Wigand, Archiv, I. 2. p
40 nUESTIÔNS IMSTORIQL'ES.
marca silvatica qui runueut >a part ' /■. In aulro, moins riche, ne peut donner qu'une Imba, mais il donne en même temps la part à laquelle sa liuba a dmit dans la i'oirl-. Nnns pouvons citer encore une forèl qui reste indivise entre les deux priqiriétaircs de deux domaines jus(ju"à un jujiement de llNi (jui en opéra le partage^. Il y a donc eu des t'orèls communes à plusieurs hommes. Mais cela ne donne pas le droit de dire que toutes les forêts aient été communes à tous; car nous avons un nombre incalculable d'actes où un homme fait donation ou vente d'une forêt qu'éndemment il possède en propre. D'ailleurs, quand nous voyons (ju'une forêt est commune, il faut bien entendre qu'elle n'est pas commune à tous, mais seulement commune à une villa, ou bien à deux ou trois villx, de telle sorte que les propriétaires de ces viltn' ont seuls des droits sur elle*. Or, si plusieurs propriétaires possèdent nue forêt indivise, ce n'est pas là le régime de la communauté des terres. Chaque priqjriétaire possède dans cette forêt un droit proportionnel à l'étendue de sa propriété '. Tant par Iniba, dit un de nos textes. Un autre nous montre un homme qui fait donation de ce ([u'il possède à titre d'héritage dans une villa et de sa part, qui est du douzième, dans une forêt ^ Toutes les forêts dont il est question ici ne sont que l'appendice de la propriété. L'expression, forêt commune, ne doit pas nous faire illusion;
1. Codex Laureshamensis, n° 03, p. 74 : Quidquid de rébus propviis habere videbatiir iii villa Brtinnon et très partes de illa marca silvatica, portione videlicet sua. Nous exptiqiicions iiilleiiis le sens du mot portio. Disons seulement que ce mol. qui se rencontre plus de trois cents fois dans les textes, siimilie toujours part de propriétaire. On vend, on lègue, on donne s-»portio. [VA'. L'Alleu, c. 8, § 1.]
2. Lacoinblel, n° 7 : Hovam integram et scara in silva ju.rla formam liova; plenx... jure hereditario.
5. L'acte est dans Mone, Zeilsclirifl fiir Gescliichle des Oberrheins, t. I, p. 405-400. [Recherches, p. 547, n. 2.]
4. Tout cela était déjà dans le droit romain. Voyez Scévola, au Digeste, Mil, t>. 20 : Plures ex municipibiis, qui diversa prœdin possidebant, saltuin communem, ut jus compascendi habercnt, mercali sunl, idque eliam a successoribus eorum est observalum.
5. Acte d'échange de 871 dans Neugait, n" 401, t. 1, p. 577 : Dedimus illi in proprietatem jugera CY et de communi silva quantum ad portioncnt nostram pertinet.... Et de silva juxla eslinuilionem nostrœ portionis in communi silva. .
0. Lacomlilet, n° 22, acte de 801 : Tradidi parliculam hcreditatis mex in villa Englandi et duodccimam parlcm in silva Braclog.
(iniciM-.s m: i.v i'Iiuphikti-: FONCiKRf:. .i;
en réalilL' ci'tlf Itiit'l c^l hi |ini|iii(''l(' de |ilu^u'in> Iiouiiiil's (lui y exercont tous les dniils du |ii(i|iiir'laii'c, jusiiu'à pouvoir vendre Iriii' |i;irl, :iiii>i i|ui' iimi- Ir vovoii- (l;m> ilrs (•ciilaiiics d'actes, sans avoii' à ileniaiulcc la |)crniissi<iii de |ii'r^iimie el sans eonsulle!' nièMU? leurs eo|)r()|jriélaires.
D'autre part. Maurer cite un acic de la lin du nui' siècle où se rencontre ni encore les mol<. silrii rdiinimins. Il s'ai:il d'un f^rand domaine, et l'acte porte ([u'il s'y trouve une forêt dont une partie est réservée au maître et i'aulre est commune aux tenanciers'. Nous sommes liien loin ui de la ((unmuuaulé « entre associés de la mark ». Au-dessus de ces cnlli\aleins il existe un propriétaire. — Maurer cite un autre acie de I I 7.") où on lit : « Dans celte l'orèt nul d'entre nous n'avait rien en piopre, mais elle était commune à tinis les lialiilanls de noire \illa ' ». Ici encore, ce n'esl pas le coniMiunisme ai;raire (pie non-, axons sous les yeux, car ce sont des tenanciers (pii parlenl ; c'c-l une simple comniunauli' de tenure. — Vi<Mit ensuite une série de le.xles (jui mar(]uent uni' communauté irusa;j:c. « Je donne un curlile avec le droit d'usafre dans la forêt, cum nm silcaliro, c'est-à-dire a\ec la l'acnlh' d'\ i amasser le lioi-. ukmI cl le nmi'tliois^. » « Mous donnons tel el lid citrhhtt avec tous les droits (l'usafrc qui a|i|iarlieniu'nt à ces nirtlh(i\ » Ces droits d'usaj^tî comprennent la facultc'- de couper dn liois pour le (diaulfaj;c ou pour la construction, el la liu iilU' d'einovei' des porcs se uourlir de iilauds ■'. Mais un ili'oit d'u^-Mj^i' n'iiii|ili(|ue pas la co|iro-
1. Kiiiilliii;;ri'. Miinslerische Beiiriige, tt. 5 : Est Un silva comiiiiinis.... Sitvct (lomini qiiœ siiuitildiis esl. Maurer, p. 03. [L'Atleit. p. iôO.]
i. Hauier, EiiileUunij, p. 115. d"après Dodiiiami, WieinijauUche Atteiihûmer, I. i.'iô : In linc .sitm ;ih.'/hs mislrum piivatiim linhclxit dtiqvid, sed commiiniler perlinehat ml oinnes villiv mitttnc iinolas. Recherches, p. ."50, ii. -4.]
5. Acte cl'('iliaiif;i' Av il05, .Ncu^'ail, n" G5."), 1. 1. p. 5j'.l : Curlile unum... eiiin tali tisu silvntico ut qui illir sedeni, stcrilia et jtuentin ligna licenter coliujant. Of. Lcx Bunjundionum, WVIII. I.
i. .Noiigarl. 11" ti'il, 1. t. p. .Ml. aili' de S96 : C.urtilia qu!V suni se.t et inle.r arvam terrain et pratit jucIids CtJ.LXXVIIl, riiin omnibus usihus ad ipsn curtilia in eadem marcha {Johannisrillarei perlinentihus.
5. Foniiulo .ilainaiiniqiie. Iloziéi'o. H" 40 1 : In silea lignorum materiarumque csesuram paslumque vel saginam aniinalium. — I^acDiiililel, n" '20 : Cum pastii plenissinto ju.rln modulum curlilis ipsius. — Ncnfiarl. ii" .46^ : Tradidi quinque liobas et quidquid ad illas periincl el ad unamquanique hubam deccni porcos saginandos in proprietale mea in siha Lolstetin qnando ibi glandes inveniri
48 (JliESTIONS HISTORIQUES.
])iiôtt''. Sdiilciiir, comme le l'ail Mauroi-, (|iii:' le ilioil (l'usajrc dans eerlaiiios fonHs serait le reste d'un ancien régime où la forêt a])parlenail à tous, c'est l'aire une j)ure hypolhèse. Raisonnant Il priori, il ne con(;oit pas que ce droit d'usage puisse avoir une autre origine que la communauté. Il se peut au contraire (pi'il ail une origine fort différente, et i|ue l'oliservation de ])lusieurs actes nous la fasse apercevoir.
Voici, j)ar exemple, un acte de SG5 par leipiel le comte Ansfrid donne au monastère de Lorsch sa villa Geizefurl. Il fait le détail de celte propriété. Elle comprend d'aliord un nianse dominical, puis dix-neuf manses serviles, enfin une forêt dont on évalue retendue })ar le nombre de mille porcs (ju'olle peut engraisser. Le donateur a cru devoir insérer dans l'acte que ses paysans ont l'usage de cette forèl ; cet usage est réglé de telle sorte que les uns peuvent y envoyer dix porcs, les autres cinq, mais qu'aucun d'eux n'a la faculté d'y couper du bois'. Il est visible ici que cette forêt apparlieni, comme tout le reste du domaine, au propriétaire ; ce domaine est cultivé par des serfs, et ces serfs ont une jouissance déterminée dans la forêt ; mais celle jouissance ne vient que de la concession du propriétaire; elle est, en quelque sorte, l'accessoire de la tenure qu'il a mise dans leurs mains. 11 fait donation de toul le domaine, y compris celte forêt et y compris ces serfs; mais il
possimt. — - Moue, Zeilschrift. I. ."9o : Eodem jiiiv qiio licibiin est ritiniiis... possunl ovcs suas vel atia aniiiialia pascere in coinmunibus pascuis dicta; villœ. — Sclia'pflin, Alsatia diplomatica,Al, 49 : Jus ntemli lignis in silva Heinf/ereile. — Codex Laureslianieiisis, n° 105, I, p. 104, acte de 81.") : Tradidit Mftjer tcrrnm ad mndia X senienlis, et prnta, et in illam silvam porcos duos, et in ftosmntla mnnsnm plénum cum prntis et in sih'ani porcos sex. — Guden, Codex iliplonmticiis, I. HiO : Vniversitas riislicoruiu liiibel jus [in en villa) secandi ligna pro snis usihus et edificiis.
1. Codex Lauresliamensis, n» 34, t. I, p. 08 : E!go Ansfridus... trado res proprietalis mex in Odehcimero marca, in villa Geizcfurt, lioc est, mansum indoviinicntuni linhenlcm Iwhas III, et luibas serviles .XIX, et silvam in (pium mittere possnmus mille porcos saf/inari, et ijuidquid in eadem marca villave liabeo proprietatis, exceptis tribus liohis (junnt habet Wolfhrat et in eamdcm silvam débet mittere porcos X, alleratn habet Tliudolf, tcrliam Siçiebure et debcnt miltere in silvam ulcniue porcos X, et nullam aliam utilitatem sive ad exlirpandum sivc in cesura licjni. Unusquisqtie auteni de servis de sua huba débet mittere in silvam porcos V.... Hxcomnia dejuremeo in jus et doniinium S. Nazarii perpetualiter possidendnm.
est sous-entendu que les serfs conserveront sous le nouveau propriétaire à la fois leur tiiiinc tl la jouissante très limitée qu'ils ont dans la forêt. Quelquefois le propriétaire du domaine fait deux paris de sa forêt, se réserve l'une cl laisse l'autre à la jouissance de ses paysans'. Quelquefois encore il se l'ail payer par ses tenancière ce droit de jouissance; cela Hiil partie de leur redevance aiiiiuclli'. Ces exemples montrent liien que la jouissance ccmumuiui' dans uni' partie de forêt ne dérive pas d'une copropriété antique, mais se rattache au contraire au vieux régime du domaine et de ses tenures serviles.
Ici apparaît Vallmeude. Maurer et ses disciples font de Vallmemle la terre commune à tous, et ils disent que, à l'origine, toute terre a été allmcnde. Mais, d'abord, Vullmendc n'ap|)arait dans les documents qu'à partir du xur' siècle; ensuite, ce que nous voyons sous le nom d'alhnende, c'est seulement ces forêts et ces pàquis sur lesquels les paysans avaient la faculté de commune jouissance \
Les « communaux » ijue l'on trouve assez fré([uemment dans les actes, ne sont pas autre chose. Ils sont mentionnés dans un diplôme mérovingien de 6(S7 '. dans trois chartes du Cartulaire de Sainl-Hertin, du vin" siècle, dans sept formules, et dans plusieurs actes de divers recueils de Tradilionex''. Or il est facile de remarquer que dans tous ces textes, sans exception jusqu'à présent, les « communaux » sont ou donnés, ou vendus ou échangés par un homme qui en est visiblement l'unique |iropriétairc. Ces communaux ne sont donc pas du tout la copropriété d'un groupe de paysans. Ils font partie d'une villa, c'est-à-dire d'un grand domaine. Le propriétaire vend, donne ou lègue un ensemble de terres, dont il énumère, sui-
I. Exemple dans Lacomblet, l. N. \i. "2. (Cf. L'Alleu, p. 450 et suiv. ; Recherches, |i. .Ï5Ô et suiv.]
'i. Iliidciii : Homines... ex communione silex... persolvunt censiim XX.Ml denariorutii. — Homines in hac silva eommunioncm hahenlos persokunl très modios nren:e. — Homines de communi silva quam vacant Hohmarca persolvunt curti adjacenli duos modios avcnx.
~>. [Recherches , p. 550 et suiv.]