‹ Questions de philosophie précédées des règles de la dissertation philosophique et suivies des sujets donnés aux concours, à la licence et au baccalauréat es lettresChapitre 99 sur 192 · LA VOLONTÉ DANS L’ANIMAL · texte numérisé non relu

LA VOLONTÉ DANS L’ANIMAL

que souvent aussi il les viole. Tout ce qui contredit cette vérité et celles qui en découlent est pur sophisme et n’a rien de scientifique. La science doit s’y soumettre comme le bon sens, ou elle extravague { ratione insanit). L’homme sans doute est soumis à bien des fatalités, et, d’abord, il ne fait pas plus les lois morales que les lois mathématiques ou physiques; mais dans la sphère étroite où se meut sa liberté, il se dirige et se gouverne ; il est maître de son vouloir , il - le tourne comme il veut ; même il veut vouloir, quoique cela paraisse aussi très-singulier. Ce qu’il y a de positif, c’est que, quand il le veut, il se domine et se commande à lui-même ; il maîtrise et réprime ses passions, ou y cède; il se réforme et se perfectionne, ou il sedégrade et se laisse déchoir. Nul ne peut assigner de bornes à cette action de l’homme sur lui-même. Ceux qui nient tout cela rêvent assurément, car c’est là toute la vie humaine. La pensée de ces savants habite la région des chimères ; aussi revenus à leur bon sens, ils parlent et pensent coname tout le monde et ils croient à ce qu’ils nient.

Telle est la liberté, attribut de la volonté humaine. 11 s’agit de savoir si cette liberté, si souvent déniée à l'homme, mais en vain, l’animal aussi, au moins en quelque portion, la possède. Quand on l’examine de près, rien ne le prouve et toui prouve, au contraire, qu’il ne l’a pas. Ici les raisons abondent. En voici quelques-unes :

1° La volonté libre, qui n’est ni le caprice ni l’indifférence, suppose des motifs, de vrais motifs, et, parmi eux, les motifs rationnels, ce qui n’est possible qu’avec la raison. La volonté n’est pas la raison, mais elle la suppose. Pour se déterminer librement, il faut choisir, choisir avec intelligence. L’animal dépourvu de raison ne peut faire un tel choix. — 2° L’homme choisit entre des motifs d’ordre inférieur et d'ordre supérieur. Placée entre des penchants et des idées, sa volonté obéit à une loi qui lui commande et ne la contraint pas, mais qui l'oblige. Qu'on prouve que l’animal conçoit une telle loi, qu’il s’y soumet volontairement, librement, comme à un conseil ou à un ordre, qu’il la viole de même, qu’ainsi il mérite et il démérite, qu’il est responsable de ses actes, etc. On ne le fera pas, si ce n’est dans une fable. Donc,

sa volonté n'est pas libre. Il peut paraître hésiter, se déterminer arbitrairement; mais la vraie délibération, intelligente, éclairée, le choix entre un motif inférieur et un motif supérieur, une idée, le devoir, la justice, nulle trace ne nous en est offerte, pas l’ombre en lui n’apparaît. 3° S’il en était autrement, s’il se décidait librement, l’animal ne serait plus l'animal; de la classe des choses, il passerait dans celle des personnes, et alors il faudrait lui accorder toutes les prérogatives que confère la personnalité, non-seulement les vertus et les vices, mais les droits, comme les devoirs de la nature humaine. La forme animale n’y ferait rien. L’homme n’aurait pas plus le droit de traiter le cheval ou le bœuf en esclave que tout autre être de son espèce. Or, l’homme seul est chose sacrée, homo, sacra res homini. (Senec., Ep. 105.) Mais pourquoi ? Parce qu’il est une personne. Viennent à la suite tous les autres corollaires : la propriété, la famille, la société civile, etc.

La logique est impérieuse ; il n’est pas une de ces conséquences qui ne découle du principe. Dans l’Inde peut-être, on trouve des croyances où l'animal est assimilé à l’homme et où cette logique serait admise. Chez nous, aucun homme sensé ne pourrait -s’y soumettre.

« Le sens commun se révolte contre cette conclusion, et l’homme qui accuserait sérieusement son chien de quelque crime se couvrirait de ridicule. Les animaux font des actions qui leur sont préjudiciables, ainsi qu’ànous; ils peuventavoir des défauts ou des habitudes acquises qui les détermineut à faire ces actions, c'est là tout ce que nous entendons quand nous disons qu'ils sont vicieux. — Quant à l'immoralité, ils ne peuventy atteindre, non plus qu’à la vertu. Ils sont incapables de se gouverner... Ils ne peuvent s’imposer une règle souveraine dont l’autorité doive triompher des exigences de l’appétit. L’idée même d’une règle pareille et de l’obligation qui s’y attache parait absolument étrangère à leur intelligence. Ils ne savent ni ce que c’est qu’une promesse, ni ce que c’est qu’un contrat; il est impossible de traiter avec eux ; ils ne peuvent ni affirmer, ni nier, ni se résoudre, ni engager leur foi. Si la nature les avait rendus capables de ces opérations, leurs mouvements et leurs actes en laisse*

aient échapper quelques indices. » (Reid, t. VI, p. 176.)

< L'animal n'a ni connaissance du bien et du mal, ni dessein, ni liberté ; il appartient à la fatalité. L'esprit, au contraire, est connaissance, amour du beau, du bon, providence; il est supérieur au destin. La liberté est en raison de sa puissance créatrice. L’homme fait partie à la fois du règne animal et du règne des intelligences, citoyen tout à la fois du monde visible et du monde intelligible; il a la conscience de ce double droit de cité ; il se sent en même temps soumis et supérieur à la nature, et, ce qui l'élève au-dessus d’elle, il l’appelle la meilleure partie de son être, sa raison, sa liberté. » (Jacobi.)

QUESTION LVIII

De la sensibilité dans l'homme et dans les animaux. — Des sentiment.» propres A la nature humaine. — De la sociabilité.

La sensibilité est commune à l’homme et aux animaux. Comme lui, l’animal éprouve le plaisir et la douleur; il a non-seulement des appétits et des désirs, mais aussi ses affections et ses passions. L’amour et la haine, la colère et le besoin de la vengeance, l’émulation et le désir de la supériorité, la jalousie, etc., sont les mobiles d’une foule de ses actes. D’autres sentiments plus nobles, tels que l’amitié, la fidélité, une certaine magnanimité ou générosité ne lui sont pas inconnus. Quelle variété prodigieuse dans les mœurs, les caractères et les habitudes, selon les espèces et les individus! Le spectacle de la vie animale offre comme un tableau de la vie humaine, où ce qui est réuni et concentré chez l’homnje est séparé et disséminé en traits épars. C’est ce qui permet au fabuliste de mettre tant de variété dans les scènes et les acteurs d’un drame où l’homme se plaît à se contempler lui-même et où il reçoit des leçons des êtres qui lui sont inférieurs. Il semble donc qu’en ce qui regarde la nature sensible, la différence entre l’homme et l’animal soit beaucoup moins grande que pour ses autres facultés. Il n’en est rien cependant. Si l’on y regarde de prés, on voit

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que l'homme ici conserve non-seulement sa supériorité, mais les caractères propres et différentiels qui font de lui un être à part, distinct par ses affections et ses sentiments, comme il l’est par les conceptions de son esprit et les déterminations libres de sa volonté.

Si dans l’homme apparaissent des faits sensibles qui ne se remarquent pas dans les êtres privés de raison et de liberté, cela tient à trois causes principales. 1° Aux phénomènes de la sensibilité proprement dits s'adjoignent des actes de l’esprit qui en changent la nature et en font naître d’autres. 2° L’intelligence possède des idées qui éveillent ou engendrent des sentiments d’un caractère semblable ou analogue. 3° L’homme a des fins et une destinée à lui : à ces fins répondent des tendances qui en sollicitent l’accomplissement, des passions et des affections, des jouissances et des peines qui en sont la conséquence.

1° Dans le domaine de la pure sensation, l’homme déjà diffère de la brute en ce qu’il réfléchit ses sensations. Nonseulement il les réfléchit, mais il s'en souvient, il les imagine, et en prévoit le retour. De là de nouveaux faits sensibles qui, nés des actes de l’esprit, se mêlent aux premiers et leur donnent un nouveau caractère. Le plaisir perçu par l'esprit et dont il connaît la cause n’est plus seulement le plaisir; il excite la joie. La douleur prolongée engendre la tristesse. La crainte, le regret, l’inquiétude ou l’ennui, le dégoût, l’angoisse viennent s’y ajouter. L’espérance et le regret n'existent pas pour un être dont l’intelligence est toute bornée au présent. Aussi, même dans son bonheur matériel, l’homme est autrement heureux ou malheureux que n’est l’animal. Ses joies ne sont pas ses joies; ses craintes et ses désirs ont un tout autre caractère. Il veut s’assurer la jouissance qu’il a obtenue, la reproduire, la varier, l’augmenter, la multiplier; il craint de la perdre et redoute la souffrance; il en prévoit les causes et s’en inquiète. Il se tourmente du mal à venir, ou que simplement il imagine. Son imagination le grossit et l’exagère. L’animal ne connaît aucune de ces peines ou de ces soucis, comme il n’a pas ces jouissances. Sa condition en est-elle meilleure, comme le disent certains moralistes (Montaigne)? Ce n’est

pas ce dont il s’agit; mais la différence est évidente.

2° Quand on passe à une sphère plus haute, celle de la vie intellectuelle et morale, on rencontre des sentiment s tout à fait propres à 1 homme et qui sont inconnus aux êtres inférieurs. Ce sont d’abord les sentiments vraiment humains, qui s’allient aux conceptions de la raison, ou en sont la conséquence. L’homme seul a Vidée du vrai; seul il désire le connaître, et il est curieux; il goûte les plaisirs attachés à la connaissance de la vérité. L’ordre des jouissances intellectuelles et toutes les passions qui s’y rattachent n’existent que pour lui. Il a l'idée du bien, et seul il éprouve les sentiments qui y correspondent, les plaisirs et les peines de la conscience; la satisfaction morale, le remords, l’estime, le respect, le mépris; il s’indigne de l’injustice, comme il s’enflamme à la vue d’un acte généreux; il admire la vertu; l’enthousiasme exalte son âme. La honte, la pudeur sont des sentiments humains (1).

A l’idée du beau se rapportent d’autres sentiments, dont le premier est l’amour. Cette passion, la plus mystérieuse dans sa naturë, souvent la plus redoutable par ses effets, n’est dans l’animal qu’un appétit presque périodique, qui sert à propager l’espèce. Chez l’homme combien de joies et de souffrances y sont attachées et combien de formes ne prend-elle pas depuis l’amour sensuel, qui ne poursuit que la volupté, jusqu’à l’amour le plus pur, celui qui a pour objet la beauté intellectuelle ou divine 1 II en est de même du sublime, cette apparition de l’infini, dont le sentiment mêlé de joie et de frayeur a sa source dans le contraste senti des deux natures, matérielle et spirituelle, l’une refoulée, l'autre exaltée par ce spectacle qui la réjouit. (Kant.) Enfin, il est un phénomène singulier qui n’apparait que chez l’homme : le rire. Jamais cet éclair qui brille sur le visage

(1) Sed pertinet ad omn^m officii ouœstionem semper in promplu habere quantum naiura hominis pccudibus rcliquisque belluis antecedat. lllæ nihil sentiunt niai voluptatem, ad eamque feruntur omni impeiu : homims autem mens discendo alitur et cogitando semper aliquid aut anquint, aut agit, vidmdique et audiendi delectalione ducitur. Quin eturn, si quia est paulo ad voluptates propensior modo ne sit ex pecudum genere (sunl enim quidam homines non re sed nomine) sed si nuis est paulo erectior quamvU voluptate capiatur, occultât et dissimulât appetitum vuluptaiis, propter verecuridiam. (Cic., de 0(f,, I, xxx.)

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humain et en illumine subitement tous les traits n’a traversé même momentanément la face sombre de l’animal, dont le regard pourtant si expressif et la physionomie si douce dans certaines espèces manifestent chez d’autres tantd’intelligence. Il suffit de rappeler ces faits pour montrer combien la nature sensible de l’homme diffère de celle de l'animal.

3» L’homme a des fins qui résultent de sa nature propre et qui ne sont pas les fins de la nature animale. Toutes celles qui ont un caractère supérieur le portent vers l’infini. Aussi ses désirs sont infinis. L’animal est limité dans ses besoins comme il l’est dans son intelligence et dans toutes ses facultés. 11 ne connaît pas cet antagonisme qui chez l’homme se déclare entre ses fins supérieures et ses fins inférieures. De cette lutte résultent des sentiments particuliers, totalement étrangers à l’être borné dans ses instincts et ses désirs. Ce dualisme dans l’homme a des suites et des effets profonds sur sa sensibilité et qu’ont décrits les moralistes. Telle est la mélancolie qui, dans les âmes d’élite, comme celle d’un Pascal ou d’un Byron, atteste une destination qui ne saurait être remplie dans la condition présente. L’animal n’éprouve rien de semblable; il vit et meurt insouciant de sa destinée.

Outre sa destination individuelle, l’homme en a une autre en rapport avec son espèce. Seul il est un être vraiment sociable. La société humaine ne ressemble pas à celle des animaux, qui s’assemblent et ne s’associent pas. Ils sont congregabilia natura, comme dit Cicéron. (De Off., I.) L’homme est fait pour la société civile (1); il est un animal politique, woXiTtxôv comme le définit Aristote. (Polit . , I.) L’homme seul entre en communauté avec ses semblables. Il fait partie d’un tout dont il n’est pas seulement une portion et qui se renouvelle sans cesse; il est membre d’une association qui se continue dans le temps comme elle est unie dans l’espace. Il y joue un rôle non-seulement actif, mais libre. Il conçoit même une société des âmes et des

(1) Ce qui distingue réellement l’homme de Ia béte, ce n’est pas la réflexion ni la moralité. De ces deux astres se détachent quelques rayons qui illuminent le cercle inférieur des bêtes, c’est la religion qui n’est ni une idée ni une disposition, mais bien le cœur même de l'homme et par suite le fond do tout. (J. Paul. Lévana.)

esprits qui se prolonge au delà du temps; sa pensée s’élève vers un législateur et un juge auquel il doit compte de ses actes et qui a droit à ses hommages. Lui seul aussi est un animal religieux.

11 est poussé à l’accomplissement de toutes ces fins par les tendances irrésistibles de sa nature. Selon qu’elles sont satisfaites ou contrariées, il éprouve des jouissances et des peines auxquelles l’animal est totalement étranger; il a des affections et des passions dont celui-ci ne porte en lui ni la trace ni le germe. Ces fins, il ne les accomplit pas à l’aveugle, mais il les conçoit; il y a plus, il se sent obligé à les remplir. Elles créent pour lui des devoirs et des droits, des vertus et des vices. Ses affections et ses sentiments en sont profondément modifiés, car ils prennent un caractère moral. L'amour, l 'amitié, les affections domestiques, patriotiques, religieuses, ne sont plus des instincts ou des penchants mobiles et passagers, ce sont des liens véritables qui ont quelque chose de fixe et de sacré. Cela seul met une profonde différence entre ce qu’éprouve l'homme, ou ce qui s’appelle le cœur humain, et ce qui y ressemble dans l’animal.

L’industrie, la science, l’art, les institutions politiques et religieuses sont des formes où se déploie son activité dans la poursuite des fins diverses et supérieures de sa nature. Une multitude de sentiments, de passions s'y rattachent ou en dérivent.

Que quelques-uns de ces sentiments trouvent dans la vie animale leur image affaiblie, on ne peut le nier; mais si l’on y regarde de près, on voit que là même où la similitude nous frappe il y a une profonde différence qui vient de l’absence de l’idée. Voit-on réellement V amitié, la fidélité, la générosité, la reconnaissance et le vrai dévouement, comme on le dit, dans les animauxT Non, pour qui ne s’en tient pas à une observation superficielle. En tout cas, tout y est purement sensible. Nulle part l’affection n’est le sentiment et n’offre le caractère moral que seule peut lui donner l’idée du devoir. L’amitié pourtant n’est la vraie amitié qu’à ce titre. Des trois espèces d’amitié que décrit Aristote (Elh. à .Vie., VIII), celle des goûts, celle des intérêts et celle

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de la vertu, la dernière qui est, il est vrai, très-rare même entre les hommes, ne se trouve pas du tout, je pense, chez les brutes. Il en est de même de la fidélité, de l'amour vrai, qui est l'union des âmes. Enfin, il est d’autres sentiments dont l’ombre même ne nous apparaît pas dans ce monde inférieur, le souci des générations futures, le culte des morts, la charité, etc.

Quant au courage, à la modestie, kï'humilité et même à la tempérance, tout ce qu'on a dit des qualités et des vertus des animaux comme devant nous servir de modèles ne supporte pas un examen sérieux. La poésie seule peut poursuivre ici le parallèle. Lorsqu’on renvoie ainsi l'homme à l’école des animaux, on oublie que le penchant et l'attrait du plaisir sont toute leur morale, que leur droit naturel est la loi du plus fort, et que la guerre chez eux est perpétuelle. Tout ce qu'ont dit là-dessus et Plutarque, et Montaigne, et Rousseau est faux et fade. Dans les tableaux qu’on a faits de ce genre, il y a plus de poésie que de vérité. L’homme fait ici pour les animaux ce que le paganisme fit pour ses dieux. Humana transtulit ad bestias. Il le fait en sens inverse. car il leur prêle ce qu’il a de meilleur. Ils ne peuvent être d’ailleurs en tout nos modèles. Le respect de soi-même et d'autrui, la dignité personnelle, la chasteté assez rares déjà chez nous, n’ont rien à voir avec la nature animale. En fait de sagesse, de justice et de courage, nous tenons qu’il vaut mieux citer Socrate, Aristide, Epaminondas, Thérnistocle, que de s'adresser aux castors, aux abeilles ou aux lions. Il en est de même de l'industrie des animaux comparée à la nêtre ; il faut être sobre sur tous ces points, on l’on s’expose au ridicule.

L’animal a des sensations et même des affections, mais d’un ordre purement sensible; il n’a pas de sentiments. Le sentihient suppose toujours un idée qui y est jointe. Il n'a pas surtout les sentiments qui chez l’homme supposent des idées supérieures. La poésie jouit de bien des licences; elle peut prêter aux êtres inférieurs ks qualités des êtres supérieurs; mais elle-même est tenue de respecter certaines limites et de garder les distances. Le chien d’Ulysse reconnaissant, apiès tant d’années d’absence, son maître que nul

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