‹ Questions historiquesChapitre 75 sur 258 · Tilc-Livo, XVXtV, 27. Diodorc à". Sicile. XXVJI · texte numérisé non relu

Tilc-Livo, XVXtV, 27. Diodorc à". Sicile. XXVJI

130 QUESTIONS lllSTORIorES.

oulilif. Aussi Ions los lendi'iiiiiiiis de i-('viiliili()iis se ressem- Ijlaiciit-ils; les rielies ékiieiil exil(''s pour le moins, et leurs hieus pnrlagés entre les plus inliiganls du peuple. La richesse u'ayanl fait ainsi que elianger de mains, la même inégalité subsistait enti'c li's fortunes avee plu> d'iiiiquili'' : il fallait courir à une nouvelle révolution, et cet état social forçait le peuple et l'aristocratie tour à tour à conspirer contre la patrie. Cela dura depuis la guerre médique jusqu'à la conquête de la Grèce par les Romains.

Que pouvait devenir alors l'amour de la patrie? Le patriotisme, qu'il ne faut pas confondre avec l'amour du sol natal, n'est pas, comme lui, un sentiment instinclif, invincible, imposé par la nature extérieure à toutes les générations qui habitent un même territoire. Le patriotisme est un sentiment plus libre, plus variable, soumis aussi à plus de conditions. Un aime sa patrie, c'est-à-dire sa cité ou sa nation, si l'on en aime les lois, si l'on en aime les chefs, si l'on est attaché à ses coutumes. On l'aime pour l'éducation qu'on a reçue d'elle, pour les beaux exemples qu'on y trouve, pour les vertus qu'elle enseigne. On l'aime enfin, à condition ipie l'on soit convaincu qu'on lui doit son bonheur et le calme dont on jouit, qu'on ne pourrait se passer d'elle, ([u'elle vaut mieux que toute autre cité, que ses lois sont plus justes, ses décisions plus saintes, sa gloire plus éclatante. Le patriotisme alors est un mélange de reconnaissance, de respect, de confiance et de fierté. Que ces sentiments viennent à s'éteindre chez les citoyens, pai' le vice des institutions, par les guerres civiles, par les fautes ou les malheurs des gouvernants, et vous essayerez en vain de réveiller le patriotisme.

Dans la plupart des cités grecques, au temps de l'olybe, lioiivait-on aimer des lois toujours sujettes aux révolutions, toujours nouvelles et prêtes à péi'ir, |)resque toujours le fruit de la violence et dont un parti était toujours victime? Les pauvres accusaient les lois de leur misère, les riches des confiscations qui les frappaient. Les deux moitiés des habitants étaient tour à tour persécutées et persécutrices, et un citoyen était un ennemi dont on convoitait la richesse ou dont on crai-

POLYBE OU LA GRKCE CONQUISE PAR LES ROMAINS. l.'il

gnait rinsiirrcclion. I.'i\il. ilmit les répuitliijues grecques se faisaient un jeu, sans en [iicNdii- Ic-^ t'unesles résullats, apprit d'alionl aux Intmmes à se passer de la pairie, plus tard à la eoniliallre. Les proscriptions, les lîuerres civiles, la rentrée dans la ville à main armée, liahiluèreul peu à peu les hommes à considérer la cité comme une ciiuemie. Oii ;ill;i |ilu- lniii : de la haine, qui n'était d'ahord (|ue passagère, ou passa à une iudilVérence haliiluelle. Chacun n'aima plus sa |)alrie(|u'autant que s( raclion y régna, ou [)lnl("tl la |)alrie lut oiildii'c. cl toutes les pensées, tous les vœux, toutes les forces furcnl pour la l'action. L'Etat fut sans pouvoir et ne trouva plus dans ses memhres ni amour ni soumission. Les âmes perdirent peu à peu le sentiment des devoirs envers la patrie. On ouhlia (|u'on devait respecter ses lois et ses jugements, et l'insurrection parut être un droit légitime.

Le citoyen cessa d'appartenir à la cilé; il alla servir des étrangers, et versa, pour ipiiconque voulait le payer, ce sang dont il devait compte à sa patrie. Sans parler de Cléarque et de ses 15000 soldats, d'Iphicrale et d'Agésilas en Kgvple, de Mimnon et de ses 50 000 Grecs, nous voyons, au temps de Polylie, les Achéens eux-mêmes à la solde des Egyptiens ou des Carthaginois. Philopémen, au moment où sa |)atric était engagée dans une guerre, commandait des mercenaires eu Crète' ; Lycortas et Polyhe auraient été comhatire en Egypte, au temps de la guerre de Persée, si la ligue le leur eùl permis'.

Le (irec, avide et sans respect pour l'Étal, ne craignit pas de s'enrichir à ses dépens. Il vécut du trésor public, c'est-à-dire, les gouvernés du theoricum et du Iriobole, les gouvernants de I*inlri<rue, de la vénalité et de la concussion. Il y avait des villes où il fallait ipie le magistral qui avait la clef du trésor puhlic changeât tous les mois, d'autres tous les jours. « Ne confiez pas à un Grec, dit l'olyhe, la gestion d'un talent, sans exiger dix cautions, dix serments et vingt témoin^: el encore von- liiinq)i'ra-l-iP. >>

1. \'\itUiri\ue. Parnllrle (le Philopémen cl de Flamininut,eiyie (le Philopémen, 18.

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