I. Manuscrit Justiniiini
'I. Scio sacra, \t. lôO.
'i. La mission (les ilcs de la mer Egée a été fondée el confiée aux jésuites par faut V, on 1615 {Scio sacra).
changeassent leur syinliole, lem-s rites et leur hiérarchie. Au xvu' siècle, on nia qu'aucune des deux Eglises eût rien à changer pour ressenihlcr à l'autre. Ainsi la (|ueslion fut transportée sur un nouveau terrain. On continua à se quereller, non pins pour savoir laquelle des deux Kglises ferait des concessions, mais si elles didëraienl ou non. Les papistes comme Léon Allatius, de Chio, plaidèrent l'accord perpétuel des deux Eglises; les anti|iapistes. comme leCliiote Georges Gorési, soutinrent la division. En gén(''ral l'idée d'un parfait accord séduisit les Grecs ou leur ferma la bouche. Que puis-je décemment répondre à un adversaire qui m'assure que je suis de son avis? Les deux communions vécurent donc en bonne intelligence au xvn'' siècle ; elles se rapprochèrent, se confondirent; il se forma une Eglise mixte, gréco-catholique, qui suivait les rites de l'Eglise d'Orient, mais (pii reconnaissait la suprématie du pape. Un jour l'évèque catholique de Chio se remlit au monastère de Néamoni ; accueilli gracieusement, il voulut olTicier dans l'église, et non seulement l'aulorisalion lui en fut accoidée, mais on vit les moines grecs servir h messe d'un évèque latin'. On était bien éloigné du temps où des Grecs brisaient l'autel sur lequel un prêtre latin avait officié. Après la cérémonie, l'évèque et l'hégoumène s'entretinrent longtemps, et la conversation étant tombée sur le pape, l'hégoumène protesta de son respect poui- lui et pria révè(jue, qui était sur le point de faire un voyage à Rome, d'assurer le saint père de sa soumission. Lors{jue les jésuites allaient en mission dans les iles, ils prêchaient dans les églises grecques ; les prêtres grecs se confessaient à eux comme eux aux prêtres grecs; ils suivaient les processions des Grecs et les Grecs les leurs'. Il semblait qu'il n'y eût qu'une Église.
Un autre trait de la sage politique des Latins à cette époque fui de rassurer par leur docilité les défiances des Turcs. Michèle Justiniani cite une lettre qu'ils adressaient à la
\ . Léo Allalius, De Ecclesix oricntiilîs ulquc occhleiitatis peypctua conseiisione. |). '.179. Scio sacra, \i. 1S8.
2. Coinplis rendus des missions des îles, anuéos 1610, 1G35, 1656, 1657 (manusci'il).
Mi-MOIUK sii! i.-ii.i: m: r.n\n. 5^5
Confirégaliori di' l,i l'i'oiiapiimlc. .mi l(i i | . lors .rimo vacance do 1 eviVlié; ils recommaiulciit iiislammeiil qu'on Icnr (Imiiic un évcqiic qui suit ne sujcl du Turc. « Ou'il ne soi( j)as élranger, (li-i'ul-ils, (|u'il soit Ciiiolc cl (|u"il parle le grec. Sinon les Turcs !,. |Mvu.lronl pour un espion, et il n'est pas d'avanies qu'ils ne lui fassent soulTrir'. » Ces paroles sont significatives; elles sont une preuve de pins des préventions des Turcs contré l'Eglise latine, et nous expiiriuent cominent leur ilnniinalinn fut le signal de la ruine de cette Église.
Kniin la cour de Rome ne négligeait rien : les ressources de l'épiscitpat ayant diniiuui- avec le uonihre et la richesse des Latins, c'était elle qui paxail révè.|ue. Elle redoutait que les enfants des Latins ne fussent élevés en (irèce avec les Crées; elle fonda à llouie le collè-e de S.iinl-Allianase, où ils (••litienl instruits sous sa direction, la jeunesse chi,,!,. y .ilHuaii ;iu wif siècle; Allatius. né à Cliio. en l.'jSli, d'une famille où les Crées s'étaient alliés aux Latins, fut ainsi élevé à Home; plus lard, il se montra l'implacable ennemi du schisme 'n-ec. Dimitri Pépanos, Chiote aussi, fit également ses études à Rome, lui qui plus tard écrivit contre Calvin, et soutint avec tant do chaleur la suprématie universelle du Saint-Siège. Cliio était une pépinière de défenseurs des papes, une petite Rome, comme disait Tournefort.
Tant de travail et d'hal.ilelé arrêta la décadence de l'Église latine durant la première moitié du xvn' siècle, et lui donna encore un moment d'éclat et presque .l'empire dans ces contrées. Ses progrès furent signalés à Chio par la fondation ou l'occupation de plus de quatre-vingts éo-lises.
L'Église grec.|ue. qui manquait de protecteurs élran^^ers, semblait languir; mais l.'s Chiotes reiloublèrent d'efforts p.uir r.'gagner le terrain .[uils avaient perdu. Leur lacliqu.' iiit de s'insinuer auprès des Turcs el.l.' leur représenter l'Église latine comme le lien .|ui unissait une partie de leurs sujets à leurs euu.'inis; ils demaudi-rent .'u cons.'qu.'nce qu'un ordre de |,i Porte ontraignil les cath(dii|ues à entrer dans !.■ sein .le i'ÉyhVe