TiltvLivc, II
des comices oui lieu pour l'élcclion des consuls; les candidats présentés déplaisent à la plèbe; les plébéiens se retirent sans voter, et il reste les clients qui votent avec les patriciens'. En 460, les plébéiens et leurs tribuns sont chassés du Forum, non pas sans doute par les seuls patriciens, mais, ainsi que le dit Tite-Live, par les patriciens et les clients'. Ainsi, durant cette époque, les clients et les plébéiens étaient non seulement deux classes distinctes, mais deux classes hostiles, et avaient des intérêts différents.
La seule assemblée politique qu'il y eût alors était l'assemblée par curies, comitia curiata''. C'était pi-opremcnt la réunion des gentes patriciennes. Les plébéiens n'y figuraient pas; les clients au contraire en faisaient partie.
Patriciens et clients réunis formaient ce qu'on appelait dès lors popuim romanus Quiritium ; la plebs était en dehors. Cette distinction entre le popuim et la pJchs subsista fort longtemps: les jeux sacrés en sont un témoignage. Il n'y eut d'abord que les jeux romains, ludi romani, appelés aussi ludi magni, qui dataient de l'origine de Rome*; on créa, en l'année 2'20, des jeux plébéiens, ludi plcbei'. Nous pouvons conclure de là qu'en l'année 220 avant notre ère, bien que déjà les plébéiens ligurassent dans la cité romaine", la religion laissait subsister une différence entre la plèbe et le peuple.
Celte différence ne laissa pas de durer longtemps dans l'ordre politique. Quand Tite-Live dit que les tribuns sont les chefs « non du peuple, mais de la plèbe' », il est vraisemblable qu'il reproduit une ancienne formule. Ailleurs, parlant d'un fait de l'année 415, il fait observer que \a plèbe prit une décision et que cette décision fut ratifiée par le poiplc^. Il y eut toujours à
\. Tite-Live, 11, 64.