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l'dlybe, VI, U et

tlémocralie et de monarchie la tempère. Cette pondération des pouvoirs, cette union des ])artis concourant tons an ^niuverncmeut de l'État, il l'a inutilement souhaitée à la Grèce, el il la trouve réalisée à Home. « On ne sail pas, dit-il, si le gouvernement est royauté, démocralic ou aristocratie. » Les consuls en effet sont maîtres absolus à l'armée, el ont le pouvoir exécutif dans la ville. Au sénat appartiennent les finances sans lesquelles on ne peut rien, les jugements qui lui soumettent les hautes têtes, et la direction des affaires extérieures qui lie sa l'orUine à la destinée et à la gloire de la patrie. Le peu[)le possède les élections qui mettent les patiiciens dans sa déi)endance, le droit de voter les lois, et le veto de ses tribuns. Le patricien a sa religion et ses auspices, sa gloire et ses triomphes ; le plébéien a ses suffrages et sa résistance passive. Polybe ne se demande pas si dans la réalité les pouvoirs sont aussi exactement balancés qu'ils le sont dans les lois. Mais ce qui le frappe surtout, c'est qu'au milieu d'une telle diversité d'in>litutions et de droits il règne un niihe parfait. Ces trois pouvoirs s'enchaînent, se contrôlent, se modèrent entre eux; tous contribuent à servir l'Etat. Chacun a tellement besoin des deux autres, el leur est aussi tellement nécessaire, qu'il ne semble pas que le désaccord puisse se glisser entre eux.

Pourtant ces deux factions inconciliables qui n'ont jamais cessé de diviser riiumanilé, se trouvent à Rome, comme partout, ennemies au fond du cœur et toujours disposées à se combattre. Le peuple est à Rome ce qu'il est en Grèce : les mêmes passions le travaillent, les mêmes besoins et les mêmes désirs le soulèvent; il a la même haine innée pour l'aristocratie. Il a combattu trois siècles pour enlever au patriciat sa puissance absolue; il a conquis pièce à pièce l'égalité des droits. Mais Polybe l'a vu dans un moment d'arrêt, alors qu'il a suspendu sa marche et s'est en quelque soi'te recueilli entre la conquête des droits et l'exercice du pouvoir.

C'est que le patriciat a montré une remarquable sagesse. Si souvent vaincu, il a accepté les enseignements de ses défaites. Il s'est humilié, transformé, corrigé pour régner encore. Ce n'est plus l'aristocratie rigide et tyrannique des Fabius, des

l'OLYIîK OU LA GRKCE CONOUISE PAR LES HUMAINS. 185

(Juiiiiliu5.ol des Chuulius, espèce de caste religieuse ([ui re[KHissail le |Hni|)le de foule espèce de coiumuuaulé. L'arislocialie iiiiuxcllc, à la lèle de la(|uelle se s(iu( |tlacés les Scipions, se luel au coiilraiie à la p(Ml{''e du |m'U|iIc, le Halte et affecte d(! lui devoir tout.

Les droits soul de\eiius éuaux enlic liiu>; Li -ciilc |i:ii-— ance li'-uale ol ccili' (lu Moinlii'i'. Le priiple iTcsl pa> sculcinciil libre, il e-l uiaîlie. Va pouilanl Taiistocratie aui'a l'adicsse d<' se faii'e dmiiier un pouvoir au uioiiis (''gai à celui ipi'elle possédait autrefois. Mais, au lieu de le devoir à la naissance et aux institutions, elle l'obtiendra du peuple lui-même.

Le premier Africain est IMiommc le plus populaire- de son leiii|is; non pas cpie, comme en Grèce, il eorrouipe le peuple et l'acbète par bassesse ou par larfi:esse : le dernier citoyen de Rome a encore trop de diguilc. Scipion fait mieux : il gagne les esprits et les imaginations : « 11 n'était pas plus admirable, dit Tite-Live, pour ses véritables qualités que pour l'art qu'il pos- •<rih\\ de les faire valoir'. » Chaque fois (pi'il avait à prendre une ri'sidulion, il montait au Capitole et s'y enferniail avec Jiipiler. Je ne sais si les vieux |>atriciens approuvaient Inrl eelte affectation. Mais Scipion voulait ([ue le |ieuple vit bien (|u'il s'eiilivtenait avec les dieux. 11 savait (pie l'erreui' du grand nombre est la plus grande puissance qu'il y ail sur la terre.

Contre la popularité de Scipion les anciennes lois ne peuvent tenir; les usages créés par lepalriciat n'ont plu<. de force. (Jue Scipion obtienne les magistratures avant l'âge, ou que dans sa vieillesse il traîne le peuple entier avec ses juges et ses accusateurs au (^apitoie, ce sont là des victoires qu'il remporte au uoui du iiciiple >ur l'ancicii palriciat.

Ce même Scipion est pourtant le chef de l'aristocratie ; il est l'auteur de la loi qui donne aux sénateurs des j)laces réservées au lliéàtre. Mais cette aristocratie excite à peini; quelipies murmures. Caton qui défend les vieux usages, tout plébéien (ju'il est, ne trouve que rarement l'iippiii ilu peuple.

Le peuple, satisfait que ce soit à lui (pi'on >'ailressepourobte-

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