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CHAPITRE III

Une ligue aristocratique et une ligue démocratique.

Les querelles des partis remplissaient donc la vie publique; ces passions et ces haines étaient maîtresses des âmes. Nous avons vu qu'elles avaient peu à peu étouffé le patriotisme et détaché les hommes de la cité. L'indépendance de la cité était devenue moins précieuse que le triomphe du parti. Cet état des esprits amena un système nouveau de relations entre les villes.

Au temps de Polyhe, on avait cessé de distinguer deux races dans la Grèce, et les noms de Doriens et d'Ioniens étaient oubliés; Polybe n'emploie jamais ces mots; il semble (|u'il les ignore. La haine contre les villes puissantes était aussi calmée, et la raison en était qu'il n'y avait plus guère de villes puissantes ; les siècles passés avaient abattu tout ce qui dépassait le niveau commun. La jalousie des Grecs et l'adresse des étrangers avaient réussi à écraser Athènes. Tlièbes était méprisée. Sparte était redoutée tout au plus des Péloponésiens, et elle avait perdu son prestige et sa force depuis que ses guerres civiles la confondaient parmi les autres cités grecques. La haine avait naturellement diminué avec la crainte; on voyait quelquefois unies Sparte et Messène elles-mêmes.

Restait une seule cause de guerre, les factions, et elles eurent la fcirce d'entretenir ce que l'antipathie des races, la crainte et la jalousie avaient d'abord enfanté. C'étaient les quel'elles des |)artis qui engendraient au temps de Polybe les querelles des villes. Les factions, d'une cité à l'autre, se regardaient comme solidaires. Le parti vaincu dans une ville allaitchercher refuge et secours dans la ville voisine, qui ne manquait guère

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do liaviiiller à le rétablir: de là la craiiilc, la haine, cl de pcrpéluellt's rancunes. Quand nous voyons deux cités se conibatlre, c'i'st presque toujours que l'une est fzouvernée démo('rati(juonieut, et que l'autre a à sa lèle une arisloc lalic

Il en fut de niènie |i(nir les alliances, i.or-que doux villes étaient en guerre, cliacune se cherciiail (l'alionl mie allii'e. Elle trouvait sans peine une ville ([ui ewl les mêmes iiitéièls et les mêmes passions <pi'elle, c'esl-à-dire où dominai le même parti. C'était un lien. Ain^i Manlinée, ayant à comliallre Mégaloiiidi-. -'unirait à Sparle; Méi^alupolis à xni Imir s'unissait à Messène. Les alliances gagnant ainsi di' |iri»lie en preclie. la (jrèce Unissait par être partagée en deux ligiu'>.

Ces coniédéi'alions nouvelles ne ressemblaient en rien à celle que le péril comniiin de la giieiic médi(|ne avait l'ait naître. C'était proprement une même l'action (pii, taisant abstraction des cités, se confédérait dans plusieurs villes. Or, comme il y avait deux faclions en Grèce, deux ligues y étaient possibles, mais non pas une mmiIc.

Les Étoliens s'élevèrent avec une rapidiU' lelle, (pie leurs commencements sont inconiuis, (>t qu'on ne voit pas cumment ils ont grandi. Avant la l'ondalion de la puissance macédonienne, la Grèce craignait déjà d'avoir à leur obéii'. Seuls, ils tinrent tète plus tard à Antipatei", et osèrent résister aux Gaulois de Brennus. Aratus n'avait j)as encore alTranclii Sicyone. (|ue leur ligue comprenail di'jà piescpie toute la (jrèci' du Noi'd, les deux cinquièmes du IV'lopoin''se, de>s villes de Tlirace, Lysimachie, Clialcédoine el ju-(pi'à di'< \illes d'Asie'. Il ii'v avail |)res(pie (|ue leurs pins proches voisins, les Acarnaniens à côté d'eux, el les Acbéens en l'ace, (pi'ils n'eussent |ias réussi h s'adjoindre.

Il est toujours grand |)oiir un peu[de de sounn-llre d'antres peuples, d'étendre sa force ou son inlluence loin de sijj, de faire partager ses destinées à un grand nombre d'hommes et de cités. Cela suflirait presque à justifier les Kloliens des injures que l'acliéeu INdybe leur prodigue et que Tile-Live répète. S'ils n'avaient eu d'autres vertus que la rapacité, l'ava-

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