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Polvbe. XXV

-2. Idein, XXV, 9.

170 QUESTIONS UISTORIQUES.

alliés, nous sommes des esclaves qui plaident leurs intérêts devant leurs maîtres. Où est l'égalité entre vous et nous? Nous, nous n'avons de liberté que ce qu'on daifine nous en laisser; vous, vous êtes des maîtres. « El il termina par ce cri d'indépendance, ou plutôt de désespoir : « Nous vous respectons, Romains; et, si vous le voulez, nous vous craignons; mais nous res|)ectons et craiguons davantage les dieux immortels. » Ce discours n'enseigna rien à Ajipius, sinon peut-être que la réserve et la pudeur étaient désormais inutiles à garder. « Je conseille aux Achéens, répondit-il sèchement, de nous complaire libiement, tandis qu'ils le peuvent, de peur qu'ils ne le fassent bientôt malgré eux et pour y être forcés. » L'assemblée poussa un gémissement et obéit'.

Ainsi le parti de l'indépendance en était venu à ce point qu'il lui fallut recueillir tout son courage et toute sa force pour n'exhaler que des i-egrets. Il eût été mieux sans doute que ce parti, sage seize ans plus tôt, n'eût pas soutenu les Romains contre Philippe et ne les eût pas appelés contre Nabis. On ne pensait à réclamer la liberté que quand il était temps d'obéir ; on avait obéi cpiand on avait pu être libre.

L'ambition des Romains avait grandi en seize années, mais moins que ne le voulaient certains Gi'ccs. Le parti de l'obéissance prenait chaque jour de la hardiesse et des forces. Aristène avait été dépassé par Diophane; Diophane le fut bientôt par Callicrale.

Pour s'expliquer cette marche progressive de l'aristocratie achéenne, il faut songer (ju'il naquit alors et se forma, même en Achaïe, un parti démocratique. Ce parti, que nous verrons prendre si énergi(|uement le dessus trente ans plus tard, avec ses chefs Di;eus et Crilolaûs, commençait dès lors à s'élever et préparait ses forces. A mesure que l'aristocratie se crut plus menacée, elle devint plus violente et plus impérieuse, comme il est naturel. L'aristocratie fut alors une facliou qui s'éloigna de i)lus en plus de la sagesse d'Aratus, de Philopémen et de Lycortas.

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