DE LA PERSONNALITÉ
bien lui-même affecte de degrés et de différences. On insistera sur ses deux éléments essentiels et leur accord nécessaire ! une volonté forte et une raison éclairée.
4* Parmi les causes pat lesquelles S’augmente, ou s’altère et se détruit la personnalité,, et qui sont innombrables, on s’attachera à celles qui dépendent de la volonté humaine elle-même, et on montrera comment nous pouvons à notre gré monter ou descendre ainsi dans l'échelle des êtres libres, par là, sinon créer, au moins développer indéfiniment notre personnalité, comme la laisser déchoir et même s’anéantir. Sans développer beaucoup ce point, qui contient en germe toute la morale, on devra y insister assez pour faire ressortir le vice radical et l’immoralité des doctrines qui, plaçant en dehors de l’homme et de sa volonté libre la cause véritable de son perfectionnement moral, tendent à effacer la ligne de démarcation entre les personnes et les choses.
5° Sans s’étendre davantage sur les conséquences de la personnalité, en devra les rappeler au moins en quelques mots d’une manière générale, mais nette, énergique et précise. On montrera le lien nécessaire qui unit à la personnalité humaine toutes ces idées de responsabilité morale, de droit et de devoir, de mérite et de démérite, de vertu et de vice, de liberté civile et politique, de propriété, etc., tout oe qui fait la dignité de l'homme et la beauté morale de seâ œuvres. Sans engager de polémique, mais par voie légitime de déduction, on conclura que tous les systèmes qui nient la causalité libre dans l’homme ou qui en altèrent la notion, tous ceux qui attaquent directement ou indirectetement le libre arbitre, ceux qui révoquent en doute ou nient la simplicité de l'âine ou du moi, son identité, etc., ceux qui confondent la personnalité avec l'individualité, qui changent ses conditions, qui méconnaissent sa puissance et placent uniquement dans des causes extérieures et fatales ses moyens de développement, étant incapables de rendre compte de la personnalité humaine, doivent répudier ses conséquences, ou qu’ils tombent dans mille contradictions que relève la logique.
PSYCHOLOGIE
QUESTION XXXII
Pourquoi le libre arbitre a-t-U été et souvent nié ou défiguré ' • dans les systèmes des philosophes?
PROGRAMME
Cette question doit se présenter à tout homme de bon sens qui entend parler des controverses sans fin qu’a soulevées le libre arbitre et des systèmes où la liberté morale est niée, altérée ou défigurée. On ne s’étonnera pas si l’on fait attention aux raisons suivantes :
1° Puissance de l’esprit systématique; combien les faux systèmes sont intéressés à nier le libre arbitre : matérialisme , idéalisme , panthéisme , scepticisme , mysticisme. Mépris du sens commun; opiniâtreté à méconnaître ce qui contredit nos opinions.
2° Emploi d’une fausse méthode; raisonnement prenant la place de l'observation là où il s’agit avant tout d’une question de fait; ou bien, observation des sens substituée à colle de la conscience; abus des analogies tirées du monde extérieur, fausses explications qui en résultent.
3° Rejet dédaigneux de la méthode de réfutation indirecte par les conséquences morales.
A ces causes s’ajoutent celles qui tiennent à la diversité des esprits et des caractères. S’il est vrai que la liberté varie dans les individus selon le tempérament, les passions, l'éducation, etc., la conscience de cette liberté doit être plus ou moins claire, ou obscure et effacée selon que la volonté elle-même a été plus ou moins exercée. De là, chez les caractères faibles, la facilité à douter du libre arbitre et à accueillir les sophismes qui obscurcissent ici la vérité. — Conclure en insistant sur la nécessité de tenir son esprit libre de préjugés et d’intérêts dans cette question et d’allier, dans la vie réelle, la pratique à la spéculation.
QUESTION XXXIII
Dn fatalisme dans l'histoire.
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Nulle part les doctrines fatalistes n’ont marqué plus visi-