C^EST UNE LOI
Gallicans et ultramontains sont tout ^u moins d^accord sur certaine primauté du Pape, et nul ne pourra jamais eflfacer le Tu es Petrus de l'Evangile. Eh bien! j'affirme que si Dieu a fondé renseignement de Pierre, cet enseignement ne saurait être sujet à Terreur. Je me base enfin sur ce Syllogisme qui me paraît éblouissant : « Une « chaire fondée par Dieu ne saurait être a faillible; or, la Chaire apostolique est « fondée par Dieu; donc, elle est infailli- « ble. » Si je crois à rinfaillibiUté, c'est que la logique me force d'y croire ; c'est que j'ai foi aux promesses de Dieu.
On a fait beaucoup de bruit de ce mot « personnel » appliqué à l'infaillibilité du Pape, et peut-être en effet ce mot prêtait-il à des interprétations exagérées, regrettables. On a dit, on a écrit qu'il faudrait ici-bas un miracle perpétuel pour produire cette infaillibiUté perpétuelle. Je ne comprends
guère cette peur du miracle en des àixies chrétiennes. Il j a des catholiques qui regardent le ciel avec des yeux terrifiés et qui ploient les épaules, comme si un miracle allait toujours leur tomber sur la tète. Dieu ne fait de miracles que pour sa gloire, notre salut éternel ou notre bien temporel ; et je ne discerue pas très-bien ce qu'il peut y avoir de très-effrayant ou de très- compromettant en tout cela. Quant à moi, j'aime la gloire de Dieu, j'aime aussi le salut et le bien de mes frères, et ne puis comprendi*e le langage de ceux qui me disent d'un air effaré : « Surtout, pas de surnaturel! »
Puis, que le Saint-Esprit descende sur le Pape ou bien sur le Concile, le 'prétendu prodige n'est-il pas le même ? N'ayons point de ces effrois mal fondés ; n'ayons pas pour Dieu de ces appréhensions qu'éprouvent certains fils à la vue de leur père qui dépense trop vite leur futur patrimoine.
Nous semblons, en vérité, craindre que Dieu n'épuise ses ressources, et, volontiers, nous lui conseillerions des économies. Mais d'ailleurs, et comme Dom Guéranger le dit
si bien, il ne s'agit point ici, à proprement parler, d'un miracle : « Le miracle est une dérogation à un ordre préétabli; mais l'infaillibilité dans le Pape et dans le Concile, ainsi que l'effet des Sacrements, a lieu en vertu des lois divines*. » Si donc je crois à l'Infaillibilité, c'est que, sans avoir peur des miracles qui consolent et réjouissent la pauvre humanité, j'y vois seulement l'accomplissement d'une des lois de mon Dieu ^.
IIL l'infaillibilité n'est pas contraire