‹ Questions diplomatiques de l'année 1904Chapitre 28 sur 73 · IV. — La thèse serbe exposée par M. Vesnitch · texte numérisé non relu

IV. — La thèse serbe exposée par M. Vesnitch

MINISTRE DE SeRBIE

Succédant à ses trois collègues, M. Milenko Vesnitch m'a exposé en ces termes le point de vue de son gouvernement.

— Vous m'avez demandé de vous fournir des données statistiques sur l'importance de la population serbe en Macédoine. Je serais heureux de pouvoir le faire, si œ devait être avec précision. Mais comment espérer qu'il en soit ainsi?

)) S'il y avait une statistique incontestable des populations macédoniennes, elle s'imposerait au consentement de tous. Or, je relisais hier celles qui vous ont été fournies par mes collègues grec et bulgare. Pour les deux vilayets de Monastir et de Salonique, M. Delyanni vous donne 652.903 Grecs, 332,162 Bulgares, 12,053 Roumanisants, 13,048 « Koutzo-Valaques serbisants ». Mais de Serbes, pas un : et cependant il n'oublie ni les juifs ni les tziganes. M. Zolotovitz, lui, nous traite mieux. Dans une statistique s'appliquant

aux trois vilayets, il compte 1.100.000 Bulgares, 270.000 Grecs, 72.000 Koutzo-Valaques et 150.000 Serbes. Celte incertitude s'applique, d'ailleurs, à l'ensemble des races qui cohabitent en Macédoine. Même en laissant de côté les statistiques établies par les parties intéressées, les écrivains étrangers fournissent des renseignements contradictoires. Pour ne citer que les Français, lisez les études de MM. Victor Bérard, Cheradame, Gaulis, René Henry, Malet, Messimy : désaccord parfait. Comme l'observe avec raison dans son livre sur la Question d'Orient M. Choublier, consul de France à Uskub, les documents varient assez pour que les Grecs soient évalués de 705.000 à 50.000, les Bulgares de 1.200.000 à 120.000, les Turcs de 1.300.000 à 350.000, les Valaques de 1.200,000 à 24.000. Enfin, tandis que certaines statistiques portent à 2.800.000 le nombre des Serbes de Macédoine et de Vieille-Serbie, d'autres ne mentionnent même pas leur existence ! Comment s'orienter dans cet imbroglio?

» J'ajoute qu'en ce qui nous concerne, cette surprenante incertitude s'explique, si l'on .considère que la Turquie, pays théocratique, ignore les races et ne connaît que les religions — religion dominante, la mahométane, religion grecque (roum), religion catholique {franque), et (depuis la création de l'exarcat) religion bulgare. Les statistiques turques étant dressées par religions, et la « religion serbe » n'existant pas en Turquie, les Serbes macédoniens sont comptés suivant leur religion : soit comme patriarchistes — et alors les Grecs les revendiquent; soit comme exarchistes — et alors les Bulgares les réclament; — soit comme mahométans — et alors les voilà Turcs. Si bien qu'en tant que Serbes, ils finissent par s'évanouir. Souffrez donc que je laisse de côté des statistiques ainsi établies et

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que je cherche ailleurs les preuves nombreuses et fortes de notre existence et de nos droits dans le conflit macédonien.

» Victimes de la statistique, les Serbes de la Macédoine le sont aussi de la géographie — au moins d'une certaine géographie. Les Grecs, par une tactique qui remonte à peu d'années, ne désignent sous le nom de Macédoine que les vilayets de Salonique et de Monastir. Par contre, les Bulgares, arguant des succès ecclésiastiques et scolaires de Texarcat, englobent dans la Macédoine le vilayet de Kossovo tout entier qui cependant, géographiquementetethnographiquement, constitue la «Vieille-Serbie ». Ces thèses contraires ne s'accordent que sur un point : et c'est pour nous éliminer. Cependant, jetez un coup d'oeil en arrière, et vous constaterez que le sandjak d'Uskub a toujours été considéré comme partie intégrante de la Vieille-Serbie. La grande encyclopédie allemande du xviii° siècle, le Grosses vollstœndiges Universallexikon aller Wisenschaflen und Kuenste (publiée en 1743, en un temps, oti il n'y avait point de luttes de races en Macédoine, et où tous, Serbes, Grecs et Bulgares, nous étions simplement des rayas turcs), comme aussi les travaux récents les plus sérieux, ceux par exemple du professeur Zwijic, sont à cet égard tout à fait décisifs.

» Des uns comme des autres, il résulte que la vraie Macédoine, la Macédoine historique, comprend la partie des vilayets de Salonique et de Monastir qui s'étend, au sud du Demir-Kapou, sur les deux rives du Vardar;en d'autres termes, qu'une notable partie de ce que les Bulgares revendiquent est géographiquement de la terre serbe. La nomenclature locale de la Macédoine, même méridionale, par exemple la ville de Servia, comme aussi les traditions du langage populaire.

témoignent également de Tanciennelé de notre présence. Il en ressort qu'à Torigine les Slaves des Balkans étaient des Serbes et que, dès le vi« siècle, ces Serbes se sont avancés dans la péninsule, leurs avant-gardes arrivant jusqu'en Grèce. Et certes, je ne prétends pas déduire de ces arguments un droit exclusif de la Serbie sur la Macédoine; mais ne m'autorisent-ils pas à exprimer le vœu que nos frères bulgares et nos amis grecs s'emploient, d'accord avec nous, à améliorer le sort des populations macédoniennes — en attendant que ces populations puissent, en toute liberté; se prononcer sur leur avenir?

» L'histoire, aussi bien, concorde avec la géographie pour établir le rôle que mon pays a joué de tout temps dans la politique des pays balkaniques et particulièrement dans la Macédoine. On nous a reproché dans certains milieux d'avoir attendu le traité de Berlin pour nous occuper de nos frères de Macédoine : rien de plus faux. Trop de souvenirs nous rattachaient à eux pour que notre pensée et nos forces ne fussent pas dirigées vers leur affranchissement. Parmi tant de liens qui unissent notre histoire nationale à celle de la Macédoine, faut-il rappeler notre roi, Etienne Douchan, se proclamant empereur à Serrés au quatorzième siècle, notre héros national Kraliévitch Marco, le Roland serbe, régnant à Prilep ? Faut-il rappeler surtout que nous avons, les premiers, secoué le joug ottoman et que, dès 1804, dix-sept ans avant les Grecs, nous avons donné l'exemple des guerres de libération ?

» En 182S, dès que notre autonomie eut été reconnue par le sultan, nous avons fondé des écoles dans les vilayets de Kossovo et de Monastir. En 1850 nous en avions 17. En 1860 nous en avions 13 de plus. En 1870 nous en comptions 180, dont 87 dans le vilayetde Kos-

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sovo, 48 dans celui de Monastir et 9 dans celui de Salonique, toutes créées, j'insiste sur ce point, par les seules ressources des populations indigènes à qui nous ne donnions alors qu'un concours moral et non financier.

» Après la guerre de 1876, ces écoles furent fermées. Et quand, après nos crises intérieures, en 1889, nous avons pu jeter les yeux sur nos écoles de Macédoine, de 153 il n'en restait plus que 17. Nous avons su, néanmoins, regagner le terrain perdu, et à la fin de 1903, nous comptions dans les trois vilayets :

17 lycées de garçons et de filles avec 1.393 élèves; 343 écoles primaires avec 14.383 élèves.

Soit, en tout, 360 écoles, 409 institutions, 15.776 élèves.

» Cependant, nous n'avons, dans la Macédoine pror prement dite, pas un seul évêque serbe pour soutenir nos écoles, et celui même d'Uskub, que le patriarcat nous a, de guerre lasse, concédé, est sans cesse entravé dans son action. N'est-ce point la preuve péremptoire de la vitalité persistante et croissante de la race serbe en Macédoine?

» 11 faut que cette vitalité, pour s'affirmer ainsi, soit singulièrement puissante. Car de combien d'obstacles ne doit-elle pas triompher? On est allé, par une audacieuse inexactitude, jusqu'à prétendre que les Serbes de Macédoine ont recherché l'appui des Turcs. La vérité, c'est que la politique ottomane n'a cessé d'être inspirée à notre égard d'un esprit de défiance et d'hostilité; c'est que l'exarcat bulgare n'a cessé de nous traiter en ennemis et de nous combattre tant au nom de l'exarchisme qu'à celui du bulgarisme; c'est enfin que le patriarcat ne nous a jamais pardonné d'enlever à sa propagande hellénique les dernières ouailles slaves

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sur lesquelles il comptait. Contre nous, ces trois éléments se sont ligués. Et je ne sais de qui nous avons le plus souffert, des Grecs intriguant pour la suppression de rÉglise nationale serbe au xviii* siècle, des Turcs se faisant les serviteurs de ces intrigues, des Bulgares essayant de bulgariser les Serbes par Téglise et par Técole, ou des Albanais sévissant contre nos frères par le fer et par le feu !

» Si, dépourvus en Macédoine d'un centre et d'un chef, nous avons résisté à cette triple action ; si, non contents de résister, nous avons propagé notre langue et multiplié nos écoles, c'est que nous avons dans le sol macédonien des racines plus profondes que toutes les autres races. N'oubliez pas en effet que, malgré l'ardeur de la propagande des Bulgares, plus de 500.000 des Slaves macédoniens qu'ils réclament sont restés patriarchistes. En serait-il ainsi et s'attarderaient-ils sous l'autorité d'un patriarche hellénisant, s'ils étaient véritablement Bulgares? En vérité, je vous le déclare, qu'on donne à l'Église serbe les mêmes privilèges qu'à l'Église bulgare ; qu'on laisse de côté le fusil et le poignard, et vous verrez comment se répartiront les Serbes, les Grecs et les Bulgares. La nomination d'un évêque serbe à Uskub et d'un évéque grec, mais parlant serbe à Dibra, ont dès maintenant donné à cet égard c(es résultats significatifs.

)) Nous ne demandons, quant à nous, que l'égalité dans une loyale concurrence avec nos adversaires. Résolus à ne nous laisser intimider ni par le terrorisme, ni par l'intrigue, nous attendons des réformes cette égalité. Et c'est pourquoi nous avons, dès le début, été acquis à l'œuvre qu'accomplissent les puissances. Si nous considérons d'une part les divergences des chancelleries européennes, dont certaines poursui-

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vent des fins particulières, d'autre part la rivalité des États balkaniques ambitieux de résoudre le problème chacun dans son intérêt exclusif ; si nous tenons compte de l'état ethnographique, politique, économique et religieux de la Macédoine, je crois qu'on peut aboutir aux conclusions suivantes :

1^ Abandon, par les Serbes, Bulgares et Grecs de leur antagonisme, et collaboration en vue d'aider leurs frères respectifs — sans exclure, bien entendu, les Roumains — dans les vilayets de Salouique et de Monastir, théâtre des réformes en vertu du programme de Muerszteg;

2° Extension de la politique de réformes européennes et d'union des races aux vilayets de Kossovo et d'Ahdrinople;

30 Maintien du statu quo politique de ces provinces ottomanes, mais exécution sincère et efficace de ces réformes sous un vigoureux contrôle européen;

4"^ Entente cordiale et sans arrière-pensée des États balkaniques confiants dans cette entente pour s'assurer, de l'aveu des puissances, leur autonomie politique et réserver les Balkans aux peuples balkaniques.

» Pour défendre ce programme, qui est le sien, la Serbie ne sollicite aucune faveur. Et c'est avec fierté qu'elle s'approprie la formule de M. Delcassé définissant, le 12 février 1904, la diplomatie française par ces paroles : <c Nous ne demandons en Macédoine de privilège pour personne, mais une condition tolérable pour tous, h quelque race qu'ils appartiennent. »

V. — Une réplique roumaine par M. Alexandre ËM. Lahovary, ministre de Roumanie a Constantinople

M. Alexandre Em. Lahovary, ministre de Roumanie à Constantinople m'a fait, avec sa compétence toute spéciale, les déclarations suivantes :

— L'élément roumain, est, dans la question macédo-

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nienne, un élément pacifique. Nos revendications ne portent que sur la religion, la langue et la culture. Elles n'ont pas de caractère politique. Et c'est pourquoi nous estimons qu'elles devraient être les premières accueillies.

» Je sais bien que, pour les écarter, nos adversaires, j'ai nommé les Grecs, ont pris un moyen décisif : c'est de nous supprimer ou, tout au moins, de nous nier. « Il n'y a pas, disent-ils, d'élément roumain en Macé- « doine. Il y a des Koutzo-Valaques. Et les Koutzo-Va^ « laques ne sont pas des Roumains ». A cela, je réponds d'un mot. Si l'on est sensible aux nuances linguistiques au point de prétendre que les Koutzo-Valaques ne sont pas des Roumains, comment peut-on les réclamer comme Grecs? Car, s'il y a, et je l'admets, entre la langue roumaine et la koutzo-valaque une différence assez semblable à celle qui sépare le français du provençal, combien plus grandement le grec diffère du koutzo-valaque, puisque les deux langues appartiennent à deux familles nettement différentes ! Au surplus, si les Grecs sont aussi sûrs qu'ils le disent que, livrés à eux-mêmes, les Koutzo-Valaques iront à eux, qu'ils tentent loyalement l'expérience. Qu'ils renoncent à des méthodes de compression qui, en 1878, en 1896, ont déterminé chez les populations valaques les protestations que vous savez contre la domination grecque. Qu'ils laissent nos frères de Macédoine libres de s'organiser à leur gré, d'avoir leurs églises et leurs écoles. Nous ne demandons pas davantage.

» Moncollègue et ami, M. Ghika, a développé déjà cette thèse de bon sens. Arrivant de Constantinople, vous ne vous étonnerez pas que je croie devoir la défendre surtout par- des arguments locaux et porter d'abord témoignage contre les vexations de toutes sortes dont Tardiec. 42

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le patriarcat œcuménique, qui devrait ne s'occuper que . de religion et qui ne fait que de la politique, accable les Roumains de Macédoine. On a nié, je le sais, cette situation, que pourtant le patriarche actuel ne prend guère la peine de dissimuler. Mais tout le monde, à Constantinople, pourrait vous dire comme moi avec quelle ténacité le chef de l'orthodoxie poursuit son dessein, qui est d'étouffer à tout prix, au profit des intérêts hellènes, le sentiment valaque dans les vilayets (Je la Turquie d'Europe.

» Contre les Valaques, qui n'ont, dans l'état actuel, ni représentants religieux ni représentants civils, tous les moyens sont bons. Dans les provinces, on excommunie les prêtres, recrutés par nous, qui officient en roumain. A Constantinople, comme le gouvernement roumain est le seul tuteur de ses frères macédoniens, c'est à lui qu'on s'en prend. Un exemple entre mille, — qui vous paraîtra peut-être un peu mince, mais nous sommes à Byzance — : à Pâques, à la messe du patriarcat, on lit l'Evangile en douze langues : en 1904, comme par hasard, on a supprimé une des douze langues, le roumain, sous le prétexte qu'on n'avait pas trouvé de prêtre sachant le parler. Dès avant cet incident, un autre du même genre avait mis à jour la mentalité du patriarcat. Une tradition veut que, dans les cérémonies, le patriarche soit assisté d'un représentant de la Russie et d'un représentant d'une autre puissance de rite grec, le premier tenant la droite, le second la gauche. Malgré les légitimes protestations de la Roumanie, de la Serbie et du Monténégro, c'est toujours un Grec qui est second assistant. Pourquoi? Pour manifester aux fidèles que patriarcat et panhellénisme sont une seule et même chose ; que les frontières de l'orthodoxie se confondent avec les prétentions de la Grèce.

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Ce jeu est facile à démasquer et nous refusons de nous y prêter. ^

» Je vous ai dit ce que nous demandions. Comme nous le devions, nous avons donné d'abord à nos revendications une forme religieuse et, très respectueusement , c'est au patriarche, chef religieux, que nous les avons présentées. Nous lui avons dit : « En admettant (( même, comme vous le prétendez, que nous soyons « une minorité, donnez-nous, en tant que minorité, les « droits qu'à Uskub, par exemple, possède la minorité « grecque. Permettez-nous de constituer des commu- « nautés, d'avoir nos prêtres, nos écoles. Votre oppo- « sition cessant, les populations de races différentes <( s'accommoderont volontiers. Les deux communautés (( voisineront sans conflits et sans incidents ». A cela vous savez la réponse : « 11 n'y a pas de Roumains en Macédoine. Donc pas de droits roumains à respecter. Contentez- vous, par conséquent, de l'organisation actuelle, toute aux Grecs, toute pour les Grecs, avec lesquels je vous confonds. » Telle est, dépouillée de ses artifices, la thèse du patriarche actuel. Je ne crois pas, à vrai dire, tant elle est abusive, qu elle puisse lui survivre. Mais le résultat présent est clair : c'est l'écrasement de notre cause.

» En présence de cette situation, nous avons pris une autre voie. Quittant le terrain religieux pour le terrain civil, nous nous sommes tournés vers l'autorité turque et nous lui avons dit : « Sujets ottomans, nous demandons, comme c'est notre droit,^ à être reconnus par vous en tant que communautés légales. Nous demandons à avoir nos maires {mouktars), nos représentants dans les conseils administratifs, conseils de cazas, conseils de sandjaks et conseils de vilayets. Nous demandons, en d'autres termes, à obtenir la capacité juridique

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en tant que nationalité, de même que, sur d'autres points, les Grecs sont autorisés sans aucune difficulté à constituer des communautés grecques à côté des communautés bulgares. Le jour où ce vœu sera entendu ; où, Valaques, nous aurons des représentants valaques qui nous défendront devant les autorités turques, qui suivront nos demandes de constructions religieuses et scolaires, au lieu de les « étouffer », comme font actuellement les évéques grecs qui sont censés nous représenter, alors, croyez-le bien, on finira par nous entendre Et le patriarcat cédera, bon gré mal gré. Car, si passionné soit-il, il n'a pas oublié comment s'est fondé Texarcat bulgare.

» Telles sont les revendications roumaines, dont la modération ne peut pas ne pas frapper l'Europe. Mon gouvernement croit de son devoir de les défendre. Et il ne s'en cache pas. On nous oppose une question préalable de définition et la négation de notre existence réelle comme nationalité. Au lieu de nier, qu'on prouve, en cessant de nous opprimer, que nous n'existons pas. L'épreuve est aisée. Nous nous y soumettrons de bonne grâce, mettant dans le droit commun le meilleur de nos espérances. »

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