‹ Questions historiquesChapitre 59 sur 258 · QUATRIEME PARTIE · texte numérisé non relu

QUATRIEME PARTIE

De la méthode comparative appliquée à ce problème.

Il l'sl inconteslahlo que la mélliotlo ooniparalive ('>>l. non <ciilciiii'iil iililc. mais ii)(lis|icnsalilt' cii un |tarcil sujet. Si l'on v<'iil fiiiiuailrc les orii,niii's de la propriéle t'oiicièro dans l'iiunianili'-. il ( "«t ilair (|u'il faul élndi»M* tous les peuples, tous roux au niuin^ i|iii nul laissé ([iir|i|uc' MiuNcnir. (juclinics ciinipaiaisoiis avaient déjà éli' faites par Maurer; mais il s'était hiiiiié aux pays slaves et Scandinaves. Un ïiand et puissant e-piil. II. Sumner Maine, a porté ses comparaisons sur l'Inde. Mai^ le pi'emier ipii ail essayé ce ipi<' j'a|tpellerai la ennipalaison universelle est, si je ne me trompe, M. Km. de Laveleye. dans son livre /> la proprictr ri de nex formes primitives, 1N74. Sa ihi'-oiie est t|ne lessociélé-s a':ric<ilesdn munde enlier, ilipiiis l'Inde jus(|u'à l'Kcosse, ont lonj^^temps cultivé le sid en commun, et cpie « l'histoire nous montre partout une collectivité primoidiale ». M. de l.aveleye est un éconnmisle; mais c'e-l par des textes liislorii|ues qu'il s'efl'orce tl'appuyer sa tlieM'. .le vais vérifier ses textes et ses assertions. Sa haute valeur comme économiste et aussi comme moraliste ne peut iccevoir aucune atteinte d'une discussion purement historique.

Il passe en revue successivement (je suis l'ordre de ses chapitres) les Slaves de la Hussie. l'Ile de Java, l'Inde ancienn<', la mark germanique, les Arabes d'.Mgérie, les anciens Maures d'Ks|>a|.'ne, les ^(dolTs de la côte de Guinée, les .\fghans, les anciens (irecs, les anciens Homain-. l'Aniflelerre, les Slaves nii''ridiiinaiix. la Sui«e et hi Ni'eilande. Vipil;i des peuples de toute race.de limle latitude, de idiiii' r|Hii|iii': cl cependant

SS OUKSTKI.NS IIISTiiliKjUES.

nous n'avons jias là Ions les pcnplos. A no rojïai'dcr ipic les anciens, nous ne voyons pas dans cette liste les anciens Kjivpliens, les anciens Ilrlireux. les anciens Assyriens, peuples cpii sont pourtant beaucoup mieux connus que les Vololls, (pie les Javanais, que les anciens Germains. l'ounjuoi ne sont-ils pas ici? Serait-ce pour ce motif que tous les documents que nous avons sur eux. à queltjue liante époque que l'on remonte, nous munirent la pratique de la propi'iété el ne contiennent aucun indice de la commiinaiilé ajrraire? Il est certain que l'histoire d'Egypte nous monlif la prupriété dès les temps les jdus reculés. Il est certain ([ue les hi-icjues babyloniennes nous donnent des contrats de ventes foncières. 11 est certain enlin i|ue les livres des Juifs mentionnent la propriété et la vente du sol dès le temps même d'Abraliam'. Est-ce pour cela que ces peuples sont omis dans cette com|iaraison universelle de tous les peuples? Mais puisque l'auteiir cherchait la règle générale de l'humanité, et ([u'il dit l'avoir trouvée, il ne devait négliger aucun des peuples connus. I.(ir^(|ir(in veut édifier un système général, il faut présenter les fail- (pii contredisent ce système aussi bien (pie ceux qui l'appuiciil. (i'c-t la première règle de la méthode comjiarative.

Cette laninc constatée, et lioit le monde en voit rimportance. je vais prendre l'un aprè^ ranlie les peuples ddiit |iarle l'auteur et vériher ce ipiil en dit.

1" Chez les Slaves de Paissie, M. de Laveleye remaniue le mir, c'est-à-dire le village qui se partage le sol annuellement ou par période de (pielques années. Il voit dans le mir une association de communisme agraire. « Le mir, dit-il, est seul propriétaire du sol. et les individus n'en ont que la jouissance à tour de rôle. » — .le ferai sur cela deux observations. En |iieiiiier lieu, le mir russe n'est (priin village, même un petit village, et sa pojjnlation déjiasse rarement deux cents habitants; il occupe constamment la même terre; en sorte que, s'il y a ici une comnuuiaiité, c'est en tout cas une communauté dans un cercle très restreint. Ce mir ne représente nnllemeiil une

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