Se siijnure quiddin aut piirtiri limite camptim
Fas erat : in médium quxrebanl....
Eiiciin' M. Vidllit fail-il un c(jnli<'scns siii- in mcdium. i\n"\\ (r.Èiliiit coiiimi; s'il \ avail in cummunc. Vic^iiie. 1. I"2.).
cités. Qu'il y iiil eu de longs âges où riiinmiic ii'iilt |i;is mi cultiver la Icric, (ju"esl-ce (|uc ccIm pruuve jiour le leuips dû il l'a cultivée? iNc perdons pas de vue (jue ce (jue l'auteur suulieul et veut démonlrer, c'est (|ue les hommes réunis en corps de cité aient cullivi' le sol en commun, au lieu de se l'approprier. Il y a quel([ue légèrelé à prélendre prouver un régime de culture en commun par des légendes (jui manjuent l'absence de toute culture.
5° M. Viollet arrive enfin aux époques historiques et cite un passage de Diodorede Sicile. Présentons d'abord sa traduction, comme si elle était d'une rigoureuse exactitude : ■:< Des (aiidieiis et des Uhodiens colonisèrent les îles Lijtari ; comme ils avaient beaucoup à souffrir des pirates tyrrhéniens, ils armèrent des barques pour se défendre, et ils se divisèrent en deux c?rtsses séparées : l'une fut chargée de cultiver les terres des iles qu'où déclara prupriélé coniniunc; à l'autre on confia le soin de la défense. Ayant de cette manière mis en un seul bloc toutes leurs propriétés, et mangeant ensemble à des repas publics, ils vécurent en commun pendant jilusieurs années; mais par la suite ils se partagèrent les terres de Lipara, où était leur ville ; quant aux autres îles, elles continuèrent quelque temps à être cultivées en commun. Enini ils en vinrent à se partager toutes les iles pour vingt années; à l'expiration de ce terme, on les tire de nouveau au sort. »
Jl y aurait beaucoup à dire sur cette traduction ; mais nous voulons être bref. M. Yiollet aurait dû tout d'abord in(li(pier la date de l'événement, puisque Diodore la donne ; il est de la cinquantième olympiade, c'est-à-dire des environs de l'an 575. Or il y avait longtemps à cette date que Cnide et Rhodes pratiquaient la propriété privée et ignoraient la communauté agraire. Donc ces Gnidiens el ces Rhodicns purent bien faire
1. Nous avons mis c'u ilaliciiic les mots sur iosijuols il y a iui'xacliluilc. Dioiloro ne dit pas que ces lionimes se soient partafjés on deux « classes n ; il ne dit pas qu'ils (I aient déclaré la iem propriété commune » ; /oivà; ::on)5av-î; signifie que les îles fuient rendues communes un moment ; c'est là l'énoncé d'un fait, ce n'est pas une déclaration d'institution perpétuelle. Au lieu do : « ils mirent en un seul bloc toutes leurs propriétés », le grec dit : « ils mirent toutes Icui's ressources en commun ». Le principal faux sens est dans les derniers mots de la traduction.
OIîK.INES riE LA l'Iinpr.ILTE FONCIÈRE. 69
un essai ilc loninuMiaiili'. mais il lu- se pmil ]ias (|irils iv|iré- -l'iitiMit la Iratliliuii d'iiiu' cninmiiuaulé primitive, ainsi que le (lit M. Viollef.
I,e iiVit (le l'hislorien prec monire d'ailleurs très nellement le molir t|ui a déteniiiné ces hommes à laisser la terre en commun quelque temps : c'est parce que. les pirates tyrrhéiiiens exeryaienl des ravages dans ces îles, au point que les (irecs furent obligés de se diviser en deux catégories, les uns coniliattant, les autres cultivant'. MaisDiodore ajoute lormellement que celte vie en commun ne dura (jue (juel(]ues années, llt'diarrassés des pirates, les Tirées loiulèrent un élahlissement régulier dans l'ile l.ipara. c'est-à-dire dans la [ilu- grande et la plus importante de ce petit archipel. Ils y bâtirent une ville, et en même temps « ils firent un partage du sol ». (1r il s'agit ici d'un partage qui ne fut jamais refait, d'un partage à titre |ierpétuel, c'est-à-dire d'un partage en lots de propriété. M. Viollet passe trop vite sur ce puiiit; il est capital dans le récit de Diodore. Il nous montre la propriété privée se constituant aussitôt que ces Grecs sont dans un état à peu près paisible. Que les autres îlots, de culture plus difficile et de possession moins sûre, soient restés imli\i< ([iichiue temps encore, cela n'implique nullement que ces hommes vécussent dans un légime d'indivision. Chacun d'eux était propriétaire loncier dans l'île [)rincipale et avait quelque jouissance dans un des îlots'. Cela même ne dura pas bien longtemps, et les îlots furent partagés à leur tour. Il y eut, à la vérité, un premier partage provisoire pour vingt années : plusieurs motifs très naturels [leuvent ex])liquer cette précaution. En tout cas, au bout de vingt ans, le partage est refait, et cette fois pour loujoui-s, car Diodore ne dit nullement qu'on ail fait un partage périodique jusqu'à son temps*.