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Polybe, IV

'i. Idem. Il, ')'

liU QUESTIONS HISTORIQUES.

classes, ne pèse pas au peuple, et satisfait sa jalousie. L'aristocratie est d'ordinaire plus désireuse de liberté; ses nobles JiisliiRis lui (Ml iont un besoin ; le système fédératif'est le plus propre à la lui assuier.

Les villes qui appelaient les Etoliens et qui se livraient volontairement à eux n'avaient pourtant aucune part dans la direction des afTaii'es communes. Tout se débattait et se décidait entre les seuls Etoliens. Bien plus, toute ville agrégée à la ligue en recevait un gouverneur pour l'administrer, et souvent une garnison'.

Ainsi le pouvoir fédéral était beaucoup plus fort et plus despotique qu'il n'avait été autrefois, et on ne songeait plus à s'en plaindre, (^ar on tenait moins à l'indépendance de la cité qu'à la victoire de la faction. Le morcellement des siècles passés n'existait plus; la Grèce semblait un pays où il n'y eût que deux villes, mais deux villes toujours en guerre.

i. Polybe, IV, 5 ; W, 23. Tite-Live, X.\X]I, ôô.

CIIAPITIIK IV

Un parti romain et un parti macédonien.

Nous avons vu dans ce qui pirmlo la (îièco livrée aux partis t'I aux divisions, la lilé ouhliéo, la l'action unissant les c<|inls, non pas pour l'ondcr l'uninn de la (lièce, mais pour la partager en deux ligues.

Or, à la même époque, l'union de tous les peuples du bassin de la Méditerranée se pré|iarait, et plusieurs signes annonçaient ce grand événement. I,a cmKjuèU- d'Alexandre en avait semé la pensée dans les esprits. L'Orieiil. la (irècc, l'Ilalic, (iarlliage, avaient des lelalions suivies de commerce et même de poli|ii|ue. Les religions de ces dilTéronls jieuples, diverses aii- Irei'ois, s'étaient insensililement alliées et confondues. Kniin la civilisation grecque, répandue eu Macédoine, en Orient, en Egypte et déjà en llali<'. commençait à doniu'r au monde une plivsionomie uiiirornie.

Il se trouvait [)récisément (ju'alors prescpie tout ce qui était puissant en dehors de la race grecque aspirait à la domination universelle. Les prétendants étaient nombreux.

Les rois de Macédoine croyaient devoir, au nom de IMiilippc et d'Alexandre, de ne |ias renoncera celteambilion. I'liili|i|ie 111, que P(dybe peint tour à tour si odieux et si grand, a>>jiirait, comme louif ^a maison, à l'empire universel. Il se gardiiil bien de faire part de ses projets à aucun (irec; il avait pris pour ciuifident un lllyiien, Déméiriusde IMiaros, un auln> Aniiibal pour la haine (pi'il pnrlail aux llomains. L'an 217, le roi avait l'œil à tmit à la fois : il faisait la guerre auxKloliens qui balançaient son influence en (irèce; il veillait sur l'Égvple «[u'il convoilail ; il avait aussi des affidés en Italie ipii l'in^liuisaienl

I r>2 ij C E s T I U N s II 1 S T n l; 1 (j r r. s.

des évriicmonls. C'est par eux (ju'il fui averti, loiiglemjis avant que la renommée s'en répandit en (irèce, de la descente d'Annii)al en Italie et de ses rapides victoires. Il manda aussitôt Itéraétrius, et sans témoins ces deux hommes consultèrent ensemble. « Réconciliez-vous au plus tôt, dit Démélrius, avec les Ktoliens; armez une flotte et descendez en Italie. La (irèce vous ohéit, ajoutait-il ; des deux ligues, l'une vous aime et l'autre vous craint. L'échec des Ilomains vous offre une occasion favorable, et la conquête de l'Italie est le commencement de la domination universelle. » Il est vraisemblable, d'après ce langage, que l'ensemble du projet était déjà arrêté entre ces deux hommes, et qu'il ne s'agit dans celle entrevue que du moment et du mode d'exécution. Philippe crut Démélrius, et jiar l'entremise d'Aratus qu'il faisait agir sans le mettre dans la confidence, il termina la guerre avec les Étoliens. La firèce pacifiée, il construisit une flotte de cent vaisseaux, qui devait le porter en Italie. Ses desseins avortèrent toujours; toujours il les reprit; il les poursuivit, tantôt avec énergie, et tantôt avec adresse jusqu'à sa mort, et les légua à son iils. Ce ne fut pas pour l'indépendance, mais pour l'empire qu'il combattit les Romains. « L'idée de conquérir l'Ralie, dit Polybe, l'occupait jusque dans ses rêves'. »

La dynastie de Séleucides, maîtresse de l'Orient, héritière des traditions d'Alexandre à la fois et des Achéménides, prétendait aussi à l'empire. Si Antiochus n'eût souhaité ([ue d'échapper à la domination romaine, il n'eût pas montré tant de défiance à Annibal et se fût allié à I'hilipj)e.

Il n'est pas sûr que Carthageait aspiré sciemment à la domination universelle. Uniquement commerçante, et ne coiH|uérant qu'eu vue du commerce, elle devait redouter, pour plus d'une raison, une extension démesurée de son empire. On peut croire (ju'elle bornait son ambition à la moitié occidentale du bassin de la Méditerranée. Mais l'ambition satisfaite ne se règle pas. Maîtresse de ce qu'elle désirait, elle eût pesé d'un tel poids dans le monde, que tout se fût soumis à elle, à peu près comme

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