyens qu’offre ici l’école sepsualiste. Nécessité d’un acte supérieur et spécial de l’entendement qui dans l’expérience ellemême discerne le vrai du faux , l’apparence de la réalité T — Même nécessité pour le goût dans les œuvres de l'imagination. — Conclure.
(1) Question a traiter : Pourquoi les anciens ont-ils appelé Mnémosyne Ut mère des Muses. — Comment cette fable doit-elle s'entendre? Faut-il la prendre a la lettre? Les Grecs pensaieni-ils que la mémoire seule pût engendrer les arts? Les Muses étaient filles de Jupiter, Apollon présidait à leurs exercices, etc., etc.