I. Dion Cassius, XXXIX
'2. 'Û; -jl tiXifiti tûptixiTat. DinD. XXXIX, 55.
464 QUESTIONS UISTORIQUES.
l'avait l'ail juscjirici,ras!<ei'lioii de Dion Ca^-:^ills. Il nous semble pourtant qu'à regarder attentivement ces différents textes, la contradiction entre eux est plus apparente que réelle. On doit remarquer tout d'abord (jue Dion Cassius exprime sa pensée sous une autre forme que les quatre autres historiens; ceux-ci disent : la loi Pompéia conféra le pouvoir pour cinq ans ; Dion écrit : elle allongea de trois années les pouvoirs de César. Ur n'oublions pas (pie celte loi Pompéia est de 35; si les pouvoirs conférés précédemment élevaient durer jusqu'en 55, il est clair qu'une loi portée en 55, et pour cinq ans, n'allongeait en réalité son pouvoir ipie de trois années. La contradiction n'existe donc plus que dans la forme ; c'est une même vérité exprimée de deux façons différentes ; le commandement était bien donné pour cinq ans, ainsi que l'affirment quatre historiens ; mais César n'y gagnait en réalité que trois années, ainsi que l'assure Dion Cassius, dont on s'explique la parenthèse : « Trois ans de plus, voilà le chiffre vrai. »
On dira peut-être: mais César se trouvait frnslré; il perdait à ce calcul deux années de son premier commandement; son intérêt évident était que les cinq nouvelles années ne courussent qu'après que les cinq premières seraient achevées. Ce raisonnement n'a qu'une apjtarence de justesse. D'abord il est parfaitement admissible que Pompée, trompant (^ésar absent, ait rédigé sa loi de façon à lui faire perdre deux années. Ensuite il est très possible que César lui-même ait eu intérêt à faire partir les effets de la loi nouvelle de l'an 55 au lieu d'attendre à l'an 55. En effet, nous ne devons pas perdre de vue que son premier commandement se composait de deux provinces très distinctes, la Cisalpine qu'il avait reçue par une loi et pour cinq ans, et la Transalpine (ju'il tenait d'un simple sénatus-consulte sans terme fixe, et que, par conséquent, le sénat pouvait lui reprendre dès qu'il le voudrait. Comme la loi Pompéia conférait également les deux provinces, ses effets, en ce qui concernait la Transalpine, devaient nécessairement courir de l'année 55 ; voilà donc au moins une des deux provinces pour laquelle il ne pouvait pas être question d'attendre à l'année 55. Mais regardons maintenant l'autre province : nous savons que César
OIESTIO.NS HO.MMNES.
M" tnKMl la (,,s.l,,ni,. jMM,u\.n :..- ,,„■..,. u-Hn .1.. I.. 1,, Nntini;,. .|ui élan ma ni lestement illégale; il savait .,ue iLmiiliu. AliénoLa.lm.. q.ril avait réussi à éearter du eonsulat pour oo, serait probal.K.menl consul en ai. et qu'il ne man^unaii l>as .1 attaquer et d'annuler celte loi Vatinia. C'était justement i>our parer ce coup que César s'était rapproché de Pompée. Or, s il ne faisait commencer son nouveau 'luitu/uemiumquenoô] il prêtait le liane pendant deux années, et. dans cet intervalle' un sénalus-consulte pouvait le rappeler. Devait-il vivre deux ans encore sur le faible appui d'une loi sans valeur, ou bien s armer tout de suite de la loi Pompéia qui était régulière et incontestée? Le choix ne pouvait être douteux. Sa -rande préoccupation, dans la confèrent-.' .le [.ucques, avait été bien moins d allonger son cnnin.ai„l..m,.nl que de régulariser et .1,légaliser sa situation. L'important pour lui était dr ,„• ,,lus dépendre d'un vote du sénat, et .'aurait été un pif-e trop .m-..ssier de ne lui assurer cette indépendance que dans deux^'ans, en le laissant juM|,„.-là à la merci du sénat et de ses adversaires.' La loi Licinia lui .lonnait un cominan.lem.'iit .le cinq années, mais il était bien enlen.lu que ces .inq aini.'vs commençaient' aussit.-.l, c'est-à-dire dès bo.
.\insi se concilient, si nous ne nous trompons : 1 |,,s quatre textes de Velléius, de Suétone, d'Appien et .le l'Iutarque, qui mentionnent un comman.Iement de cinq ans; 2» la phrase de Uion Cassius, qui parle d'une prolongation .le trois années; o" les textes de Dion Cassius, d'Appien, .le Suétone, de Cicéron,' qui marquent qu'en 50 les pouvoirs de César étaient expirés. On conçoit d'ailleurs que ce règlement, «jui avait pu satislaire César en 55, ne l'ait pas satisfait trois ans plus tar.l, ..n oH. Il voyait, à mesure que le terme de son commandement approchait, les anciennes menaces re|ta.raître. Par exemple, une loi de P.impée, en 5'2, soumettait aux tribunaux tons I.s a.t.'s passés des magistrats .lepuis l'an 70, et tout le mon.le ivgar.lait .'ette loi comme une arme .lestinée à frapp.'r personnellement César le jour où il n'aurait plus de commandement '.