CHAPITRE PREMIER
L'ile de Chio. — Géographie physique. — Productions '.
L'île (le Chio est siUiéeen face de la presqu'île que les Turcs ;ij)|iellfiil Kara-BounioH. cl i|ut' les anciens nommaient pres- (|u'ilc (l'Éryllirées. Elle en est séparée par un canal qui n'a, en movcnni', que deux lieues de large. Les îles Spaluiadores (anciennes (Enusses) l'en rapjjroclient encore, el ressemlilenl aux piles (i"iin ponl que la nalure aurait \(iuhi jelci' entre elle et le continent. Par sa situation, par son climat, par ses productions, |)ar sa cunqiosition fréologique, Cliiti aiijiartieiit à l'Asie Mineure.
Du haut (lu picSaint-llélie, (pii s'éleM- dans la partie septentrionale, vous pouvez embrasser du regard toute l'île étendue à vos pieds et en suivre les cmitours. Elle est jihis longue que lai'ge ; sa côte occidentale décrit une profonde courljuie, qui ne laisse à l'île, au centre, que douze ou treize kilomètres de largeur. Sa plus grande longueur, du sud au nmil. du cap Mastic au ca|i .\|iani)niéra, est de 4a kilomètres; sa superficie peut être évaluée à SlU kilomètres ou 51 lieues carrées.
Homère appelle Chio l'île montagneuse, l'île abrupte, Xîo;
1. [Cf. la carie dr Tfsleviiidi,-, Ile de Chio, 1S80. Maiseillc, et la cailc spwiale ilWsie Minciiio de Kirpoil, an 250000". — Sur la (lcseri|iliiiii do l'île, voir To-o- Yfasiï tt;; vr|TOj \'0j, |iiil)liée à (^liio en 1806; le petit f;nide de M. Mugéris. 'Il VTJio; \io;. Conslantinnpic, 188!) ; dans \c Speclnleui- d'Orient, 1855-185G, Coup d'inl sur l'ile de Chio; dans la Revue <le.s Deux Mondes, t. Ll, L'Ile de Chio de M. Henry lliuissayc; le voyafie dans l'Ile de Chio du D' Tcstevuidc dans le Tour du Monde de 1878; Die Insel Chio du II' l'auli dans les Miilheilungen de la Société ^'éograpliiqiic de llambour;,' de 1880-1881. Voyez encore sur Chio les Geologitche Deobachlungen de Tellcr, Vienne, 1880, elle Griccliisclie Reise de Krumbachcr. Vienne. 1886.1
'21G QUESTIONS IlISTOIlinUES.
TranTaloECTO'. Une chaîne de monlagnesla traverse en effetdans lonte sa longneur el en rorme (•(ininic r(''|iinc (lur-nle; elle ii'n gutM'e qne 1800 pieds de hauleni' moyenne, mais le nionl Sainl-Hélic, (|ui la termine au nord, atteint facilement au double. De cette chaîne partent des ramifications en nombre infini, (jui se dirigent de l'est à l'ouest el aboulissml à la mer. Le voyageur ne fait pres(jue que franchir des montagnes et des vallées et ne trouve dans l'île entière que trois plaines, l'une (jui entoure la ville, une autre au noi'd entre le village de Cardamyle et la mer, une troisième au midi piès du port de Catophana. Ce qui compose les montagnes de l'île, connue celles du continent voisin, c'est le plus souvent un marbre bleuâtre à gros cristaux. On trouve aussi parfois des couches d'un marbre veiné, rose et rouge, et d'une fort belle coloiation. C'est probablement ce marbre que Théophraste comparait à ceux de Parus et du Pentélique, et que vantaient Strabou et Pline". On en voit, encore les carrières à Livadie, petit village situé à deux kilomètres delà ville; elles ne sont plus exploitées; les ruines de la ville détruite en I8'2'"2 tourniront longtemps encore assez de matériaux pour dispenser les habilanls de creuser des carrières.
L'île possède plusieurs bons ports. I,ors(|u'(in part de la ville, en s'avançant vers le nord, on rencontre d'abord une suite de petites baies qui ofl'rent un abri sur aux navires d'un faible tonnage. La rade de Kolokythia, que les Italiens appellent Porto Fino, présente trois jiorts, tous les trois profonds et bien abrités contre les vents. Au nord-est, la baie de Cardamyle forme deux ports, dont l'un, celui de l'est, peut recevoir de très gros navires. Sur la côte occidentale sont quatre ports : ceux de Yolisso, d'Aluntha, de Lithi et de Mesia; ce dernier, que l'on appelle aussi Pacha-Limani ou Port du Pacha, est assez pro-
1. "II ■AT.QjTzîpBt X''o'.o vsoî'iAsOa ;:airaWaaTi;. Uomore, Odyssée, III. v. 170. — \'.M V/'. TzanzoXohTTi. Hijmnus ad Apollinem, v. 172.
2. A'.wvoaa3ij.Eva'. ÀiOoTou.!»'. flapitov Ts zaï IIevtsXixûv xa'i Xiwv (Théophrastc, risf't >.;0(uv, [I, 6], édit. Schneider, l. I, p. 687). — AaT6;j.iov uaoïjLi.^Oj Xifio-j... v/ X'to (Strabon. XIV, 55, édit. Casaubon, p. 645). — Marmor Chiiiui (Pline, Histoire iwUircUc. XXWT, -16 [V, 156]).