Iilem. XXXVll, i
154 QUESTIONS UISTORIQl'ES.
scntiniciils seront dônaturés, et il se formera une fiénéralioii d'hommes qui ne vivront ([iie pour se haïr, se coiiibattro cl s'égorger tour à tour. Arislole dit que les arisloerales faisaient ce serment : « Je jure d'être l'ennemi du peuple, et de ne faire ni paix ni trêve avec lui '. » Rarement le vainqueur se contente de l'exil du vaincu : il le massacre, tantôt pai' vengeance, et tantôt par précaution. On peut appliquer à presijue toutes les villes grecques ce que Polybe dit d'une ville arcadienne, « où cen'étaitque meurtres, proscriptions et pillages réciproques' ». Dans cet état des esprits la clémence était toujours punie, la confiance était une faute. Polybe reproche à Archidamus de s'être fié à Cléomène''. A Cinétba, en Arcadie, la faction achéenne et aristocratique, après bien des luttes, l'avait enlîn emporté. Mais elle se laissa aller à la pitié, et rouviit les portes de la ville aux exilés du parti contraire. Il est vrai qu'on leur fit jurer sur les autels des dieux, et par les plus grands serments qu'on put demander à des hommes, de ne jtas troubler l'ordre établi. « En vérité, ajoute Polybe, je crois que c'était an moment même où, la main sur le flanc de la victime, ils prononçaient ces serments, qu'ils méditaient la ruine de leur patrie. » 11 ne fallut en effet que quelques jours pour qu'ils livrassent la ville aux Étoliens'.
Chaque parti eut ses crimes : l'aristocratie de Thèbes assassina Bracbyllès, le chef du parti contraire; à Messène, elle égorgea Pbilopémen. Cette même ville avait vu, un an auparavant, ses deux cents plus riches citoyens massacrés par la démocratie. Aristoraaque à Argos, Nabis à Sparte, proscrivent ou assassinent les riches. Philippe est soupçonné d'avoir empoisonné Aratus^ A Athènes, la violence des factions s'était afîaissée de lassitude; c'était alors pour Sparte le commencement des troubles et des luttes. En une seule année, au début de la guerre sociale, elle vit deux fois ses éphores égorgés, cl