Jus('|ilii\ Antiquités judaïques. XJI
G. Scymnus, Huns la Collection det petits géographes.
peut-être Homère, certainement des rhapsodes et des chanteurs d'hymnes. Plus tard eUc produisit des poêles beaux esprits, des sopliistes, des rhéteurs et (juelcpies phihjsophes de second ordre. Elle ne |ii'iil revendicjuer aucune œuvre capitale; les Chiotcs n'ont été les maîtres de j)ersonne. A défaut d'orijiinalité. ils ont eu le mérite de s'associiM- liinjours au mouvement littéraire du génie grec, ils ont eu le rellet de la gloire de l'Ionie d'abord, puis d'Athènes.
Pour l'arl comme pour la [)oésie, les temps glorieux de Chio sont ceux qui précédèrent la conquête persane. L'ile donna naissance à une famille de sculpteurs, dont le premier, nommé Malas, vivait à la lin du vu" siècle. Son fils Micciades a laissé le souvenir de son nom; les ouvrages du petit-lils méritèrent d'être conservés avec honneur jusqu'au temps de Pline; enfin la quatrième génération, représentée par deux frères, Dupalus et Anthermus, atteignit pres(pie à la })erfection. A l'époque de la conquête romaine, beaucoup de leurs ouvrages furent jugés dignes d'être enlevés à la Grèce et portés à Rome. En même temps architectes et statuaires, suivant l'usage des premiers artistes, ils élevaient à la fois le temple cl la statue de la divinité. On cite les Grâces, en or, qu'ils avaient données au temple de Smyrne; une statue de Diane, que possédait la ville d'Iassos, et une autre statue de la même déesse, dont ils avaient fait présent à leur patrie'. Enlriez-vous dans le temple, le visage de la déesse s'attristait; il s'épanouissait quand vous sortiez. Le peujile, par celle fable, essayait sans doule de rendre compte de la vive et l'edoutable ex[)ression qu'il voyait répandue sur celte figure divine.
Glaucus de Chio inventa, dit-on, l'art de souder le fer, c'est-à-dire l'union chimique des métaux. L'industrie en cela touchait de près à l'art. Il mit à profil sa découverte dans un ouvrage de toreulique que l'on admirait encore au temps d'Athénée : c'était une petite tour de forme jiyramidale, com- [losée de lames de fer parfaitement unies, et qui servait de base à un cratère. Le cratère, partie principale, avait disparu ; la
I. Pline, llisloire luilurcllc, \X\V1, 5 [i). 13. Pa'.isaiiiiis, IV, 5(1; I\. 05.
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jKutie afcessoirc était oru-oie considén'-o comme un chefd'œuvre. La daniasquiiiurc rtait alors inventée; Giaucus avait gi-avé sur le fer des dessins remarquables de plantes et d'animaux'.
Plus tai-d. Chio eut encore une famille de sculpteurs. Sostrale, di>ciple et Leau-frère de l'Italien lUiéjjinus, travailla dans la cent quatorzième olympiade. Il fut à la fois le père et l'unique maître de Pantias, qui sculptait les vainqueurs des jeux olympiques. Un autre artiste du même nom était sorti de l'école de Sicyone, où il avait eu pour maître le sculpteur Aristoclès'.
Par la richesse des Chioles et par leur amour du luxe, on peut juger de combien de temples et d'édifices publics' ils avaient dû orner leur ville. Aucun d'eux n'est resté debout: on ne voit plus trace des tem[iles, ni de cette magnifKpie agora, (jui. (l(-|ruite par Mitbridate, fut relevée par IIéro(le% ni de ce théâtre qui pouvait contenir tous les citoyens assemblés'. Les débris innombrables et insignifiants que l'on trouve témoignent seulement que nous avons beaucoup à regretter, et que même un des peuples les moins artistes de la Grèce avait encore le goût des arts.
La religion a eu à Chio ses révolutions et son histoire; elle a varié avec l'esprit du peuple et les influences étrangères.
La vieille race carienne, qui, avant les Hellènes, "possédait les îles et la côte d'Asie, y avait déjà apporté son culte. Les Hellènes l'adoptèrent et priient même pour eux les temples qu'elle avait élevés et les simulacres par lesquels elle repré- M'Ulail la divinité'.
Chio adorait alors l'Hercule tyrien, et disputait à Érythrées l'honneur de posséder le dieu et son temple".