Iléi-odolo, IV
il emmena des Ioniens, cl Icurcoiilia l;i ^aidc du |miiiI ilr l'l--lcr pour assurer une reiraile dry.i |)r(''vue. il leui' était facile alors (le s'affranchir el de se venuer; nulle fiuerre à soulciiir. nul danger à courir; les armes des Scythes, la faim, la falii;ueel les éléments devaient exterminer l'armée de Darius, et ne laissaient aux Ioniens que le soin de rompre le pont. Bien des tètes durent y songer, car le Grec est l'homme du monde qui, en flattant le plus ses maîtres, les déteste le plus. Miltiade, tyran de la Chersonèse, proposa de reconquérir la liherté; mais à peine avaitil parlé, qu'Histiée de Milet, Strattis de Chio elles autres tyrans se récrièrent. Ne voyait-il donc pas que cette sujétion était la source de leur autorité'.' Ignorail-il qu'une fois libres les villes chasseraient les tyrans'.' Aimait-il mieux régner en obéissant aux Perses ou vivre sans pouvoir dans une patrie libre'.' Pour ces raisons les Grecs restèrent assujettis'.
Cependant ce furent ces mêmes tyrans qui donnèrent le signal de la révolte. Un tyran de Milel avait obtenu du satrape de Lydie une flotte de deux cents vaisseaux pour porter la guerre àNaxos; l'expédition ayant échoué par sa faute, il comprend qu'on va lui réclamer les frais de la guerre, qu'il sera accusé auprès du roi, et (jue sa tyrannie est compromise. Il se révolte pour sortir d'embarras'. Un autre tyran a été emmené à Suse comme conseiller ou confident de Darius, pour récompense d'avoir trahi les Grecs ; la servitude, vue de trop près, lui lépugne, et il regrette sa tyrannie presque indépendante. Retenu à Suse par la faveur despotique du roi, il n'imagine d'autre moyen de revoir l'ionlcque d'y susciter des troubles; il fomente une révolte pour avoir à la réprimera
Mais, pour entraîner Chio dans l'insurrection, il faut abaisser son parti royaliste et relever son aristocratie. Ainsi fait Aristagoras : Strattis est renversé du pouvoir, Chio rétablit son ancien gouvernement avec des magistrats nommés stratè- •ntre résolument dans la lutte, et autant sa
ges'. Dès lors elle