‹ Questions historiquesChapitre 19 sur 258 · P.nf;cs C. 8i et · texte numérisé non relu

P.nf;cs C. 8i et

2. On .1 allr^'uo Tile-Livc; or, si l'on ;iv:iil coinmoncr pr liif Tilo-Live. on .nurait vu que chaque fois qu"il veut parler de terre |>ul)lii|ue. il dit ager piiblicus et non pas ager tout court; 11. -il : Agrtim puhlicum possicicri a privatis criininabalur; II, (il : Posscssores publici agri; IV, 5(> : Agri puhlici; IV. 51 : Possetso per injurinm agro pnblico: IV. 55 : Poixcssione agri publia cédèrent: VI. 5 : In posicssioneni agri publici grassari, etc. (Ju'il lui arrive, dans une niéuie phrase où il a éciil ager publicux, d'écrire ensuite ager sans lépéler répiihéte, cela est Tort naturel. Qu'il disi- ailleui-s : Triumvirum agro dando, ou de agris dividendis plcbi, il n'a pas liesoin d'écrire ici l'épilhête qui se sous-entend uianifestenient. — .\n chapitre ."5 du livre VI, il mentionne la loi Licinia de modo agroruin, c'est-à-dire sur la mesure maxima des propriétés rurales. On a supposé qu'il s'était trompé et qu'il avait voulu parler de Vager publicus: mais cela est fort douteux; Vanon. De Ue ruslicn. I, 2. et Cidumelle, I, 5, comprennent cette loi comme Tile-Live; ils y voient une loi limiliitive de la propriété en jrênéi-d. Je ne puis donc adhérer à l'opinion de M. d'Arbois de Jubainville qui comprend de modo agroruin comme s'il y avait de modo agri publici ; il faut traduire mot à mot et ne pas faire de contresens.

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et pourtanl le mol ager rcviciil fr('M|ii('mment diiiis leurs ouvrages. Chaque ibis il désigne une iiropriélé privée. On achète un aijer; le propriétaire fiiit la luslralidu de son at/cr, c'est-à-dire parcourt les limites de sa propriété. Columelle parle sans cesse de Vager comme de la propriété d'un homme qu'il appelle doniinus. Plus de trente exemples dans Cicéron montrent la différence qu'il faisait entie un arjcr ([ui était la propriété d'un citoyen, et Var/er publiciis qui était la propriété de l'Etal. Même les lois agraires, dont le véritahle objet était de transformer un ager publicus en un ager privatus, faisaient très nettement la distinction'.

Il n'est donc nullement vrai ipie le mol ager ail signifié à lui seul une terre publique, une terre commune, ni (|u'il ait eu un sens analogue au mot mari;. Tout au contraire, un jurisconsulte romain dit expressément que l'idée qui domine dans le mot ager est l'idée de pleine propriété'.

En effet, ce qu'un Romain appelle ager était fort souvent ce que nous appelons un domaine. Dans (^aton, par exemple. l'ager n'est pas un simple champ; c'est un domaine de 100. de l'20, de '240 arjtents, qui est cultivé par dix, par dou/.i'. par seize esclaves. Columelle montre, comme une chose assez fréquente, qu'un ager soit si étendu que le propriétaire doive le partager pour la culture entre plusieurs groupes d'esclaves. Ager et fundus sont deux termes synonymes; et ils désignent l'un comme l'autre une exploitation rurale'. Pline, dans ses

t. Vovoz la Lex dicta Tlioria, m Corpus iriscriptionum Inliniinim, I, p. 7'J . Qui aycr publicus populi romaui fuit... aijer privatus esio, ejusquc aijri empliii venditio uti celcrorum agrorum privatorum eslo. — Cf. Caton, De Re rustica, lit.

2. Javoléniis. au Digrslo, L. I(i, ll.j : Possessio ab aijro juris proprielale dislat; quidquiJ enim a<lprchcndimus cujus prnprietas ad nus non pertind, hoc posscssionem appellainus; possessio erçjo usus, ayer proprietas loci est. Romiirqiipz que celle idée de pnipriété se Irouve raèuie dans l'expressien atier publicns. qui ne sii^nifie nullement lerre commune; elle signilie propriété de 1 Etal, domaine jiuhlie. Si Maurec et ses disciples allemands ou français avaient un peu mieux connu la lan;;iie latine et les inslilulioiis lomaines. ils n'auraient jamais confondu Vayer publicus avec Vallmende.

5. Caton, i et 10. — Sur la syniiiiym'e des deux mots, voir Varron, De lie rustien, I, 4, où lous les deux sont employés pour désigner la même chose; voir un autre exem|de, ibidem, lit, 2. De même dans Columelle. I, 2 et I, 4, pages 27 et 53 de l'édition Lipontinc.

OIUCI.NES IIE I.A rilUl'IilLn': FoNCIKHI'. 25

I.ollivs, iwilf lie SOS (tt/ri: chacun d'eux esl une gramle propriété, (ju'il alleruie ou (ju'il lait cultiver par de noinlireux esclaves; el chaque arjer contient, d'après sa description, des terres arables, des prés, des vignes, des bois. I-c jurisconsulte l'aul emploie les deux mots agcr el fundnx pour (lési<iner un ménieil(Mnaine'. In autre jurisconsulle dit lni-meileincnl (|u'on désigne par le mol ikjit toutes les terres d'un iloiuaine '. jjiliii, si l'on avait quelque doute, on n'aurait (ju'à regarder, au Digeste, le ])assa^e d'I Ipien qui montre sous (|uelle formule les propriétés étaient inscrites sur les registres du cens. On y verrait (juc ces propriétés sont appelées agri, et que chacune d'elle^ comprend « des terres en labour, des vignes, des prés et des forêts" ».

C'est à tout cela qu'il fallait songer ^i l'on voulait savoir quelle idée Tacite attachait au mol ogri. Car Tacite parlait évidemment la langue des Romains de son ienips. Supposer qu'il attribue à ce mot le sens de terre publique qu'il n'a jamais eu, et même l'idée de terre commune qui n'enlia jamais dans l'esprit d'un Romain, c'est de la pure fantaisie. Oi" Maurei' et ses disciples sont partis de ce premier contresens pour interpréter à faux tout le chapitre !2(j de la Germanie'.

Après Tacite, nous avons le^ monuments du droit gernia-

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