‹ Questions historiquesChapitre 28 sur 258 · Laciimblel, iT -i · texte numérisé non relu

Laciimblel, iT -i

4. Moicliclbecli. Instrumenta, p. 27 : Eqo Chunipertus propriam hneditatem quant tjenitor meus milii in hercdilatem reliquit. — Ijacombli't. n" S. acte de 79tJ : Onine quod milii jure hercditario Icgibus ol'renit in villa lliilnenyheini. — Nfiigaii, 11° 50."), acte ilc 845 : Quidipud propriclatis in Alemannia risus suin habere, sive ex paterna licrcditate scu ex acquisito, sire divisum habeam cum rneis coheredibus seu indivisuin... id est domibus, cdificiis. mancipiis, eampis, pomij'eris, pralis, pascuis, sih'is, viis, aquis, cultis il inrultis.

.">. .MiMiliellioclv. p. '21. acic du \iii° siècle : Tradidi terrilorium, pratas, pascua, aquarum decursibus, sihùs, virqultis, omne cultum aut non cultum, in possessionem pcrpetuam. — Lacomblet, n" 4, acte de 794 : Terrain proprii juris mei... cum sih'is, pralii, pascuis, pcrviis, aquis.

niiUilNKS I)i; 1,\ l'IiOPIUKTK FONCIÈUE. 59

<|iicl(|ufs cas isdlés sans tenir coniplc il'uii immonso ensemble ([iii iliMiKMiln» exarleinciil le conliaire iln sysiènie?

An innin< aiiiail-il ('li' l(i\,il ira\cilii' les Icctcni-- (jue les actes qu'il citait n'claienl qn'nne im|ieice[itil)le minorité, ilix-lmit (Hi viniil sur environ dix mille. I.es lecteurs n'ont pas toujours ces recueils sous la main, et ce qui leur manijue encore plus, c'est la pensée même de vérifier. Si vous leur présentez vinjit textes, ils croiront tout de suite (|ue ce sont là tous les textes qu'on a. Il fallait les pi-évenir ([ii'il existe dix mille autres actes, qui son! de même nature, (jni ont été écrits dans le même temps, qui soni rédigés d'après les mêmes formule^: il l'allail leur avouer (pic ces dix mille actes disent, exactement le contraire de ces vini;t (|ue vous allez citer; il ne fallait |ias leur laisser ip:norer que ces milliers de donations, de testaments, de ventes ou d'échanf^^es de terres sont la démonstration irr(''riilalile d'un réfjime de propriété privée. Et c'est alors seulement (ju'on pouvait leur dire qu'il s'y trouve pent-clrc dix-huit ou vin^l actes dans lesquels on croit voir (ju(d(|ue indice de coranumauli'-. Mauii-r n'a pas fait cet aveu; ses disciples, en Allemagne el en France, se sont gardés de le faire. Tous invoquent ini])erturljablement ces recueils de Trtidilioiu'S, comme si ces (|uinze gros recueils n'étaient pas la réfutation écrasante de leur système.

Il y a plus : les dix-huit ou vingt actes présentés par Maurer sont-ils exacts? ont-ils liieii la signification (puï l'auteur veut qu'ils aient? Notons en ell'et (|u'il n'en cite jamais (pi'une ligne isolée, parfois qu'un ou deux mots. Il faut nous repmler aux actes eux-mêmes et vérifier'.

Il cite d'aliord, page i7, un acte du Recueil deLorsch. C'est un diplôme de 775 par lequel Cliarlemagne donne à ce monastèie à titre jierpétuel la villa lléphenheim, comprenant terres, maisons, esclaves, vignes, forêts, champs, prés, pà(|uis, eaux et cours d'eau, avec toutes ses aiipailenances et déjiendances, « avec ses limiles et ses marches »,cumtermin{s d ma)xliissitis'.

I. l'our ne |)as allonger démesurcmcnt celte étude, nous laissons de côté les textes du xiï" et du xv' siècle. Il nous suffira d'examiner ceux ijui sont antérieurs. i. Codex Laureshamensis, n" 0, 1. 1. p. t5.

oiO ■ '■■■■ "QUESTIONS HISTORIQUES.

— Voilà !;i iiKiiclie, dit Miiiiici-. Oui, mais ce n'est ])as la marche commune. Tout au cdiilraire, c'est la iiiarclu' limite d'une propriété privée. Il s'agit en effet d'une villa, d'un domaine qui était la propriété parlicnlière du roi et (jui devient la propriété d'un eouvent. ^ulle idée ici de communauté, ni de mark commune, ni d'association de village. 11 n'y a même pas de village. 11 y a un domaine, lequel est cultivé, l'acle le dit, par des esclaves. Curn termitiis cl marchis.mis, voilà deux mots qui signifient limites du domaine; cette redondance n'a rien qui doive surprendre. La marca n'est pas autre chose que le lerminus. Nous avons déjà vu dans la Loi des Bavarois terminus ici est marca. De même un diplôme de Childéric II décrit la ligne des limites d'un domaine, fines et marchas'. N'allons pas penser que ces marchx soient une étendue de leri-e distincte du domaine. L'expression dono villam... cum marcins ne peut étonner ({ue ceux qui ne sont pas f'am.iliers avec cette catégorie de textes. Ceux qui les ont lus savent qu'il était de style, dans les actes de doiuilion et de vente d'un domaine, d'ajouter « avec ses limites ». Les chartes écrites en Gaule portaient cum omni termina suo ; les chartes écrites en Germanie portaient cum omni marca sua ou cum marcis suis-. Dans un grand nomhrc de nos documents, marca n'a pas d'autre sens, ^oyez, par exemple, dans le Codex Fuldensis, n" "li, un acte de 760 où un particulier fait don d'une villa cum marcas et fines.

Maurer cite plusieurs autres textes" : un diplôme de Louis le Pieux, un acte de 748 cité par Grandidier, six actes de 768, 778, 790, 794, 796, 811, cités par Schœpflin, et un diplôme de 812 dans le Recueil de Neugart. Mais que lisons-nous en tout cela? Toutes ces pièces sont des actes de donation en propriété perpétuelle, et chacune de ces donations porte sur une terre située dans une localité qui est appelée indilïéremment villa, finis ou marca.... In fine vel in villa Berkheimmarca.... In fine vel marca Ancjchiscsheim.... In villa vel in fine Heidersheimmarca.... In villa Gebunvillare seu in ipsa marca....

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