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Scio sacra, p

570 QUESTIONS iiisTORinur;s.

grocqiic. Des Chiolos furent jiliis habiles (|ue les jésiiiles à s'insinuer auprès des puissants. 11 se trouvait alors que l'Eglise grecque de Chic devait de l'argent à quelques ministres de la Porte; or les Chiotes ont toujours su tenir les Turcs par l'argent, tantôt comme créanciers, tantôt même comme débiteurs; ils promirent aux Turcs de leur payer le capital et les intérrts de la dette, mais à condition que les revenus de l'Eglise latine leur seraient abandonnés. Les ministres appuyèrent la proposition. Par leur faveur, l'évèque de Chio, Ignace Néochori, obtint les ordonnances suivantes: 1° la juridiction que l'évèque latin a exercée jusqu'alors passera aux mains de l'évèque grec; 2° aucune consécration d'église, aucune ordination de prêtre, aucun mariage n'aura lieu qu'avec l'autorisation de l'évèque grec; 5° les églises des Latins leur sont enlevées; 4° l'évèque latin devra rendre compte à l'évèque grec des revenus et des dépenses de son administration, et, après les restitutions nécessaires, sortir de l'ile.

Ce coup de foudre frappa les Latins en l'année 1664. Leur évèque, Andréa Sofiano, courut à Andrinople, où résidait le sultan, pour faire entendre ses plaintes. Mais il prit un chemin indirect, et son rival, qui savait mieux le prix du temps, put arriver avant lui et parler le premier. Lorsque Sofiano parvint à Andrinople, le Kaïmacan, gagné par les Grecs, le fit mettre en prison et l'y retint (juinze jours. La médiation des ambassadeurs de France et d'Angleterre et, plus encore, le don de sept mille écus, amollirent le Kaïmacan, qui voulut bien paraître écouter les deux parties. Au jour lixé, les deux évèques [)arurent devant les juges; le Grec parla le premier et ne dit rien autre chose, sinon que les Latins manquaient d'affection pour l'Empire, et que, quant à lui et aux Grecs, ils étaient prêts, en dépit de l'habit de prêtre qu'ils portaient, à combattre pour le croissant. L'évèque catholique, moins adroit ou plus honnête, plaida la question de droit et, pour tout témoignage de zèle, il se contenta de dire qu'on ne pouvait lui reprocher aucune infidélité envers la Porte. Le Kaïmacan, qui avait reyu de l'argent des deux parts, ne rendit aucun jugement et renvoya les deux atlversaires devant le cadi de Chio. Mais, secrètement.

MKMOIIlK suit i;ii,E HE Clim. -7,

»l envoya à cliii-n son aiicl. ,i„i ,„ivaii IVvr,,,,,. l;,!!,,,!.loiilo jurul.clio,, .■( 1,1, ru\r^■,h h plus f^ra.Klr |,,„ii.. ,|o «os i'g:lis('s'.

Ainsi le fniil .les eflorts peisev.'Tanls ,■( hahiles ,|,. ,|,.„.v tiers de siùel.. lui .lélruil eu un jour. I.e Iravail ,1e li.uue, ,1e la France, (les jésuiteseUlesJusiiuiaui échnua ,l,Nai,l l'adresse pou scrupuleuse des Chioles. Si rn„ rousi.lère de couil.ien de moyens la eoalitioi. cnllioli.ju." disposail. la force que lui dorinaienl l'uniiéde son action, la discipline de ses arreuts la supénor.lé miellecluelle el ruuralr d.. ses uiissionnaires, 'e(, d'un autre colé, l'absence d'or-anisalion. d'nileul,. ,.| de dir.rll,,,, dans h. clerf:é frrec; si Tou sonfre que les na,,,nlies les plus l'ilaillil.les du succès n'ont pas euipè. hé la délaile, ou reconiiailra dans ce! événemeni l'inviiicilde aulipalliie de la race îirec,|ue l'I les prévenlions des Turcs.

I-a lin du xvu' siècle lui falale à la population laliue. les ^cull.ens en allarp.aiit THuipu,. arnuieul la .lèliaiuv des Turcs et la l,ard,r>>,. i.nprudeule d,-, .allioliques; el.euiuèuie temps, la France, en abandonna.il ralliancc des Turcs, perdit unciulluence qui était l'uni.pie reln-e des Latins. En l(i!)4 les Aeniliens, avec une Hotte considéi'alde, parurent devau! Cluo, emportèrent en pou de jours la forteresse mal défeu.lue et furent maîtres de l'ile. l/%lis.. \muu- fui ualurellemcnl relevée, I l-l, s.' nrec.p.eliuuiiliée et persécutée; cell.-ei perdit a son tour une bonne partie de ses biens, ses temples furenl fermes, ses prêtres inte,-diis; les Latins seuls exeicèrent les fonctions <ln cuil.. el adminislivrenl les sacrements'.

A la nouvelle de la perle de Chio. I,. Millau Aelnuel ,„■ .-ji-piia m contre les (îrecs, ni même couliv les Vénitiens; tout,, s. colère tomba sur le> .allioliques. Jù, olfel, les Grecs de Cliio avaient dénoncé leurs ennemis c.unme avant provoqué j'expé- 'l'Iion vénitienne, et ils avaieul pré.,,,!.-, .u témoignage une lettre adressé,- à la rî.'puMiqur ri ,.h,rgée des signatmvs dvs

c. V^: t.^tt!:^"'" "'"""' "■ " '"= '•^"«'="'' '-• '"- •'•

^^2^ Iticaul, Étal présent d- fÉutise ,jvea,ue. c. 1!1. G,„l,.„,ir, liv. IV, ,|a„s IfS

572 nrESTFONS IITSTORIOI-ES.

principales laniillcs laliiies do l'ije. CctU; Icllre avait l'Ié (''crite, signée cl envoyée : les Lalins ne le nient pas; ils se ilél'enilenl seulement en disant (|ue les noms des (irimaldi, desJustiniani, des Fornelli. qu'elle |}(irlait, n'étaient pas les signatures des chefs de ces familles, mais « de petits enfants de sept ou huit ans, qui ne comprenaient rien à ce qu'ils écrivaient' «. On peut croire à celte allégation; mais il est certain que la lettre des enfants attestait le secret désir des pères. Le sultan n'eut pas besoin d'examiner l'âge de ceux qui l'avaient écrite. Il jura d'écraser cet ennemi que l'Empire portail dans son sein, cette population plussujetlede l'Occident (|ue des Turcs, ces amis de ses ennemis. Le [uemier mouvement de la vengeaiue d'un Turc est toujours cruel : Achmet décréta que tous les catholiques de l'île seraient mis à mort ou envoyés aux galères. Son amiral, le renégat Mezzomorlo, rassembla un immense armement pour exécuter cet ordre. Les Vénitiens ne purent se maintenir; dix mois après leur conquête, vaincus deux fois près des îles Spalmadores, ils abandonnèrent secrètement l'île, emmenant avec eux les familles latines les plus compromises. A ce moment, la joie dos Cirées éclata; leur allégresse fut égale à celle ([ue les Latins avaient montrée à l'arrivée de la flotte vénitienne. Ils se hâtèrent de prévenir l'amiral turc que l'île était évacuée; ils lui exprimèrent dans quelle terreur ils avaient vécu durant ces dix mois, et avec quelle impatience ils avaient allondu le retour de leurs anciens maîtres, les Turcs'.

Achmet venait de mourir; son successeur révoqua l'ordre d'extermination: mais il décréta que l'Eglise latine de Chio avait cessé d'exister. Les Latins durent renoncer à leur croyance et se faire Grecs; leurs églises, sans exception, furent données à leurs ennemis, leur culte fui inlerdil'.

Les Latins ne se convertiront cependant pas; d'une chambre du consulat de France ils liront une cbaj»ello, et les Turcs res-

1. liicvc rchizionc dclt' isola lii Srio, ISIO. niamiscril sans moim (1\iiiIiiii- [vdIi' lii IraihiLiioii i;rcic[ui' île co iiis. ilaiis les X/iXz/.-x de KaiR'llal\i. ji. 507. IS'JÛ].

'i. Manuscrit Justiniaiii, Itl, .>; voir aussi Tournet'orI et llajiper.

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