Pausanias, VI
POLYBE 01 LA GIIKCE CONOLISE l'Ait LES ROMAINS. 203
Aussi n'a-l-il |kis dans celle guerre les hésilalioiis qu'il a luontrées dans la gucno ilo l'orséc. Il condamne cruellemcnl rinsiii-ivclioii. « Je vais racnnier, dil-il, la consomnialioii des malheurs de la Grèce; elle a souvent éprouvé des ealamilés, mais jamais d'égales à celles donl nous avons alors élé témoin. Le coup qui frappa Carthage fut moins terrible. (>arthage du moins ne survécut pas à son malheur et à sa honte. Carthage a laissé une petite place pour sa justihcalion aux yeux de la postérité. La Grèce ne nous fournil pas le plus léger prétexte pour excuser s^es fautes'. » Ailleuis, il parle de la folie des Grecs: ailleurs encore, il ai)|ielle celle lutte injuste et sacrilège. Uome lui scmhie modérée loi'squ'elle envoie son amhassadeur pour ilélachei' de la ligne Sparte, Corinthe, Argos, (tiçhoniènc et Héraclée, et il s'étonne que les Grecs aient assez pcnlu le sens « pour accepter de la main gauche ce que Uome ollVail de la main droite». 11 nous peint des plus noires couleuis la Grèce en délire : ceux-ci s'éloignanl des villes et courant \;h et là sans but, par horreur pour les excès commis dans leurs murailles; ceux-là se donnant la nioil |ioui' échajipor au spectacle de tant de maux; les uns dénonçanl aux lioniains leui's parents et leurs amis, les autres se dénonçant cux-mènies; les hommes saisis de délire se précipitant dans les jiuits tiu du haut de leurs maisons ; quelques villes restant désertes, el, pour comble de douleur, les Grecs ne pouvant inipuler ces calamités qu'à leur propre folie'.
Ce n'est pas absence de patriotisme chczPohi"' : il aimait encore son pays el était coinaincu qu'il le servait. Mais il ne pouvait admettre que la démocratie pùl faire le bonheur de la Grèce. Dans cette lutte il ne voyait ])as en présence la liberté el la sujétion, mais la démocratie et l'aristocratie ; entre elles il n'hésilail pas. Il croyait faire beaucoup en ne prenant y.i^ les armes contre le ])arti de Crilolaiis, en n'implorant pas les vengeances de Rome. <.< Il était d'un bon citoyiîu, dit-il. de servii- la (irèce en cherchant à l'excuser, en voilant ses fautes.