DU MATÉRIALISME
blement leur empreinte que dans l’hisloire. On en montrera les effets.
1° Le fatalisme altère et détruit la notion même de l’histoire. L’histoire nous offre le spectacle de la liberté humaine luttant contre la fatalité.
2* L’histoire où domine le fatalisme peut-elle nous offrir un véritable intérêt ? Comment s’intéresser à des hommes qui ne sont en réalité que des automates ? A quelles conditions la destinée des peuples et des individus peut-elle nous toucher ? Si elle éveille encore notre sympathie ou notre pitié, etc., ces sentiments seront-ils les mêmes que si nous voyons des êtres libres agir par eux-mêmes, porter la responsabilité de leurs actes, de leurs vices et de leurs vertus ? — Que sont les grands hommes au point de vue de l’historien fataliste ?
8° L'histoire perd toute sa moralité. En quoi consiste la moralité de l’histoire: l’histoire considérée comme la « conscience du genre humain? » (Tacite.)
4° L'histoire ne peut offrir un enseignement utile. Deux conditions pour tirer parti d’un enseignement : le comprendre et pouvoir le suivre. Le pouvons-nous, si nous ne sommes pas libres ?
Démontrer ou développer chacune de ces propositions et réfuter les raisons que donnent les partisans du fatalisme pour échapper à ces conséquences. — Conclure.
QUESTION XXXIV
Des objections du matérialisme contre l'existence de l’Ame. — Quelle est la valeur de ces objections?
ESQUISSE
La conscience nous atteste que le moi est un ou simple, identique aux divers états de sa durée, doué d’une activité qui se détermine elle-même, se dirige et se possède. Voilà les trois faits sur lesquels reposent les preuves principales de l’existence de l’âme (V. Précis , p. 220). Le matérialisme les attaque. — 1* Il invoque des expériences qui semblent prouver que l’àme n’est pas une, la division des animaux inférieurs, les vivisections, la dissémination de la vie dans
les centres nerveux, les actions réflexes, la localisation des facultés, les décapitations, etc. — 2° Quant à notre identité, elle disparaît dans certaines maladies, dans l’aliénation mentale; il est des cas où le moi ne se reconnaît plus lui-même et se croit une autre personne. Le vieillard se retrouve à peine dans le joune homme. Nous n'admettoas pas les erreurs et les préjugés de notre enfance. — 3° La liberté contredite par la science qui n’admet que des lois invariables, est une illusion de la conscience ; une foule de faits prouvent qu’elle n’est que l’ignorance des causes qui nous font agir.
A ces objections voici la réponse.
Les expériences qu’on allègue, prouvent-elles réellement que la personne humaine n’est pas une ? Qu’il y ait des êtres chez lesquels la vie est disséminée en divers centres, ou qui forment comme plusieurs animaux en un seul, en est-il de même pour l’homme? Que ses facultés se localisent, cela prouve-t-il que leur principe soit étendu et multiple? Quand l’être qui sent, pense, veut, se croit un être unique, peut-il se tromper? Y a-t-il en lui plusieurs moi, ou le moi est-il une résultante de forces diverses ? Toute force est une. Il est absurde de supposer un être actif ayant conscienoe de lui-même, qui est à la fois lui-même et un autre, qui se dédouble ou se multiplie, qui dit moi et nous à la fois, qui est un et plusieurs. Il y aurait alors plusieurs personnes, un agrégat ou association d'êtres sentant, pensant, voulant, ayant la faculté de se posséder et de se gouverner euxmêmes. Les expériences montrent-elles clairement que cela se puisse, que le contraire soit pure fiction, illusion de la conscience? Que faudrait-il on conclure relativement au témoignage de nos facultés?
L’identité de la personne humaine est-elle bien comprise quand on la suppose détruite ou altérée dans les cas que l’on cito ? Les aberrations de l’esprit, les erreurs de l’imagination changent-elles pour oela la personne? Font-elles qu’une personne se substitue à une autre ? Le fou qui se croit César ou Alexandre, cesse-t-il d’être lui-même, pour devenir Alexandre ou César? Quand il revient à la raison, a-t-il tort de se reconnaître ? Qu’on admette, si l’on veut, avec Pythagore la métempsycose , l’âme qui animerait plusieurs corps