Trad. deD. Guéranger, p. 181. — Labbe, VI
2, La Monarchie pontificale^ p. 183*
ment adressées à tous les Evêques du monde chrétien.
3® Le Pape, dans ces premiers temps, ne rend pas seulement des Décrets profondément universels ; il les impose encore à la foi de toute l'Église comme de véritables articles de foi.
4* Le Souverain Pontife, qui se réserve le droit de confirmer les Conciles œcuméniques et de leur conférer Fœcuménicité, traite en dehors de ces Assemblées générales les matières les. plus graves de la foi.
Il dresse le Catalogue des livres sacrés; il anathématise successivement toutes les hérésies ; il ne les défère pas au Concile œcuménique, il les condamne lui-même.
Parfois même, comme dans Vaffaire des Trois-Chapiires, le pape prononce après le Concile, dans le même sens que le Concile, mais de sa propre et spéciale autorité.
Il reste à savoir si, parlant du haut de sa Chaire sacrée, le Souverain Pontife « ne s'est pas quelquefois trompé* » Infaillible en droit, Fa-t-il été en fait? Telle est la question à laquelle nous allons répondre avec ûncérité,
voyant privé d^un compagnon de son malheur qu'il avait emmené avec lui, ce grand Pontife, cet ennemi intime, ç,et ennemi mortel de rArianisme auquel il porta de si rudes coups, finit un jour, au fond de son exil, en un moment d'accablement, par souscrire la première profession de foi de Sirmium et sépara de sa communion le glorieux Athanase. Tels sont les faits que nous ne voulons ni cacher, ni amoindrir.
Ils sont graves, mais par la grâce de Dieu, ils ne portent pas atteinte à Tinfaillibilité doctrinale des Souverains Pontifes.
Expliquons rapidement notre pensée.
Le pape Libère, quand il souscrivit cette formule, était-il en cet état de liberté complète que les catholiques réclament de leurs souverains pasteurs, alors qu ils parlent ex cathedra? Non, non, mille fois non. « C'est une vérité admise de tout le monde, dit avec raison dom Guéranger, que le Pape et le Concile œcuménique, pour rendre des décrets valables, ont besoin d'être à l'abri de la violence. » Tel n'était pas le cas de saint Libère. Qu'à la définition future de Tinfail-
HiLAiRE^ » Saint Hilaire ne sera-t-il pas un assez bon garant contre rArianisme? Ne s'y connaissait-il pas? Nous avons, quanta nous, relu cette formule. Elle commence par un Symbole où l'on dit de Jésus-Christ : « Credo in unigenitum Patris Filium^ Dominum nostrum Jesum Christum^ante omnia sœcula ex Pâtre genitum^ ex Deo, Lumen de Lumine^ per quem omnia facta sunt, tam i^isibilia quam inpisibilia, eumdemque P^erbum esse et Sapientiam^ Lucem peram et Vitam. »
Pourquoi nous montrerions-nous plus exigeants que le sévère et difficile Hilaire ? J'aimerais mieux, mille et mille fois, que le mot Consubstantialis se trouvât dans ce document ; j'aimerais mieux que Libère fût mort plutôt que de céder à la violence. Mais il est très-certain, en premier lieu, qu'il n'était pas véritablement libre, et, en second lieu, que la formule souscrite par lui n^est pas littéralement ni directement hérétique.
Son tort le plus grave fut la disgrâce dont il charg& saint Atfaanase. U fit mal,