MÉMOIRE SIR LII.R DE CUIO
riches de tous les Grecs'. La conquête d'Alexandre, en créant l'union de l'Asie et de l'Europe, rendit les relations commerciali"< plus faciles. In jour. Alcxaniln' écrivit une lettre aux hahilauls de Cliio pour leur couimaiulcr une ^^rande (|uaMlilé d'étoiles de pourpre'. De deux choses l'une : il s'adressait aux Chioles ou comme commerçants ou comnif mMimracluricis; nu Chio était un des i-nirepôls de ce conunerce, ou elle ral)ri(|uait elle-même ces éudles. Sa prospérité n'avait ])as diminué au temps de Mithridate, puisqu'elle fut alors en étal de payer une somme équivalente à douze millions de notre monnaie'. Les Ilomains n'étaient pas comnierranls : ils laissèrent aux Grecs liuil le commerce de l'Empire.
A la vue de la |)n)spérité d'une ville antique, nous devons toujours nous dire : si le commerce est si actif, si l'industrie est florissante, si la terre même est labourée, si les hommes libres ont le temps de gouverner l'Etat, s'ils ont le loisir de cultiver les arts, la poésie et la science, c'est à l'esclavage (ju'ils le doivent.
La loixe lit les premiers esclaves, puis la richesse les acquit. La tradition n'|ir()cliail au j)euple de Chio d'avoir le premier fait ce commerce'. Jusque-là l'esclave était prisonnier de guerre, et le maître avait au moins cette justification de croire ([u'il aurait pu détruire cette existence qu'il juéférait mettre à son service. Acheter et vendre des hommes fut un progrès de l'esclavage. La tradition ajoutait que Chio encourut la colère des dieux.
Il est certain (pi'au v' siècle avant J.-C. le nombre des esclaves y était considérable, et qu'aucune ville grecque, Lacédémonc exceptée, n'en possédait autant". Leur traitement était rigoureux en proportion de leur nombre même. Aus^i jamais aucune ville, si ce n'est encore Lacédémone, n'eut davantage à les redouter. Leur multitude et leur haine furent plus d'une fois