Plutarqiie, Vertus des femmes, c
272 QIKSTIONS HISTORIQUES.
inilc des citoyens, lu Imidicsse de leur aviii et la facile satisfaction dont les dieux se conlenlent, nous pei-melleul de croire que la royauté ne fui ni ventrée ni rétablie'.
L'aristocratie, qui la remplaça, a «rouverné Chio pendant la plus grande pailic i\f -nii hi~liiiiv. 11 est digne de remarque que les factions contraires ne sont nées dans l'ile et n'y ont suscité de troubles que sous l'influence de l'étranger. Elle n'a eu de tvrans que sous les Perses, d'agitations populaires que sous les Athéniens. Tant qu'elle fut libre, elle paraît avoir eu une égale haine pour le pouvoir de tous et pour celui d'un seul. Vne ville qui n'a presque pas de marins, peu d'ouvriers, et 011 l'on est surtout comnier(,'ant, où tout le monde est occupé, où la richesse circule abondamment, une telle ville est forcément destinée à l'aristocratie. Thucydide, qui aime ce régime, vante la sagesse du gouvernement de Chio% qu'il compare à celui de Lacédémone. Cette cité ne fut jamais organisée pour la démocratie : je ne vois pas dans toute son histoire une assemblée du peuple, une' place publique, une tribune ; je ne vois pas un décret qui émane d'un pouvoir populaire. Ceux que les inscriptions nous ont conservés sont tous rendus par un sénat qui prend les noms divers de ^o'Ari, ^rpïTouTi-z-ôv ou ytp-jnix; le mot Sr.y.'j;. qui s'y trouve aussi, signifie plutôt la cité ou l'État qu'une fraction du peuple. L'amour des Chiotes pour la richesse leur a toujours fait respecter l'aristocratie qu'elle crée; à Chio, le peuple est moins remuant qu'ailleurs, parce qu'il calcule mieux ses intérêts et que le riche est jikis habile. Le régime aristocratique, qui a soulevé tant de luttes en Grèce, a trouvé à Chio l'appui des mœurs; momentanément aboli par la domination athénienne, il n'a pas tardé à reparaître. 11 s'est perpétué jusqu'à nos jours dans l'esprit de la population, et il suflît d'avoir vu l'Ile actuelle pour se convaincre que le respect de l'oligarchie est dans le sang.
Ce gouvernement, qui est peut-être le plus favorable pour le commerce, donna la prospérité à Chio. Si elle ne mérita pas,
i. [La ro\aulé ne fut inainteniio à Cliio que comme piotrise. Haussoulliei", Revue des études yrecques, 1891, p. 212; cf. Cilé Antique. IV, 5, 5.] 2. Thucydide, VUI, 2-i.
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comme Milcl, Ir liliv (l'iirni'iiifiil de l'Idiiic'. ilii moins devintelle une ile-i plus lielie- elles île la (iivco. Tlineyilide vanlc l'opulenctî qnu les générations y avaient accumulée'. L'immense flotte qu'elle envoya comhallre à l.aila contre les Perses, témoijine de sa richesse au moins autant ([ue de son courage. Nous avons vu l'éti'udue de son commerce, nous verrons plus loin !"('(lal de sa iillt'ralure et de ses arts.
Depuis le temps de ses rois, Chio faisait partie du corps ionien. Ouelle était la nature de ces relations? Lorsque l'oracle dont parle Pausanias' ordonna au roi de l'île, Hector, de se joindre aux Ioniens, il ne lui dit jias de ddiliérer avec eux, mais de sacrifier avec eux, «j'jvflv-iv Iw'î'.v û; to IIxv.côviov. El comment se manifeste l'entrée des (jhiotes dans la communauté ionienne".' l'ar le don d'un tré])ied décerné à leur roi; or un lré])ied fut toujours le prix d'une vicluiiv rempdili'iï dans des jeii\. Ainsi des sacrifices et des fêles, voilà loul ci; qu'Hector allait trouver au Panioninin, el ses sujets apiès lui. Le PaniiDilnm ne fut jamais le lieu de réunion d'un conseil fédéral; ('l'Iail nn lieu sacri', cumine Olympie, un /wio; hpôç, comme dil IL'idddle ■ : \inv sdcid rc(jii). cnuwwf l'iippelle l'omponius Mêla''. 11 n'y avait pas même de ville en eel endruit : c'était, dil Diodore", un ïpr.y.o; to-o;. Là était un lenqile également vénéré des douze villes ioniennes, et dans leiptel toutes étaient admises à sacrifier. Il élail consacré à Neptune Iléliconien ou llélicéen, c'esl-à-dii'c à la j^i-ande divinilé d'Hélice en Acliaïe. Les Priéniens élaienl orij^ilnaires de celte ville; c'élait précisément sur leur territoire que le lein[)le élait consli'uil, el c'élaienl eux i|Ui nummaieul l'inlendaiil du eulle, tov [iy.';'.- ■Xta Tov Tôiv issciv ÉTTtjAEATiou.Evov '. La fèlc ((ui s'y célébrait était essentiellement relifrieuse. et n'avait quel(|ue caractère national que |iaiTe que les haliitanls des douze villes y étaient seuls