MÉMOIRE SLH L'ILE DE CHIO
Les (lônois, niiiK's pur lu chute de l'Empire grec, le rétablirent pour ressaisir leur commerce. L'an 1"2(V2, un certain Benoît Zaccarias, Génois, aida Michel l'aléologue à chasser les Vénitiens de Négrepont. L'empereur n'avait pas d'argent pour payer ses services : il lui donna une de ses provinces, et Chio, livrée aux Latins, ses ennemis, l'ul le prix p;\r le(|uei l'Lnipire grec s'acquitta '.
Les historiens génois laissent entendre que cette donation fut absolue ; les éci-ivains grecs at'lirment (|u'eile ne lut ipie temporaire et f[ue l'île de\ait ètiv lemhieà reni|iei'eur au bout de dix années. Mais Zaccarias employa ce temps à fortifier la ville, à relever les mui's, à élargir les fossés : si bien (pi'à l'époque fixée l'emjjereur trouva la ville trop forte pour en demander la restitution. Les Génois obtinrent à deux reprises un nouveau répit : à Benoit succéda Manuel ; à Manuel, Martin : de temporaire le lief devint héréditaire.
La cour de Byzance ne songeait même [ilus à demaiuler l'exécution du contrat; mais les Chiotes souffraient amèrement d'être soumis à des Latins, de voir dans leurs murs un évoque nommé par le pape de Home', et d'être pressurés par des maîtres qui explditaient l'île comme on exploite une fci'me. Il est curieux de voir dans l'historien grec à «[uelles intrigues ils eurent besoin de recourir pour rappeler à l'empereur Andronic qu'il avait des droits sur Chio. Ils lui représentèrent la mauvaise foi des Latins, la ruse par la(juelle. sous le titre de vassaux, ils étaient devenus les maîtres de l'île, et l'importance d'une province qui payait annuellement au fisc cent vingt raille écus d'or. ll-~ promirent de se soulever dès (|u"ils \erraient paraître une Hotte impériale".
Andronic arma un(; flotte de cent cinq navires et y monta lui-même. Martin Zaccarias s'enferma dans la ville avec huit cents hommes, résolu à se iléleiidre : hi |Mipiil;ili(in grecque,
i. Mnniiscril des Jiistlniaiii. liv. I, c. 8; Scio sairo del rito hilino, p. 14; Scri-a, Histoire de Gènes, liv. IV, c. 0. [Le traité est dii 10 juillet rj6l ; ILipr, p. 50'J.] Cantacuzéne (II, 10) est le seul qui dise que Zaccarias s'eui|)aia de Chio par les armes.