‹ Questions historiquesChapitre 163 sur 258 · Tliucvdide. Vm · texte numérisé non relu

Tliucvdide. Vm

l'alales à l'ElaC Un ennemi nV'ul (juà |iarailrc pour les soulever, el l'iiii (lui souvent s'apercevoir à Chio que les esclaves, (lès qu'ils sont nombreux et (ju'ils savent leur nombre, sont eux-mêmes des maîtres dont on dépend. Aussi le proverbe disait-il : « Le Chiote s'est acheté un maître*. »

A une épo({ue inconnue, Chio vil uni' révolte d'esclaves dont le récit ressemble assez à un roman moral, imaginé tout exprès pour inspirer au maître plus de justice et à l'esclave plus de patience. Des esclaves échappés se réunissent dans la montagne; à jieine affranchis, ils se donnent un nouveau maître, un certain Drimacus, qui les commande à son ])laisir : grande leçon pour les esclaves, chez qui la haine du maître est plus forte (pie l'amour de la liberté, hes Chiotes j)rennent les armes, livrent plus d'une bataille, toujours sans succès. Les deux partis font alors un traité : tout esclave échappé exposera à Drimacus les raisons de sa fuite; a-t-il été maltraité, il est libre; ses réclamations sont-elles injustes, il est rendu à son maître. Les esclaves de Drimacus se nourriront aux frais des Chiotes; mais ils ne prendront ([ue le nécessaire, et c'est encore Drimacus qui en est juge; c'est lui qui taxe le maître el qui dit <"i l'esclave : « Tu ne prendras pas au delà. » Voilà donc Drimacus arbitre absolu entre le maître et l'esclave, également redouté et haï de l'un et de l'autre, leur maître à tous les deux. L'esclave qu'il a affranchi est-il plus heureux? Loin de là ; il a trouvé un maître plus dur que son premier maître : avec Drimacus, plus de champs à pillei-, plus de gains à faire, et surtout plus de plaintes à exprimer, puisqu'on est censé être libre. Les maîtres n'ont pas moins à souffrir : tout travail est interrompu, tout commei'ce détruit. La légende ne pouvait finir sur une telle crise. Les Chiotes se débarrassent de Drimacus, (jui fait d'ailleurs une lin héroïque et romanesque. Sa tète est mise à prix; il appelle le jeune homme qu'il aime : « Je suis vieux, lui dit-il, et toi, tu peux être heureux longtemps; porte ma tète aux Chiotes, et reçois la récompense promise. » Jx

1. Tliucydiiie, Vllt. 10. Pliitiiique, Vertus des femmes, 5. Vohcn, Slratagèmes,

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