‹ Questions historiquesChapitre 215 sur 258 · Idem, II · texte numérisé non relu

Idem, II

en dépit do ses promesses, n'osa pas remuer. On ne sait qui l'eût emporté, des luiit eents Génois ou de l'immense armement de l'empereur, si la eiladelle n'avait été livrée par un frère même de Martin, Benoît Zaccarias. Martin se rendit à discrétion ; il faillit être massacré par les Chiotes, qui prirent alors les armes.

La suite du récit de l'historien grec montre la faiblesse de l'Empire. Andronic, partagé entre la haine et la crainte des Latins, se trouva embarrassé de sa conquête et comme effrayé de sa hardiesse. Qu'allaient faire les Génois? ne paraitraientils pas bientôt, tout prêts à venger un des leurs? Rendre l'île au frère de Martin parut à l'empereur le seul moyen de détourner leur colère; mais le Génois refusa obstinément une faveur qui le condamnait à la vassalité, et l'on vit Andronic, à qui ce refus faisait peur, convoquer une assemblée des principaux Génois, de l'évêque latin et de quelques chevaliers de l'ordre des Hospitaliers, pour se justifier de reprendre possession de l'ile de Chio'. C'est ainsi que Chio rentra, pour dixsept ans, dans le sein de l'Empire.

Mais l'île, en redevenant grecque, était perdue pour le commerce. Yenise et Gênes convoitèrent de la reprendre, chacune des deux villes désirant la posséder et craignant encore plus que l'autre ne la possédât.

Il se trouva alors que Gênes venait, par de pénibles sacrifices, d'armer une flotte pour repousser des exilés du ])arli aristocratique. Ceux-ci n'ayant pas attendu le combat et s'étant réfugiés en France, la flotte génoise ne voulut pas rester inutile, et Simon Yignoso, qui la commandait, la dirigea vers Chio*. 11 trompa la vigilance d'une flotte vénitienne, qui eût certainement mis obstacle à son projet, et parut devant l'île au mois de juin 1346 avec trente-deux galères. Essayant d'abord la ruse, il fit dire aux Grecs qu'une flotte turque approchait pour conquérir Chio, et que, dans l'impossibilité où l'île était de se défendre, elle devait choisir entre deux maîtres et préférer les

^. Cantaouzène.

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