l'olybo, XXVm
rospccl (le soi iiui t-diiiinimiK' le sacrifice, cette soumission à ccrlaiiics lois ooiivcmit's, qui nous t'gare souvent, mais ([ui est plus souvent un bon f,aiiile, cet honneur enfin qui n'est pas la vertu, mais qui la rend plus facile et ipii doulilc nos loices, n'existait pas chez les Grecs. Ils n'axaicnl plus r(irj,aieil de la naissance, qui porte souvent au bien, puisqu'ils n'avaient plus de frraudes familles. Restait le respect et l'amour de la cité, c(Mnme dernier conseiller et dernier soutien.
Ou conçoit alors ([uel vide dut produire dans les âmes la perle du patriotisme. Le respect du foyer domesti(|ue, l'amour de la famille pcrit avec lui. Ceux qui dans la vie publique ne cherchaient (juc la satisfaction de leurs intérêts, pouvaient-ils avoir une autre règle dans la vie privée? Quelles vertus pouvait inspirer ou la richesse convoitée, ou la richesse mal acquise? Ouel scnliment de jnslic(> pouvait durer dans les relations entre des citoyens habitués aux guerres civiles, dans des pays où l'on voyait les tribunaux fermés durant vingt ans de suite', et où la cité, occupée des luîtes des factions, n'avait pus le temps d'établir la justice entre les particuliers? « La |)opulaliou entière, dit Polybe, était livrée à l'orgueil, à l'avarice, à la |taresse. » Le même historien signale un autre symptôme di; corruption : on ne voulait plus ni se marier, ni nourrir les enfants nés en dehors du mariage'. Ainsi,- pour fuir les difficultés et le travail de la vie, on se réfugiait dans le célibat; on oubliait la famille comme la pairie.
L'habitude de la guerre cixile, en délruisant le repos, l'aisance, la sécurité et la confiance, affaiblit toujours dan- les cirurs I idée des devoirs réeipriMpies, et éteint tout senliiiient d'iiumanilé. Cela est vrai surtout lorsque, au lieu de combattre pniir des principes, qui du moins élèveraient l'âme, on ne se dispute que la richesse. Hue les esprits et les cœurs n'aient \>\u< d'autre pâture que de pareilles luttes, que les passions puliiiipies entretenues par l'avidité se dévelop|)ent dans l'ânK^ sans y rien trouver qui leur fasse diversion, et bientôt les relations sociales seront altérées, la vie privée sera aigrie, tous les