Jérôme Jnsliniani. Deseriplion de- Chio. Il
5. Doppo ta cadiita deV imperio d" Oriente, vi aecorsero anche di Constaiili nopoli molle nobilissime famiglie, Caidacmeni, Mavrocordali, Comneni, enltii... Manuscrit Justiniani. I. iS).
•l. Scio sacra del rilo lalino, p. 10 [cf. Ilnpf, p. 520).
mCmoiiîk sri! LILi; UV. CIIIO. 359
Fi'aiictï lu caiiliiMi il'iin m'i^ipcuiiil ilc (.ïilo inuniin'' BarlliL-Icmy l'.'Ii-iiiii'.
I.o (iliiotcs avaicnl oiililit' le comnit'i'ce au lcm|)s des lîyzaiiliiis; ils If rap|)rireiil des Génois. l,our naturel, fjui les y portail, reparut alors; leurs qualités niereantiles se ravivèrent au conlael de ces habiles marchands. Le commerce et la lichessc f|ui, un ])eu plus lard, oui éti' le j)artage exclusil' de la |iopulali(iii i^ri'((|ue, elle les doit ;t la dduiinalion p'noise.
11 \ a dan< l'ilc un village dont tous les lialiilanls sont marins ou {(inslrucleui- ilc navires: c'est Vrontado, dont la pupulalion s'élève à près de 4000 haliilanl^. Il siii'iit de \(iir Icuis navires et de les comparer aux navires génois, pour savoir à quelle école leurs constructeurs se sont formés. Kt ce qui prouve bien encore ([ue le goût du commerce et de la marine, perdu au moyen âge, a été reporté à (iliio [)ar les Italiens, ce sont les termes mêmes de la manœuvre; un capitaine chiole ne se sert dans ses commandements que de mots italiens, donl il ne compreml [lourtant pas le sens lilléral.
L'industrie des soies, dan-~ lai|U(llc (lliio a excellé ])lns lai'd, fut encore un legs des Génois, il est vrai (|ue ce fui un empereur de Hyzance qui introduisit en Europe l'élève des vers à soie; mais on peut voir dans l'rocope (jnelles causes empêchèrent le développement de cette industrie dans l'Empire'. A peine naissante, elle lui Iransjiorlée en Italie, où elle ])rospéra; et ce fut de l'Italie ipi'elle revint à Chio. Les Chiotes ne se rappellent plus à quelle époipu' les mûriers ont été plantés dans leur île; mais ils savent liien ipie les premières manufaclures de soie ont été établies par les ,lii--tiiiiaMi. cl f\\\r pendant deux siècles elles ne furent jamais dirigées (jue par eux. Ainsi la |)rincipale source de leur l'icliesse postérieure est un bienfait des (iénois.
La dominaliiin di"> .liisiiinani a donc ni pour circl de rendi'e à l'île lecommerce ipii l'avait quittée, de l'initier à l'industrie, de reniichirel d'y |iiirler des capitaux qui n'ont pas été inutiles
l. Serra, Sloria di Genova. dise. IV, c. 7. i. Procope, Histoire secrète, c. 25.
plus tard pour son commerce. Elle a peut-êlrc opprimé la race grecque, mais elle a préparé sa prospérité et sa régénération.
L'île de Chio, appauvrie et abaissée sous les Byzantins, se releva sous les Génois. Le premier résultat de la conquête fut d'isoler Chio de la masse inerte d'un Empire qui tombait, de lui donner une existence à part et de la sauver de la ruine générale de la race grecque. Les peuples de l'Occident, les Italiens mêmes ont un génie organisateur qui a toujours manqué aux peuples de l'Orient; les Génois ont donné aux Chiotes quel(}ues principes d'ordre et de gouvernement intérieur qu'ils ont mis en pratique lorsque la domination turque leur a laissé quelque liberté. Enfin, la race, depuis longtemps affaiblie, s'est ranimée au contact de l'énergie européenne; cette sujétion à des étrangers a été pour elle une heureuse école, une tutelle de deux siècles. Elle y a appris ce dont l'Empire byzantin avait négligé de l'instruire, que le travail, le commerce, l'industrie, l'énergie morale, à la faveur d'un gouvernement ferme, ressuscitent un peuple et lui rendent avec la vie la richesse, la liberté et (juelque gloire.
11 est juste de dire que la domination italienne s'est étendue sur beaucoup d'autres îles, et que ses bienfaits n'ont été nulle part aussi féconds qu'à Chio. L'Eubée, les Cyclades, la Crète, après avoir fleuri queUpie temps, sont retombées dans l'inertie le jour oîi la main de l'Occident s'est retirée d'elles: il n'en a pas été de même à Chio. La race, plus énei'gique et plus habile, a mieux profilé des leçons reçues, et c'est en grande partie grâce à ses mérites (jue ^les bienfaits des Génois ont porté des fruits jusqu'au xix'' siècle.
CnAPlTIŒ IX
Domination turque. — Régénération do la race grecque à Chio. Renaissance du régime municipal.
I. A l.\ FAVEUR PK LA DOMINATION TURQUE, LES GRECS l'emportent sur LES LATINS.
I/ilr (le (!liiii lie cdiiiiuI il'alinid les iurrs (|U(' ciimiiic des liii'iilc- i|u! la l'avai^caii'iil à cIkhiiu' p(''iu''rali()ii. .\ la lin du xiii'" siècle, un chef turc s'élahlissail à Sniyrne, un autre à l'iiocée, un Iniisième à Per^faine, un ([ualrièmc à .\ssos'. La cliule lie rEiu|iire seldjoucidi; avait sauvé (;(inslantino|)le do la ruine, uiaisnon les provinces du pillafi'e; les pelils |iiinees turcs étaient assez forts pour ravai^cr une île et écuiner r.Vrcliipel. Ti'ois fois 'dans le cours du xiv" siècle, en 1507% en 1545% en lô'Ji', tjliiu fut cruelleiuenl pillée par ces pirates. Lorsque la dynastie d'Orcan se fut élevée peu à peu au-dessus de ces chefs de Imnde et eut londi'' l'unité parmi les Turcs, il l'allnl se soiimelliT à l'Kiupire naissant : les Jusiiniani, en I il3, envoyèrenl une anilnissade à Mahomet I", lui demaudèreni l'irivestitun; de l'île et se reconnurent ses vassaux. Le sultan accueillit gracieusement leurs sollicitations, leur répondil. mm sans quelque fierté, qu'il voulait être le pèie de tous les chrétiens, et exigea d'eux un trihut annuel de iOOO ducats"'.
Dès (pie les Turcs se montrèrent, ils furent détestés à la fois