Suétone. Vie de Vespasien
'.'. Pline, Histoire naturelle, V, .">l (.î8), l.jfi,
ô. Atc'ÀjTî \'.'n; -X -ib; zo'j; Kïtiapo; èntTcônoj; y^j]^x-x (Josi'phe, Antiquités juilaiques. XVI, 2, 2).
i. Tacite, Annales, \V, 55.
ôOtt QUESTIONS HISTORIQUES.
Les empereurs voulaiciil liicii [icrmettrc à (|iiel{jues-uns île se dire libres, mais non pas rcndiuci-à k-iirs droils iiliJcs snreiix'.
Soumise ainsi, t{uant au tribut, au procurateur impérial, Chio relevait du proconsul d'Asie en matière d'appel ; le procès dont nous venons de parler en est la prouve.
Cicéron nous apprend lui-même le vrai sens de ce <pii s'appelait en latin libertan et en grec a''jTovo7.îa. Pendant son proconsulat de Cilicie, il écrit à Atticus qu'il a laissé aux Grecs ce que ceux-ci regardent comme la liberté, c'est-à-dire le droit de se juger entre eux, par leurs propres lois; et il s'explique en ajoutant : « Les Grecs sont au comble de la joie, parce qu'ils ont conservé leurs juges nationaux; plaisants juges, diras-tu, mais qu'importe? ils croient avoir l'autonomie*. » Ce qu'une ville grecque demande donc à ses vainqueurs dans ces premiers temps et ce qu'elle obtient, c'est de garder sa législation civile et d'échapper au code romain.
Cicéron apprend ailleurs à son ami (jue toutes les villes auxquelles il a rendu l'autonomie se sont relevées; mais le signe et le fruit de cette nouvelle prospérité, c'est qu'elles ont pu payer les publicains et s'acquitter de leurs dettes'. Une ville autonome, comme l'était Chio, avait donc à compter avec l'avidité du fisc. Son seul privilège était que ses magistrats fissent eux-mêmes la répartition de rim]»ôt. Ce droit, les abus auxquels il donna lieu souvent, et l'intervention salutaire des magistrats romains, se voient encore dans cette observation de Cicéron : « J'ai vérifié les comptes des magistrats municipaux des dix dernières années : leurs vols dépassent toute idée qu'on s'en peut faire; ils ont tout avoué, et je leur ai fait rendre gorge*. »
1. Ubi puhlicayius est. ibi aut jus publicum vanum, aut libertas sociis nulla
(Tite-Live, XLV, 18). — "KOvr, -pp -âvTa y.a.\ PociiXeT; y.x'i -oXv.ç, o-j-/ ôVai aovov Ci-vteXe';, iXXà y.x: oiai ... aÙTovoiJiot zaï oo'awv ^aav à-:ù.iT;, tôt; -«ai tjvtîXïîv i/.z- Xeùovto •/.»"( -jr.^y.oùv.'/ (Appien. Guerres civiles, I, 102).
2. ... Ilhid in quo sihi lihertalein censent dalam, ut Grœci intcr se disceplenl suis leqibus... E.rsulliiul quiid peregrinis judicihus (c'est-à-iliie ili> juges non romains) utuiilur. Nuijntoribiis quideiii, inquies; qiiid refert? Tiimeii se ajTovofiiav adeptos putanl (Cicéron, Lcllres il Allicus. VI, 1, 1,")).
-5. Cicéron, Lettres ii Atticus, M, 2.