DU DÉTERMINISME
cipe, le mal se fera sentir dans toutes les parties de la philosophie où sa présence est impliquée. Cela est vrai de toutes nos facultés et en particulier de la volonté. On le fera voir d’abord pour tous les problèmes où ce fait intervient directement et qui appartiennent à la philosophie morale (morale, droit naturel, éducation, etc.), puis aussi pour les questions qui lui semblent le plus étrangères et qui tiennent davantage à la spéculation, comme la science de Dieu ou la théodicée, et la logique elle-même. — Il serait bien d’ajouter au raisonnement qui démontre ces rapports quelques exemples tirés des systèmes philosophiques. (Platon, Descartes, Locke, Hobbes, Spinosa, etc.) — Conclure.
OUESTIO.N XXV
Dn déterminisme.
PROGRAMME
On appelle déterminisme tout système où la volonté est représentée comme déterminée ou nécessitée par des motifs. On le rencontre dans toutes les écoles où la liberté est attaquée. L’argumentation ordinaire est celle-ci : « Le libre arbitre, dont nous croyons avoir conscience, ést une illusion. Nous connaissons l'acte du vouloir-, mais le fond de la décision nous échappe. Elle est causée par des motifs qui agissent sur nous à notre insu. C’est l’ignorance où nous sommes relativement à ces motifs qui nous fait croire que nous sommes libres. Tout homme d’ailleurs agit conformément à son caractère. L’aote de la volonté n'est que la résultante des forces qui agissent en nous. Celui qui calculerait oes forces prédirait infailliblement tous nos actes. Tout se réduit donc à un problème de mécanique intellectuelle. Il n’y a pas deux sortes de lois, des lois physiques et des lois morales. LeB mêmes lois régissent tous leB phénomènes de l’univers, et le même procédé doit servir à les constater. »
Plus d’un savant aujourd'hui ne craint pas d’emettre cette doctrine, sans vouloir en accepter les conséquences.
PSYCHOLOGIE
On la réfutera : l°on combattant l’assertion qui Ote à laçonscienee le droit de décider sur cotte question; 2° en rétablissant le vrai caractère des motifs et de leur action sur la volonté et en faisant voir que cette action n’est ni nécessitant»! ni déterminante; 3° aux hypothèses précitées on opposera le fait de la volonté libre, maîtresse d’elle-môme et de ses déterminations, fait plus clair que toutes ces assertions; 4° poursuivant le système dans ses conséquences, on relèvera ses contradictions. On insistera en particulier sur ce qui est dit du caractère des individus, comme uniquement déterminé par le tempérament étranger à la volonté ou la déterminant à son tour. — L’assimilation des lois morales aux lois physiques est une autre assertion dont on fera justice. — L’induction qui porte sur les actes humains est-elle certaine ou simplement probable?
En terminant, on fera remarquer combien sont peu scientifiques ces doctrines qui en appellent sans cesse à la science et à ses méthodes et qui nient les faits les plus évidents, qui, en outre, ne peuvent échapper aux conséquences que le bon sens et la morale réprouvent qu’en tombant dans les plus palpables contradictions.
QUESTION XXVI
Peut-on raisonnablement soutenir que l'homme n’est pas libre et que cependant il est responsable de ses actes?
ESQUISSE
La responsabilité des actes humains est le fait le plus saillant par lequel se révèle notre liberté ; la moralité et la sociabilité la supposent; on ne peut donc la nier sans donner un démenti formel aux lois et à la conscience, sans révolter le .sens commun. Aussi n’ose-t-on pas proclamer ouvertement ces maximes : « Nul n’est responsable de ses actes, personne n’est coupable, la loi ne doit jamais punir, la récompense elle blâme n’ont pas de sens, etc.» Mais on prend un détour, et tout en tenant le langage commun on y attache un autre sens. Spinosa lui-même ( Lettres ) reconnaît que l’homme n’est pas inexcusable devant Dieu, quoiqu’il soit dans ses mains