Poljbe, VJ
2. Idem. XVUI, 18; XXXI, -Ji; XXXII, Il ; XXW. i. 5. Idem, M, 1 ï el 18.
188 QUESTIONS UISTORIQUES.
A mesure que Polybe couuul mieux celle cunstilnliim el l'admira davantage, il dul s'effrayer moins d'une (ioininalinn qui pouvait la l'aire parlaij^er à sa patrie.
De même que c'est cette constitution ijui l'a gagné à Rome, c'est à elle aussi qu'il attribue la conquête du monde. Voulant s'expliquer ce grand événement, il ne s'arrête pas aux causes secondaires. Non pas qu'il ne les voie aussi bien qu'on les a vues après lui ; cà et là il remarque l'habileté du sénat à diviser ses ennemis, son art de se concilier partout des partisans, son adresse à dissoudre les ligues, son peu de scrupule dans ses rapports avec les étrangers. Il voit tout cela, mais en passant. Ce sont petites finesses qui n'ont pas contribué pour beaucoup à l'œuvre de Rome, et dont il semble qu'elle aurait pu se passer.
Polybe explique tout par les institutions : leur faiblesse fait la faiblesse de la Grèce et de Carlhage; leur force fait la force de Rome.
« Le caractère de la constitution romaine, dit-il, a permis à Rome de soumettre l'Italie, la Sicile, l'Espagne, et d'entreprendre, Carthage vaincue, la domination universelle'. » La place môme qu'il choisit pour nous expli(juer le gouvernement de Rome, nous montre que c'est à cette constitution que Rome a dû de triompher d'Annibal. Au milieu du récit de la guerre punique et au moment de la crise, il s'interrompt et suspend en quelque sorte le combat, pour faire intervenir ce qui doit décider la victoire.
Mais comment devons-nous entendre que la constitution de Rome lui a donné l'empire? C'est que dans le monde entier et pour tous les esprits la grande question était une (]uestion d'institutions. L'aristocratie mil Rome à sa tête, parce que Rome était la ville qui lui semblait la mieux gouvernée, et qui lui inspirait le plus de confiance. Soixante ans plus lard, l'aristocralie romaine menacée dans sa patrie n'aurait pas offert assez de sécurité aux aristocraties étrangères pour qu'elles voulussent se grouper autour d'elle. Et de même, un siècle plus tôt,