La Cité antique, livre IV, c
I2(î QUKSTIONS HISTORIQUES.
solirirlr. Ce n'ôlail guJu-c que pai' riinpôt (jvic l'État pouvait adoucir cette inégalité et étaljlir (|uel(|ue circulation du numéraire. Aussi rimjH)! IVap|iail-il lourdement les riches; ou c-xigcait d'eux des triérarclties et des (■li()ré(jicH^; on rendait leuis magistratures coûteuses. D'autre part, on distribuait letrioholc au théâtre et aux assemblées, afin de faire descendre l'argent jusqu'au peuple oisif. 11 fallait même quehjuefois recourir à la confiscation. Moyens iniques et sans effet qui appauvrissaient ([uelqucfois les riches, mais ne pouvaient enrichir les pauvres. L'inégalité grandissait toujours, puisque les riches seuls j)ouvaienl acquérir, et les fortunes tendaient à se concentrer indéfiniment. A Sparte, à partir du moment où les donations et les aclials furent permis, il ne fallut que sept générations pour ([ue le nombre des propriétaires fût l'éduil de neuf mille à cent\
Qu'on se figure donc dans chaque ville grecque deux classes ou deux sociétés, l'une qui possède el qui s'enricliil chaque jour, fière d'une richesse focile et avide de la conserver; l'autre, indigente à la fois et paresseuse, jalouse autant que misérable, qui convoite la richesse et qui ne sait ni ne peut y parvenii'.
Ces deux classes d'hommes devinreiiL deux factions le jour où les pauvres comprirent qu'une révolution pouvait les faire riches; et à partir de ce jour, il suffit que les pauvres sentissent leur nombre pour que celte révolution fût inévitable.
Toutes les fois que nous voyons une guerre civile dans la -cité, les riches sont toujours dans un paili et les pauvres dans l'autre; les pauvres veulent acquérir la richesse, les riches la conserver ou la reprendre. Dans toute guerre civile on cherchait, c'est Polybe qui nous l'apprend, à s'enlever la richesse\ Tout démagogue faisait comme ce Molpagoras de Cios, qui livrait à la multitude ceux qui jouissaientdu bien-être \ massacrait les uns,
1, 'AÇiOÎ oJv àpY'jp'.ov XaaSavciv 6 OTJpLO; xai à'Swv xat -psytov za^ opyo'jfjisvo; y.aù rXe'tov, î'va aÙTû; tî È'/r| za'i oî -ÀoJcsioi T-.ivioTioo: Y;'YVO)VTa!. Xénophon, Respubtica Atlieiiiensium [§ 1.")].
'2. (Voir les Nouvelles Recherches, p. 115 et siiiv.]
7>. Polvbc, XV, 21 : "Iva oiaipfijvtai xi; iy.'kr[X(ii'i oùa;a;.