‹ Questions historiquesChapitre 178 sur 258 · Idem'. VI. 8.T; III · texte numérisé non relu

Idem'. VI. 8.T; III

288 OIJESTIO.NS IIISTiUilQliES.

comiiu'iil elle sut (lissiiniilcr pciidaiil (|iiai;Hilc ;ins ses affcclioiis ol ses anlipalhies. l'ius siv^v (|iic ct'llcs de Saiiios et de iMitylène, elle sut ôter à Athènes toute occasion d'inlervention ouverte, tout prétexte pour changer son gouveinenienl. Elle rejeta toute idée de révolte, et ne se défendit (]ue par son extrême docilité, l.es ordres, les désirs d'Athènes furent toujours satisfaits et souvent prévenus. La flotte de Chio suivit les Athéniens partout où ils voulurent la conduire, contre Samos, contre Corinthe, contre Sparte, c'est-à-dire contre l'olijiarcliie même'. Elle envoyait des offrandes à la Minerve du Parthénon. Elle courtisait les citoyens puissants, elle avait discerné l'influence naissante du jeune Alcihiade, elle nourrissait ses chevaux olympiques, se préparant en lui pour l'avenir un prolecteur et un avocat auprès du peuple athénien". Elle était l'alliée la plus empressée d'Athènes, (|ui lui rendait justice et ne s'étonnait que de son excès de zèle. « La bonne ville que celle de Chio! disait un comique au théâtre de Hacchns'; vaisseaux de guerre, hoplites, tout ce <|ue vous lui demandez, elle vous l'envoie; c'est un cheval (jui n'a pas besoin d'aiguillon. » Un autre jour, le peuple assistait à la représentation des Oiseaux (l'Aristoj)hane; le chœur, parodiant une prière, disait : « 0 dieux, accordez salut et piospéi'ité à la ville des oiseaux et à celle des Chiotesl » Et Pisthétérus répondait : « J'aime à voir les Chiotes partout'. » C'est qu'en effet, dans les sacrifices publics des Athéniens, l'usage était d'implorer la faveur des dieux à la fois pour Athènes et pour Chio ^ Chio en était venue à ce point par une docilité qui embarrassait peut-être Athènes. L'an 425, pendant la guerre du Péloponèse, les Chiotes voulurent par précaution fortifier leur ville. Athènes s'émut et ordonna de démolir l'ouvrage déjà fait; ils abattirent leurs murailles". L'aristocratie redoublait de soumission pour cacher sa haine, et ne laissait voir qu'aux Spartiates qu'elle obéissait

1. IlioiloiT, \1, 00. ['liihin|ii(\ Ciinoii. l'2. Tliucy(li<lc, I. l'J. Ilimloro, \IV. 27.

'i. Philarque. Vie d'Alcibiiidc. c. l'J.

3. Kupolis, cité par le sclioliiistc il'.\ristoph;ino, Oiseau.r, v. 881.

Page 1