Polvlie, XXXn
l'dLVBE OU LA GRÈCE CONQUISE PAR LES ROMAINS. 191
CHssioz-vous exigé de lui ili\ caillions, dix sii;naliiros el viugl léimiiiis, il faul croire encore i|u'il manquera à sa [Kircile. Chez le- liouiains un magislral manie les linanees |)ulpli(|ues sans i|u'il l'aille aulro cliose qu'un sennenl pour lui l'aire observer MiM devoir'. »
Le Romain est [daideur, usurier, mai Ire (rnc!. eriNineier sans pitié, père despote; mais il est bon citoyen. Ses vertus et ses vices tournent au profit de la patrie, il est souvent de mauvaise foi, mais jamais contre l'Klal.
Le Romain a un assez faible -entinienl de la jusiiee.un sentiment très fort de la légalité. Il sait assez peu les devoirs généraux de l'homme quand ils ne sont écrits ([ue dans la conscience; mais il a un respect pieux pour la lettre même de ce que l'Étal a établi.
Il en coûtait peu à un Romain de violer un serment, à moins que ce serment n'eût été juèté à la patrie, l/bomme qui avait d'abord refusé de s'enrôler devenait un soldat docile el brave dès qu'il avait juré de l'être.
Le respect que l'on avait jmur l'Etal el l'idée de la grandeuide la nation inspiraient à chaque citoyen dans la vie |»ubli(|ue un vif sentiment de sa dignité et de son devoir. Jamais un Romain devant un étranger ne laisse paraître ni bassesse, ni cupidité, ni crainte. Scipion renvoie une jeune lille à son fiancé, pour se donner le droit de dire que Rome possède beaucoup de citoyens qui lui ressemblent*.
Ce même respect pour l'Etat inspire aux particuliers une confiance sans bornes en lui. Ce qu'on ne voit jamais à Rome, c'est le découragement. L'État manquait d'argenl après la bataille de Cannes; les particuliers osèrent armer une flotte à leurs frais, et firent enregistrer leurs déboursés, sûrs (ju'ils étaient de rentrer dans leurs avances'. Ce n'est pas là du diAouement, mais c'est de la confiance, la{|iiclle c-l une vertu chez les peuples. Cette ciniliance ne venait pas de la légèreté ou de la présomption; elle était un ell'el du calcul. Un