‹ Questions du jour: l'infaillibilité devant la raison, la foi et l'histoireChapitre 42 sur 44 · Études des PP. Jésuites, n* 26, p · texte numérisé non relu

Études des PP. Jésuites, n* 26, p

mais Don pas le texte coadamné. Ils ont appelé tous les témoios à charge, mais n'ont pas fait entendre les témoins à déchaîne. Car il y en a, et ils sont en vérité très-dignes d'être entendus. Ce n'est pas ainsi que procède la Justice. Devant un tribunal français de nos jours, la question d'Honorius serait autrement vidée que dans les livres de nos adversaires. Je voudrais qu'un magistrat ât là-dessus un bon travail, et tirât ses conclusions.

Quant moi, je ne puis être plus sévère pour Honorius que Jean IV, son second successeur. Cet excellent Pape écrivit une Apologie pour le pape Honorius au sujet d'une seule volonté du Christ dont les calomniateurs voulaient qu'il eût fait mention. Il y dit fort clairement que son prédécesseur a cru, en répondant à Sergius, être interrogé sur les deux volontés qui

se combattent en nous : « C'est dans ce SENS qu'il a répondu. Il a seulement affirmé que dans le Sauveur ne subsistent pas deux volontés contraires comme en nous autres, pécheurs, » Et l'Apologiste ajoute : « Si quelques-uns ont soupçonné Honorius d'avoir enseigné une seule volonté, la chose

EST entièrement CONTRAIRE A LA VERITE, »

Je ne puis pas être plus sévère contre Honorius que son propre secrétaire, Jean Sympon, ni surtout que le saint martyr Maxime, dans sa « Discussion contre Pyrrhus, » tant de fois citée, et où Honorius

est COMPLETEMENT justifié *.

Possetseur de ces témoignages irrécusables en faveur d'un Pape accusé, possesseur des lettres mêmes qui forment le coi'ps du

1. Voici les paroles de saint Maxime, le grand adversaire de l'hérésie monothélite. « I^e même secrétaire, dit-il, qui avait écrit la lettre d'Honorius a écrit à Tempereur Constantin au nom du pape Jean : < Quand nous avons dit une volonté en Jésus-Christ, nous parlions non de sa divinité et de son humanité tout à la fois, mais de son humanité seulement. Car Sergius nous ayant écrit que quelques-uns admettaient dans Tàme deux volontés contraires, nous avons répondu que Jésus-Christ n'a-

nant prononcer, d'après les règles Les plus simples de la Critique, sur le sens exact du mot hœreticus appliqué à Honorius et sur la nature de sa culpabilité.

Dans une de nos mains, nous tenons les textes qui prouvent qu' Honorius n'a pasenseigné l'hérésie ; àaos l'autre, nous tenons l'auguste décret des Conciles qui dit : j^nathema Honorio kseretico. Nous en concluons TRBS-sciENTiFiQDEHENTqu'Aœreficuf ne signifiait pas seulement : « celui qui enseigne, mais aussi : <i celui qui favorise l'hérésie, n

D'une part nous avons les lettres d'Ho-

TBÏt pas, comme nous, defuii botb» picsÉ, deux Tolontéi coiTBAiTiEs, Celle de la chair et celle de l'e»< prit, tuais nneaeule qui caractémait ion hanuaité. > Daoj la lettre â Marin, saint Maxime s'écrie avec la même vigneur : < Je sois persuadé qu'Honorius n'» pas nté les deux Tolonlés natnrelles, mais qu'an con* traire il le« a établies : car il a excln BBursMSST la Tolonté chamelle et vicîeu*e. t Et ailleurs saint Maxime écrit encore : < Que n'a pas fait le dirin Honorius contre l'hérésie? > Ces textes sont trop

norius; de Tautre, nous possédons les condamnations des VP, VIP et VHP Conciles, avec celles de saint Léon II et du Liber diurnus.

Or, les lettres sont rigoureusement orthodoxes. Donc, Honorius n^a pas été condamné comme auteur d'une hérésie.

Mais ces mêmes lettres attestent une faiblesse et une négligence coupables ; et surtout elles constatent un refus de définition qui est une faute grave. Car, ce n'est pas là, comme on Fa dit, une simple et vénielle négligence. « Ne pas ouvrir la bouche quand le temps de parler est venu » a toujours passé dans l'Église pour une infraction capitale aux lois de Dieu.

C'est donc parce qu'Honorius s'est tu; c'est parce qu'il a fermé ses lèvres apostoliques ; c'est parce qu'il a suivi « le parti du silence proposé par Sergius;» c'est parce que « ce parti a permis à Terreur de se répandre et de s'affermir » que le sixième Concile Fa justement condamné : Quia in omnibus Sergii mentem secutus est et impia dogmata confirmaifit.

tiques; c est par la même raison que i^eon ii a dit de son prédécesseur: Il a laissé maculer la foi immaculée, et, ailleurs : // a fomenta rkérésie en la négligeant, et eufiD, dans sa confirmation du YI' Concile : Unes efforça pas de maintenir la pureté de cette Eglise «posiolique par l'enseignement de la tradition

des Apôtres , mais permit que cette foi sans tache fût souillée par une trahison profane.

Voilà, suivant nous, domme il faut scientifiquement interpréter les textes des condamnations précédentes; voilà pourquoi des lettres, orthodoxes en elles-mêmes, ont cependant mérité les anathèmes des Con-> ciles et des Papes; voilà comment Honorius n'a pas été condamné pour avoir enseigné l'hérésie, mais pour avoir négligé de la frapper en temps opportun. Qu'il ait en résumé commis une faute grave, c'est un fait bien démontré. Mais qu'il ait professe, qu'il ait défini l'eiTeur, c'est une opinion mille et mille fois contraire à la vérité.

Et maintenant, si l'on nous demande pourquoi Dieu a permis une telle condamnation, un tel scandale, nous répondrons avec Dom Guérangèr : « que le Concile a voulu donner une leçon aux pasteurs des âmes qui se laissent influencer, dans les questions de foi, par des considérations humaines et personnelles ^. » Faisant ainsi,

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